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    France

    Grande Guerre: l'escadrille La Fayette, des Américains dans l'aviation française

    media Des pilotes de l'escadrille La Fayette à Verdun, en 1916. Archive/Getty

    Ils étaient l’avant-garde américaine de la Grande Guerre. Avant le débarquement du contingent des «Sammies» à Saint-Nazaire en 1917, 267 Américains se sont engagés volontairement dans l’aviation française dès 1916 dans l’escadrille La Fayette.

    « Chaque vol est un roman, chaque victoire une épopée. Ils sont la chevalerie de cette guerre, sans peur et sans reproche ; et ils rappellent les actions légendaires de chevalerie, non seulement par l'audace de leurs exploits, mais par la noblesse de leur esprit. » C’est par ces mots que David Lloyd George, le Premier ministre britannique, rendait hommage en 1917 à l’« escadrille La Fayette ». Son vrai nom est moins romanesque : l’unité aéronautique n°124 a été créée le 18 avril 1916 et constituée de volontaires américains partis combattre l’Allemagne dans les rangs de la Légion étrangère française.

    Initialement basée à Luxeuil-les-Bains, en Franche-Comté, l’escadrille est envoyée à Verdun à l’été 1916 pour son baptême du feu. « Cette fois c'était la vraie bataille. Au-dessus, un ennemi habile et nombreux, au-dessous, une canonnade incessante, pilonnant sans merci, un sol montrant à nu ses entrailles, se rappelle leur commandant français, Georges Thénault, en 1928. De Saint-Mihiel à la cote 304, nos Américains prirent leur tour de garde pour aider leurs camarades français. Aile à aile, toujours prêts à rendre la main à leurs fidèles montures, pour n'être pas en retard à leur rendez-vous avec la mort, ils allaient désormais pouvoir accomplir, sous une armure de toile et de bois, les charges héroïques qu'ils avaient rêvées. » Au prix d’un premier mort : Victor Chapman, un jeune Américain de 26 ans, est abattu en plein vol alors qu’il allait visiter à l’hôpital un camarade grièvement blessé.

    La Fayette, le « héros des deux mondes »

    L’unité retourne ensuite en Alsace, où Kiffin Rockwell est descendu à son tour le 23 septembre. Il était l’un des sept premiers pilotes de l’escadrille, et le premier à avoir abattu un avion allemand, le 18 mai 1916. Deux jours plus tard, il est enterré en grande pompe à Luxeuil-les-Bains. Le prestige de l’escadrille américaine ne cesse de croître. D’autres pilotes tombent à leur tour, bientôt remplacés. Parmi les nouveaux arrivants, le Franco-Américain Raoul Lufbery, qui ne tarde pas à devenir l’as de l’escadrille. A nouveau, la Somme - Cachy, Saint-Just-en-Chaussée, Ham -, où les pilotes atteignent le faîte de leur gloire. Pour éviter que l’Allemagne n’y voie une rupture de neutralité de la part des Etats-Unis, l'escadrille américaine est rebaptisée « escadrille La Fayette ».

    « Pour [l’aviation militaire], ce fut certes le moment le plus glorieux de toute la guerre, chaque jour des noms glorieux brillaient jusqu'au moment où les activités furent ralenties par l'hiver et ses brouillards, raconte encore Georges Thénault. En 1917, sillonnant toujours les cieux, les avions décorés du Sioux au profil d'aigle [l’emblème de l’escadrille] furent successivement envoyés dans l'Aisne, dans les Flandres, à Verdun, au-dessus de la Malmaison, prenant part à toutes les offensives. Ne citant que ceux de l'escadrille, Mc Connell, Genet, Hoskier, Mc Monagle, Andrew Courtney, Campbell, le Français de Laage de Meux tombaient successivement. » En août 2017, une citation à l'ordre de l'armée recense 28 avions abattus par l’escadrille.

    Portrait des membres de l'escadrille La Fayette avec leurs mascottes, 3 août 1917. Archive/Getty

    Avec l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917, les volontaires affluent et finissent par excéder les effectifs de l’escadrille. Des pilotes américains rejoignent l’armée de l’air française, notamment Thaw et Lufbery qui reçoivent des commandements. Le 18 février 1918, l’escadrille La Fayette est transférée à l’armée américaine et renommée n°103, devenant ainsi la première escadrille de chasse de l'US Air Force.

    La Fayette, symbole de l’amitié franco-américaine

    Le bilan de l’escadrille est respectable : selon les chiffres du commandant Georges Thénault, sur les 267 Américains engagés volontairement dans l’aviation française, 224 ont été brevetés pilotes et 180 ont servi au front. Parmi eux, 62 ont perdu la vie - dont 51 au combat -, 15 ont été faits prisonniers, et 19 blessés. En moins de deux ans, l’escadrille a remporté 199 victoires officielles. Ces résultats n’ont certes pas changé l’issue de la guerre, et n’expliquent pas à eux seuls la reconnaissance témoignée aux pilotes américains.

    Mais comme le général La Fayette en Amérique, ces aviateurs ont gagné le front en volontaires, pris les armes pour une nation qui n’était pas la leur. « Sans [la France], “le monde ne serait plus le monde, la vie ne vaudrait plus la peine d'être vécue”, me disaient-ils », raconte Georges Thénault (lien vers son récit en anglais). De 1916 à 1917, l’escadrille La Fayette est la seule armée au front des Etats-Unis, son avant-garde. Photographies à l’appui, la presse célèbre les exploits aériens de ses héros : des hommes jeunes, engagés volontaires, mourant glorieusement en plein ciel. Le symbole est fort pour l’Amérique et a pesé dans la décision d’engager les troupes américaines dans la Première Guerre mondiale.

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