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    Budget français 2018: qui gagne, qui perd?

    media Le Premier ministre Edouard Philippe avec la ministre des Transports Elisabeth Borne, dont le budget est révisé à la baisse pour 2018. Paris, le 27 septembre 2017. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

    Seize milliards d'euros d'économies, 10 milliards de baisses d'impôts. Le gouvernement a présenté son budget 2018 ce mercredi 27 septembre. Le premier pour Emmanuel Macron. Un vrai test pour le président français.

    Trois grands ministères devront se serrer la ceinture. Celui du Logement d'abord, avec la baisse des allocations logement. L'an prochain, les APL des locataires d'appartement en HLM baisseront de 60 euros par mois et par ménage. Selon le gouvernement, ce manque à gagner sera compensé par une baisse des loyers.

    Autre perdant, le ministère du Travail. Alors qu'elle assurait la semaine dernière que son budget ne serait pas affecté, la ministre Muriel Pénicaud reçevra 1,5 milliard d'euros en moins. En cause : la baisse des contrats aidés. Et cela ne devrait pas s'arranger à l'avenir, avec un budget en baisse en 2019 et en 2020.

    Le ministère des Transports sera également touché. Les grands projets d'infrastructures seront gelés. Dans une moindre mesure, Bercy montrera l'exemple, avec une perte de 20 millions d'euros.

    La Défense et l'Education bien lôties

    A l'inverse, la Défense obtient la plus belle rallonge, avec près de 1,8 milliard. Une hausse qui devrait se poursuivre tout au long du quinquennat, pour atteindre 2 % du PIB en 2025.

    Le budget de la Justice, de l'Intérieur, ou encore de l'Education vont également augmenter. De l'argent pour financer les recrutements en primaire et permettre aux universités d'accueillir plus d'étudiants.

    Le ministère de l'Ecologie obtient lui aussi une rallonge de 1,5 million d'euros pour soutenir les énergies renouvelables et encourager les Français à acheter des voitures moins polluantes.

    → (RE)LIRE : France: le budget de la Défense redresse la barre

    La Culture voit son budget « conforté » et « préservé », s'est félicitée sa ministre Françoise Nyssen, avec des moyens à hauteur de 10 milliards d'euros. Priorité sera donnée à l'accès à la culture, avec 35 millions d'euros de mesures nouvelles.

    La pratique artistique doit commencer dès la maternelle, chaque école aura sa chorale et chaque jeune Français recevra un « pass culture » pour acheter des livres ou des places de cinéma. Dans les régions, l'accent est mis sur la rénovation du patrimoine, des monuments historiques et des centres-villes anciens.

    Le ministère de la Culture renforce également sa présence à l'international, avec une forte augmentation des crédits pour l'accueil d'artistes étrangers et l'aide à l'exportation de la musique.

    Du côté de l'audiovisuel public, en revanche, c'est la soupe à la grimace. Françoise Nyssen parle pudiquement d'« effort soutenable ». France Télévisions doit économiser 30 millions d'euros, Radio France, 16 millions.

    A France Médias Monde, qui regroupe RFI, France 24 et Monte Carlo Doualyia, le budget augmente de 2,5 % alors que la hausse prévue était de 3,2 % pour financer notamment la nouvelle chaîne en espagnol de France 24. Le Contrat d'objectifs et de moyens signé avec l'Etat actionnaire aura tenu moins de six mois.

    La transformation de l'ISF, un marqueur politique

    Dans le détail, une mesure fait beaucoup parler : la réforme de l'impôt sur la fortune, l'ISF. A tel point que le gouvernement est accusé d’avoir préparé un budget de droite. L'exécutif a beau répéter ces dernières semaines que son budget n’est pas seulement tourné vers les plus riches, la transformation de l’ISF en un impôt sur la fortune immobilière est un vrai marqueur politique.

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    L'exécutif est dans un rôle d'équilibriste pour prouver qu'il ne donne pas qu'aux riches. Mercredi matin, les ministres ont mis en avant les mesures destinées à augmenter le pouvoir d'achat, comme la fin de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages et la suppression des cotisations maladie et chômage. Mais la différence ne se verra pas tout de suite sur les fiches de paie.

    Ce budget s'adresse à tous les Français, a assuré le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner à la fin du Conseil des ministres. Le chef de l’Etat fait le pari qu’en baissant la fiscalité sur les plus riches, il libérera aussi l’investissement et permettra aux patrons d’embaucher. Tout le monde donc en profitera. Un pari sur l'avenir.

    Un « budget de droite »

    Mais en dehors de son camp, le budget 2018 ne convainc pas vraiment. Pour l'opposition de droite, ce projet ne va pas assez loin, notamment sur la maîtrise des dépenses publiques. « C'est un budget qui n'atteint pas les objectifs fixés auparavant. Il y a plus de fiscalité prévue, plus de déficits prévus », blâme ainsi Eric Woerth. Les élus Les Républicains reprochent au gouvernement de s'en prendre « aux classes moyennes et à la France des territoires ».

    La gauche critique un « budget de droite », tourné vers les plus riches. Encore bienveillant à l'égard d'Emmanuel Macron il y a quelques semaines, le socialiste Stéphane Le Foll juge que ce budget va trop loin. « La partie logement, la partie qui concerne l'emploi et puis la partie fiscalité avec l'ISF et le prélèvement forfaitaire unique... La forme que cela prend, c'est qu'il va y avoir des inégalités très forte qui vont se creuser », craint-il.

    Clémentine Autain, députée de La France insoumise, ne s'embarrasse pas des formules. « C'est dément, c'est plus que la part belle aux riches, s'emporte-t-elle. Cinq milliards donnés aux plus riches ! Et de l'autre côté, on fait les poches de ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté en retirant 5 euros d'APL. Je suis donc très inquiète. »

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    Le gouvernement va devoir continuer son travail de pédagogie en répétant que ce budget doit être considéré dans son ensemble, dans son ambition générale, pas uniquement mesure par mesure. « Il faut regarder ce budget dans sa globalité », explique une députée de La République en marche en employant la métaphore : « Regardons la girafe, avant de regarder les tâches de la girafe. »

    Le projet de budget sera débattu par les députés à partir de la mi-octobre. Le vote solennel est prévu fin novembre. D'ici là, le gouvernement aura aussi à défendre son projet de financement de la Sécurité sociale, un autre dossier chaud de cette rentrée.

    → À la Une de la revue de presse française : Un budget controversé

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