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    France: nette hausse des plaintes pour violences sexuelles

    media Des manifestants contre le harcèlement et les violences sexuelles rassemblées à Paris, le 29 octobre 2017. Bertrand GUAY / AFP

    En France, les plaintes pour violences sexuelles ont augmenté de 30% en octobre par rapport à la même période l’an dernier. Il s’agit d’un chiffre émanant de la gendarmerie, et qui concerne donc les communes de moins de 20 000 habitants. La prise de conscience de ce phénomène des violences sexuelles semble être à l’œuvre, depuis la révélation début octobre de l’affaire Weinstein, ce producteur de cinéma américain influent mis en cause par une centaine de femmes.

    Les plaintes déposées pour violences sexuelles qui dénoncent notamment des faits de harcèlement sexuel, d'agression sexuelle et de viol ont augmenté en octobre de 30% en zone gendarmerie (+360 faits) et de 23% (+445 faits) en zone police, par rapport à la même période de l'année précédente, selon un décompte fourni lundi par le ministère de l'Intérieur.

    Dans la foulée de l'appel viral #balancetonporc ou #metoo visant à dénoncer sur les réseaux sociaux harcèlement et agressions sexuelles, la libération de la parole a eu « clairement un effet » dans le nombre de plaintes déposées dans les services de police et de gendarmerie, selon une source au sein du ministère de l'Intérieur citée par l’AFP.

    « Il est évident que ce n'est pas une hausse des faits mais des déclarations. La parole s'est libérée, c'est indéniable », estime Maryse Jaspard, socio-démographe, qui a coordonné la première Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (Enveff) réalisée en 2000. Une libération de la parole qui se traduit donc plus qu’avant par un dépôt de plainte.

    Etre reconnue comme victime

    Une démarche capitale rappelle Violaine Guérin, médecin et présidente de l’association Stop aux violences sexuelles, interrogée par RFI. « C’est important d’être reconnue comme victime, que la justice reconnaisse les faits. Ça c’est un premier point. Le deuxième point c’est que les auteurs puissent être condamnés, parce qu’on le voit bien avec l’affaire Weinstein et toutes les affaires qui émergent : un auteur qui n’a pas été mis en soin est un auteur qui va récidiver. »

    Reste que, pour Violaine Guérin, l’accueil des victimes dans les postes de police et de gendarmerie doit être amélioré. « Il est important d’avoir dans les postes de police et de gendarmerie du personnel formé sur le sujet des violences sexuelles, parce qu’accueillir la parole sur un sujet aussi intime nécessite un accueil bien différent de l’enregistrement d’un accident de voiture ou d’un vol de téléphone. »

    Projet de loi

    Les associations attendent désormais du gouvernement un plan ambitieux de lutte contre les violences sexuelles et d’aide aux victimes. Emmanuel Macron s'exprimera sur le sujet des violences sexuelles le 25 novembre, à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes.

    Le gouvernement prépare pour 2018 un projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles. Une concertation a été lancée auprès des acteurs du secteur (policiers, magistrats ...), et les citoyens sont invités à contribuer au futur texte. L'aspect le plus débattu est une verbalisation du harcèlement de rue, cette «  zone grise  » entre séduction et agression sexuelle ou injure publique.

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