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    Génocide au Rwanda: vers un non-lieu pour l'armée française?

    media Amiral Jacques Lanxade, ex-chef d'état-major des Armées. RFI

    L'ex-amiral Jacques Lanxade et l'ex-général Germanos ne seront pas auditionnés par la justice française dans l'enquête sur les possibles responsabilités de l'armée française lors du génocide rwandais de 1994. La cour d'appel de Paris a confirmé ce jeudi 16 novembre la décision prise en août dernier par le juge qui mène l'instruction. Cette enquête concerne les faits survenus à Bissesero entre les 27 et 30 juin 1994. Les militaires de la force Turquoise sont accusés de n'avoir prêté secours à des civils tutsi que trois jours après avoir constaté qu'ils étaient menacés par des génocidaires hutus. Sans l'audition de l'ancien chef d'état-major et de son adjoint, les parties civiles redoutent que l'instruction aboutisse à un non-lieu.

    Un non-lieu, c'est quand le juge d'instruction estime qu'une enquête n'a pas récolté suffisamment d'éléments pour envoyer l'affaire devant un tribunal. « Refuser d'interroger les plus hauts responsables de l'armée française compromettrait ainsi gravement l'instruction », selon l'ONG Survie et la Fédération internationale des droits de l'homme, constituées parties civiles.

    Le point épineux est justement de déterminer la responsabilité des hautes autorités durant les trois jours qui se sont écoulés entre la constatation que des civils tutsis étaient menacés à Bisesero et l'intervention de Turquoise. D'après le juge d'instruction, les officiers sur place bénéficiaient d'une certaine autonomie pour décider d'intervenir. Il n'y aurait donc pas besoin d'entendre l'échelon supérieur.

    Une vision erronée, d'après Clémence Bectarte, avocate de la FIDH. Selon les parties civiles, c'est bien l'attente d'un ordre venu d'en haut qui aurait empêché la force Turquoise d'intervenir, laissant ainsi aux génocidaires le temps d'abattre des centaines de Tutsi.

    Pour l'heure, le général Jean-Claude Lafourcade, ancien chef de la force Turquoise a été placée sous le statut de témoin assisté et échappe ainsi à une mise en examen. Les parties civiles réclament aussi depuis deux ans l'audition de François Léotard, ministre de la Défense en 1994, sans succès.

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