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    France

    Front national: les raisons du départ de Florian Philippot

    media Florian Philippot, vice-président du Front national, a quitté le parti avec fracas, ce jeudi 21 septembre. REUTERS/Robert Pratta

    Vexé de sa rétrogradation, le numéro 2 du FN a quitté, jeudi 21 septembre, la formation d’extrême droite. « On m’a dit que j’étais vice-président à rien, je n’ai pas le goût du ridicule », a déclaré Florian Philippot. « Le Front s'en remettra sans difficulté », a réagi Marine Le Pen, qui a nommé en remplacement David Rachline, son ex-directeur de campagne pour la présidentielle.

    Depuis le début du mois, les rapports entre la présidente et son numéro 2 n'avaient cessé de se dégrader. Au cœur du problème : l'association Les patriotes fondée par Florian Philippot. Une association qu'il avait lancée en pleine campagne législative et dont il ne cessait depuis de faire la promotion. Une attitude qui irritait de plus en plus en interne. Devant cette situation, Marine Le Pen lui a alors demandé de clarifier sa situation et de quitter la présidence de son association. Hors de question a répondu l'intéressé.

    La présidente du FN a alors changé de ton. « Si on doit se séparer, on se séparera », lui a-t-elle lancé lundi en bureau politique. Ce à quoi Florian Philippot a répliqué le lendemain : « On ne fera pas la refondation avec le pistolet sur la tempe ». Une montée en tension qui s'est conclue mercredi soir par la rétrogradation du jeune énarque. Ce dernier s'est vu retirer sa délégation à la communication et à la stratégie. Une sanction qui l'a poussé ce jeudi matin à claquer la porte. « On m’a dit que j’étais vice-président à rien, je n’ai pas le goût du ridicule. »

    Aux yeux de Florian Philippot, cette histoire d'association ne serait qu'un prétexte pour le pousser à partir. Il est vrai que si le haut fonctionnaire de 35 ans en a sans doute trop fait avec son association, attisant le ressenti d’une partie de l’appareil frontiste à son égard, c'est bien sa ligne politique qui est en cause. Son positionnement social souverainiste était depuis plusieurs mois au centre des critiques.

    Pour nombre de cadres frontistes, la question de la sortie de l'euro est à l'origine de l'échec de la présidentielle. Une idée que Florian Philippot ne cessait de défendre depuis des années. Or, le séminaire organisé en juillet par le parti a tranché la question. Le retour à la souveraineté monétaire n'est désormais plus une priorité pour le Front national. Un changement de pied qui a considérablement affaibli la position de Florian Philippot en interne. Les tenants de la ligne identitaire ont alors fait pression ces derniers jours sur une Marine Le Pen fragilisée par le débat de l'entre-deux tours de la présidentielle pour qu'elle le pousse à claquer la porte. C'est donc aujourd'hui clairement une victoire pour eux.

    Philippot et la « dédiabolisation » du FN

    Mais ce départ pourrait bien pénaliser le Front national, car Florian Philippot incarnait depuis six ans l’ouverture du parti, ce que l’on a appelé la stratégie de dédiabolisation. Avec lui, le FN ne se contentait plus de parler seulement d’immigration et de sécurité, mais il intervenait sur d’autres sujets, marqués à gauche comme l’Europe et le social. Cet ancien chevènementiste était en plus un jeune énarque, une petite révolution pour un parti qui n’avait de cesse jusqu’alors à décrier cette école d’élite.

    Florian Philippot, c'était enfin et surtout un excellent communicant. Durant toutes ces années, il aura rendu le Front national beaucoup plus visible et audible. Le risque désormais pour Marine Le Pen est que le FN se replie sur ses fondamentaux, à savoir l’immigration, l’islam et la sécurité, et qu’il se coupe d’un électorat sensible aux idées émises par Florian Philippot.

    Quoi qu’il en soit, Marine Le Pen n’a pas manqué de tacler son ancien bras droit. La présidente de la formation d'extrême droite a dénoncé une stratégie de « victimisation ». « Le Front s'en remettra sans difficulté », a-t-elle ensuite asséné avant d'ajouter : « Tous ceux qui ont pris cette route-là et mené une aventure solitaire ont disparu ». Marine Le Pen qui a également assuré être la mieux placée au FN pour l'élection présidentielle de 2022. On n'en est pas encore là. Le FN doit d'abord réussir sa refondation pour pouvoir espérer l'emporter dans cinq ans, mais ce premier gros accroc risque de sérieusement compliquer les choses.

    Ce départ est tout sauf une surprise pour ce spécialiste de l’extrême droite. Le jeune énarque était selon lui trop en décalage avec les cadres et les militants du parti ainsi qu’avec les idées défendues par les formations populistes européennes alliées du Front national: "Tous les partis avec lesquels le Front national est allié à l’échelle européenne sont des partis beaucoup plus libéraux, qui sont beaucoup plus sur un libéralisme ethnicisé."
    Explications sur le départ de Florian Philippot avec Nicolas Lebourg, historien et auteur de plusieurs ouvrages sur le Front national 21/09/2017 - par Pierre Firtion Écouter

    (Ré) écouter : [Vidéo] François Kalfon et Florian Philippot (Mardi politique)

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