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    France

    Corse: Simeoni et Talamoni ont pris les rênes de la super-région

    media Accolade entre les nationalistes Jean-Guy Talamoni (g) élu président de l'Assemblée de Corse et Gilles Simeoni, élu à la présidence du Conseil exécutif de Corse, le 2 janvier 2018. December's regional election. PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

    Les nationalistes Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni, élus mardi à la tête de la nouvelle collectivité territoriale unique corse sous un tonnerre d'applaudissements, ont assuré Paris de leur détermination et réclamé « un geste politique fort » de l'exécutif.

    Le leader indépendantiste Jean-Guy Talamoni a été largement élu président de l'Assemblée de Corse (40 voix sur 63), de même que Gilles Simeoni, à la présidence du Conseil exécutif de Corse (42 voix sur 63). La séance qui a duré près de cinq heures, s'est terminée par une grande accolade des deux présidents, élus et sympathisants enthousiastes entonnant l'hymne corse Diu vi Salve Regina, puis l'hymne nationaliste.

    Les deux hommes ont prêté serment sur la Constitution corse de 1755, un acte symbolique similaire à celui de leur installation en décembre 2015 dans la précédente collectivité territoriale, mais qui cette fois-ci n'a pas semblé choquer leurs opposants.

    Dans leurs discours d'investiture, les premiers mots des deux leaders charismatiques ont été pour les « prisonniers politiques », dont ils appellent de leurs voeux le retour sur l'île. « Que le Noël qu'ils viennent de passer soit le dernier passé loin des leurs, et que le rapprochement prévu par la loi (...) soit enfin effectif », a demandé Gilles Simeoni.

    Dans un discours en français, M. Simeoni a voulu rassurer Paris: « nous sommes des interlocuteurs raisonnables, pondérés », a-t-il lancé, réitérant son appel au dialogue lancé dans la foulée du triomphe des nationalistes aux élections territoriales de décembre, alors que le président de la République garde le silence sur le dossier corse.

    «C'est à la Constitution de changer et pas au peuple de disparaître»

    Tout en attendant « avec sérénité » la venue de Jacqueline Gourault, « Madame Corse » du gouvernement, vendredi à Ajaccio, et une rencontre probable avec le Premier ministre en janvier, Gilles Simeoni a insisté: « nous savons qu'aujourd'hui en France, c'est le président de la République qui fixe le cap, et qui, aujourd'hui, connaît le mieux le dossier corse ».

    Le 12 décembre, le Premier ministre Edouard Philippe a semblé fermer la porte aux revendications des dirigeants corses - co-officialité de la langue corse et du français, amnistie des « prisonniers politiques » et statut de résident corse permettant de protéger les insulaires de la spéculation immobilière - en estimant que toutes les réformes à venir devraient être « conformes au cadre constitutionnel ».

    « Si une Constitution ne permet pas de reconnaître un peuple, c'est à la Constitution de changer et pas au peuple de disparaître », a rétorqué Gilles Simeoni mardi matin sur France Inter.

    Jean-Guy Talamoni, président de Corsica Libera, a notamment dédié la victoire des nationalistes « à tous ceux du Front de libération nationale de la Corse, armée invaincue, née il y a quarante ans pour défendre le peuple corse à une époque où la démocratie n'existait pas sur cette terre ».  

    Officiellement installée mardi, la collectivité territoriale unique, à forte dominante nationaliste (41 sièges sur 63), est une instance inédite en France, une super-région qui fusionne l'ancienne collectivité (région) et les deux départements corses.
    (Avec Afp)

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