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    Moyen-Orient

    Palmarès 2017 du prix Bayeux: la bataille de Mossoul sur toutes les lèvres

    media Les lauréats 2017 du prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre. Samedi 8 octobre 2017. RFI

    Les récompenses du prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre ont été attribuées ce samedi 7 octobre dans le nord de la France, en Normandie. Le palmarès 2017 est intégralement composé de travaux effectués cette année au Moyen-Orient. Il fait la part belle à la couverture de la bataille de Mossoul. Le Français Olivier Sarbil et la Syrienne Waad al-Kateab ont récolté deux prix chacun, pour des reportages diffusés sur Channel 4. Le Figaro rafle deux prix.

    De notre envoyé spécial à Bayeux,

    On n'a peut-être pas fini d'entendre parler d'Olivier Sarbil. Après avoir marqué de son emprunte cette 24e édition du prix Bayeux, avec la diffusion poignante, jeudi soir en avant-première mondiale, de son film Mosul, le réalisateur français a raflé ce samedi le prix Scam Télévision Grand Format, et le prix de l'image vidéo (meilleur caméraman, parrainé par Bew TV, France 24 et Arte). Il candidatait avec un second montage, Mossoul dans la bataille, diffusé par Channel 4 News.

    Les deux films sont issus des quatre allers-retours qu'il a effectués en neuf mois cette année sur le front de la seconde ville d'Irak, au plus près des combattants des forces spéciales du pays, alors en prise avec le groupe Daech. Il se susurre que le réalisateur pourrait même présenter une troisième version d'une quarantaine de minutes aux Oscars cette année, tant ses impressionnants portraits de jeunes soldats irakiens de la Golden Division et de la population civile de Mossoul, prise au piège des combats, ont marqué le public.

    Olivier Sarbil, qui n'est pas arabophone mais qui avait gagné la confiance d'éléments des forces spéciales irakiennes lors d'un reportage antérieur à Falloujah, est parti seul au contact de ces militaires d'élite dépêchés dans ce qui était alors le principal fief irakien de l'organisation Etat islamique avant sa reprise de contrôle par Bagdad. Un seul d'entre eux parlait anglais. « Il y a mille façons de communiquer sans la langue. Ça peut être un sourire, ça peut être un regard », a pudiquement commenté le réalisateur.

    Tout pour Mossoul, la ville irakienne qui nous a volé trois amis cette année

    La lente reprise de Mossoul par les éléments de l'armée irakienne, que des journalistes internationaux ont pu suivre au plus près de la ligne de front, restera l'évènement le plus marquant de l'année à Bayeux. Le trophée radio de Bayeux revient d'ailleurs à Gwendoline Debono (Europe 1), 29 ans, pour sa propre couverture de la bataille (voir ici et ). Notamment son reportage intitulé L'entrée dans Mossoul, effectué auprès des unités spéciales aussi.

    Au cours de la réalisation de ce reportage, une voiture piégée avait explosé à quelques mètres de notre consœur, qui se trouvait alors avec le journaliste du quotidien Le Monde Laurent Van Der Stockt, une équipe de la BBC et les hommes de la Golden Division. Dans son discours de remerciement, ce samedi, elle a insisté sur ce qui constituait selon elle la particularité de ce terrain, à savoir la présence de populations civiles coincées entre deux feux pendant la durée de la progression des troupes de Bagdad contre l'EI.

    Toujours concernant Mossoul, en presse écrite, le grand reporter Samuel Forey (Le Figaro), déjà prix Albert Londres 2017, repart lui aussi de Bayeux avec une récompense pour ses articles sur cet affrontement. Une série intitulée Cinq offensives pour une bataille, et qui restera un douloureux souvenir pour toute la profession puisque les journalistes Véronique Robert et Stephan Villeneuve, ainsi que le traducteur Bakhtiyar Haddad, ont été fauchés par l'explosion d'une mine en marge de sa réalisation. « Je pense particulièrement à eux aujourd'hui », a déclaré Samuel Forey, lui-même blessé au cours de la tragédie.

    La preuve incontestable des actes de torture perpétrés contre des suspects

    Histoire d'enfoncer le clou, le prix du public (photo) est tombé dans l'escarcelle d'Antoine Agoudjian, pour La conquête de Mossoul-Ouest, superbe série de clichés publiée par Le Figaro Magazine. Et le photographe irakien Ali Arkady a enfin raflé le trophée photo (parrainé par Nikkon) pour son enquête explosive à Mossoul, Kissing Death, réalisée simultanément en vidéo et en photo auprès des troupes controversées de la police fédérale irakienne (VII Photo Agency, voir la série ici). Notre confrère Jeremy Bowen a tenu à justifier devant le public le choix du jury qu'il préside, et qui a été longuement débattu.

    Ces photos montrent tout simplement les actes de torture subis par des hommes tombés entre les mains des loyalistes et qui étaient suspectés d'appartenir à Daech. La manière dont elle ont été obtenues fait débat. « J'ai personnellement voté pour Ali Arkady, a assumé le président du jury. C'est un sujet controversé. Moi, je n'avais jamais vu des images pareilles, c'est unique. On a beaucoup discuté des questions morales qu'il soulevait. Selon moi, le travail journalistique consiste parfois à entrer dans la vie des gens dans des moments terribles, voire même le jour de leur mort. Mais il n'y a pas beaucoup d'endroits plus sombres que celui dans lequel s'est retrouvé notre confrère. »

    L'intéressé a expliqué qu'il avait gagné la confiance d'éléments de la police fédérale en réalisant des portraits croisés d'eux à Falloujah. Il y mettait en exergue la mixité chiites-sunnites dans les rangs. « J'ai suivi ces unités à Mossoul, j'ai été accepté, on me faisait confiance. Je me suis retrouvé à filmer des crimes de guerre, je ne pouvais rien faire. J'ai gardé mes sentiments pour moi, je ne voulais pas qu'ils sachent ce que j'en pensais, je voulais pouvoir continuer à récolter des preuves quelques semaines supplémentaires pour témoigner. »

    Et de faire part de sa tristesse, car les violations des droits de l'homme se poursuivent : « Mes photos ont mis six mois à être publiées. Si elles l'avaient été tout de suite, peut-être que cela aurait pu cesser. Quand les clichés sont sortis, le Premier ministre irakien a promis que les bourreaux seraient envoyés en prison. Mais ça ne s'est pas produit et ils continuent de mener leur guerre. Je voulais convaincre le gouvernement de faire quelque chose contre ces crimes, au lieu de quoi cette violence continue. J'en suis très triste. »

    Le dernier hôpital d'Alep tenu par les rebelles, des images bouleversantes

    Autre point d'orgue de cette remise des prix Bayeux 2017, le double-passage sur scène de la journaliste syrienne Waad al-Kateab, que l'animateur de la soirée, notre confrère d'Europe 1 Nicolas Poincaré, a souhaité protéger en demandant au public ne pas prendre de photo. La jeune femme, qui continue de vivre discrètement dans son pays, a gagné le trophée télévision (prix Amnesty) et le prix région des lycéens et apprentis de Normandie, pour Le dernier hôpital d'Alep tenu par les rebelles, un reportage terrible réalisé après l'effondrement d'un immeuble en novembre 2016 à Alep (Channel 4 News). « Presque l'enfer sur Terre », a commenté Nicolas Poincaré.

    Alors que la ville d'Alep, jusque-là tenue par la rébellion, est retombée entre les mains du régime Assad en décembre dernier, notre consœur a livré son sentiment sur le conflit qui mine son pays depuis six années interminables. « C'est pire que ce à quoi on s'attendait, a-t-elle dit. On n'imaginait pas voir de telles horreurs, je ne sais pas comment c'est arrivé. En 2011, on voulait de meilleures vies, un meilleur avenir, mais chaque jour la situation a empiré. Aujourd'hui, je voudrais penser au bonheur futur, quand nous serons libres, sans ce régime, sans Daech, sans tous ces gens qui nous tuent. »

    Dans les autres catégories, il faudra notamment retenir que le prix du jeune reporter en presse écrite a été attribué à May Jeong, une consœur de 28 ans basée à Kaboul, pour son enquête méticuleuse consacrée à l'attaque aérienne survenue sur un hôpital de Médecins sans frontières à Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan en octobre 2015. L'article, intitulé Death from the Sky, revient par le menu sur cette bavure des Etats-Unis. Dans ce genre d'affaires, « les généraux américains ne sont jamais poursuivis », a-t-elle dénoncé.

    Enfin, le prix Ouest-France - Jean Marin (presse écrite) revient cette année à l'Allemand Fritz Schaap (Der Spiegel), qui a joué au chat et à la souris avec ceux qui contrôlent les zones gouvernementales au nom du régime de Damas en Syrie. Il a expliqué qu'il voulait montrer les agissements et l'importance grandissante des miliciens œuvrant pour le clan Assad sur le terrain (Despair and debauchery in Assad's Capital). A noter que plusieurs collaborateurs du groupe France Médias Monde étaient nommés dans différentes catégories cette année. Notamment Sébastien Farcis, correspondant de RFI en Inde, Orianne Verdier, notre correspondante en Irak, et Anthony Fouchard, journaliste au service Afrique.

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