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    France

    Disparition de Maëlys: «l’enquête va probablement dans la bonne direction»

    media Appel à témoins suite à la disparition inquiétante de Maëlys, 9 ans, à Pont-de-Beauvoisin (38) en France. Page Facebook Gendarmerie nationale.

    A la tête du Centre français de protection de l’enfance (CPFE) et responsable du dispositif 116 000 (un numéro d’urgence en cas de disparition de mineurs), Anne Larcher suit d’un œil attentif le déroulement de l’enquête sur la disparition de la petite Maëlys. Elle souligne à quel point la prévention et la rapidité d’intervention sont cruciaux dans ce type d’affaire.

    Est-ce que la disparition de la petite Maëlys constitue un cas particulier ?
    La plupart des disparitions pour leur immense majorité sont le fait de fugues d’enfant. Les disparitions dans le cadre d’affaires criminelles comme celle-là sont heureusement relativement rares. Il semble que les choses ont été mises en place très rapidement. Étant donné le jeune âge de la fillette, 9 ans, les recherches ont été faites immédiatement comme elles devaient être faites. Il est fort probable que l’enquête se dirige dans la bonne direction [un suspect a été écroué ce lundi après que des traces d’ADN de la fillette ont été retrouvées dans sa voiture ; ndlr] car il faut savoir que les enfants de cet âge-là – à partir du moment où ils ont été mis en confiance par une personne connue des parents – sont enclins à la suivre de leur plein gré assez facilement. Il n’y aurait eu donc aucun mal pour une personne connaissant l’enfant et l’ayant mis en confiance de l’emmener sans qu’il y ait de résistance et sans que l’enfant n’en avertisse même ses parents.

    Comment se prémunir et protéger ses enfants de tels dangers ?
    Malheureusement, on ne peut que répéter aux parents de bien mettre en alerte leurs enfants sur le fait qu’ils ne doivent partir avec personne sans leur accord. Il faut toujours rappeler aux parents d’être extrêmement vigilants là-dessus.  Il faut qu’ils leur disent : « je dois toujours savoir où tu es et avec qui tu es », même si c’est quelqu’un de proche. C’est le meilleur moyen de les aider à se protéger eux-mêmes.

    Que pensez-vous de la façon dont se sont déroulées les recherches et l’enquête dans la disparition de Maëlys jusqu’à présent ?
    À mon sens, il n’y a eu aucune erreur de commise. Les gens ont réagi vite, la gendarmerie a été alertée tôt, un très grand nombre de personnes ont été interrogées, il y a eu deux gardes à vue, un suspect vient d’être écroué, la population a fait des battues. Tout a été fait, il me semble, pour savoir ce qui est arrivé à cette petite fille. Les progrès de l’ADN – il faut le temps que les analyses se fassent, bien sûr – font que l’on n’a plus à ne compter que sur les gardes à vue pour que les suspects disent des choses. D‘autres battues ont été effectuées le week-end dernier plutôt dans l’optique, malheureusement, de rechercher un corps. Mais il s’agit vraiment d’une situation où l’on peut se dire que tout a été fait au mieux. Néanmoins, s’il s’agit d’un prédateur sexuel, on sait que très rapidement l’enfant est en danger. C’est pour cela que les alertes enlèvement réussissent à mettre l’enfant à l’abri. Même si l’enfant a été malmené, le prédateur n’a pas le temps de « se débarrasser » de lui, si l’on peut s’exprimer ainsi.

    Vous évoquez les alertes enlèvement – il n’y en a pas eu dans le cas de Maëlys – ce dispositif est une vraie réussite mais il est assez rare…

    Anne Larcher est directrice du CFPE depuis 2012. CFPE

    Le dispositif alerte enlèvement n’est déclenché que s’il peut avoir une efficacité réelle. Si ces alertes devenaient trop fréquentes, le grand public y prêterait moins attention et cela aurait beaucoup moins d’efficacité. Mais pour que ce soit vraiment efficace, il faut pouvoir décrire un ravisseur, décrire un véhicule pour que tout le monde soit vigilant et pour que le témoignage soit précis et concis car il ne faut pas noyer la police sous des centaines de témoignages qui n’auraient pas lieu d’être. En revanche, il y a eu un appel à témoins très rapide lancé par la gendarmerie nationale avec une photo et une description de la petite Maëlys. C’est ce qu’il fallait faire dans ce cas précis.

    Combien de mineurs disparaissent chaque année en France ?
    Les chiffres varient peu. On est toujours entre 49 000 et 50 000 mineurs portés disparus chaque année avec une énorme majorité de mineurs qui sont déclarés dans le cadre de fugues, avec une petite proportion de quelques centaines d’enfants qui sont portés disparus pour des raisons plus inquiétantes. Parmi ceux-là, il peut y avoir des enfants qui sont victimes d’accident, ou qui ont été enlevés par des parents, pour les retirer à la garde du parent qui en a habituellement l’hébergement. Cela arrive malheureusement assez souvent et cela va jusqu’à des départs à l’étranger, avec des absences qui se prolongent parfois durant des années.

    Est-ce que l’on connaît précisément le nombre de mineurs dont on a perdu la trace ?
    Non, ce chiffre n’est pas disponible parce que le fichier des personnes disparues est un fichier où sont inscrites les personnes quand elles sont recherchées. Et les noms des mineurs sont retirés quand ils sont retrouvés. C’est pour cela que l’Europe a décidé de créer le numéro de téléphone 116 000 pour que toutes les disparitions d’enfants soient signalées dans toute l’Union européenne et qu’aucune disparition d’enfant ne parte dans l’oubli. Et aussi pour qu’il y ait bien une présence permanente auprès des parents dont les enfants ont disparu. D’ici 10 ou 15 ans, je pense que l’on pourra répondre très exactement à votre question. En revanche, on sait de façon précise combien d’enfants sont portés disparus en France. On le demande deux fois par an : au mois de janvier et de nouveau au mois d’août. Au 2 août, il y avait 13 846 mineurs de moins de 18 ans qui étaient inscrits sur ce fichier dans notre pays. Mais dans ces 13 846 cas, il y en a une très grande majorité qui va être retrouvée assez rapidement.

    Le 116 000 qu’est-ce que c’est ?

    Le 116 000 est le numéro d’urgence européen d’urgence à composer en cas de disparition d’enfant. La ligne directe du 116 000, qui peut être composé tel quel dans 29 Etats européens sans besoin d’indicatif pays, a pour mission principale d’écouter et de soutenir les familles d’enfants disparus. En France il est géré par le CFPE-Enfants disparus.

    On a parfois l’impression que certaines disparitions sont plus médiatisées que d’autres. On se trompe ?
    Non, c’est tout à fait réel. Les disparitions qui sont les plus médiatisées sont celles de très jeunes enfants ; celles où, d’emblée, une fugue n’est pas envisagée ; celles où l’enfant ayant été recherché n’est pas retrouvé mort. Ces décès arrivent arrive malheureusement assez fréquemment avec des enfants très jeunes qui échappent à la vigilance de leurs parents et qui sont souvent trouvés décédés des suites de noyade. Dans les autres cas, ce qui fait que la disparition n’est pas médiatisée dans un premier temps, c’est quand il s’agit d’adolescents de 15, 16, 17 ans. Dans ces cas-là, l’hypothèse de la fugue est d’abord envisagée. Il s’agit assez souvent d’adolescents issus de familles en difficulté, de jeunes qui ont pu être placés à l’aide sociale à l’enfance et donc dans ces cas-là, la disparition ne fait pas les gros titres des journaux. Comme ce n’est pas un jeune enfant et aussi parce que la disparition inquiétante remonte à des semaines, voire de mois quand on a la certitude qu’il ne s’agit pas d’une simple fugue, les journalistes ne s’y intéressent pas. Il y a, hélas, peu de choses à dire ou à écrire sur ces sujets-là quand les pistes sont inexistantes. Il faut insister sur le fait que le temps compte beaucoup dans les disparitions d’enfant ou d’adolescent. On a le cas par exemple de la jeune Axelle Moerkel qui doit maintenant avoir 20 ans. Elle a été inscrite au fichier des personnes recherchées au titre de jeune fugueuse en avril 2013 et elle n’a plus donné signe de vie depuis sa disparition.

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