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    France

    Paris: retards à la chaîne dans l’installation des nouveaux Vélib’

    media La société Gobee.bike, concurrente du Vélib', subit de nombreuses dégradations sur ses vélos. Christophe Carmarans/RFI

    La nouvelle version du Vélib’ qui devait être mise en service dans la métropole parisienne en début d’année connaît un énorme retard au démarrage. Alors que 600 stations devaient être opérationnelles dès le 1er janvier pour en arriver à 1 400 au printemps, seulement 113 étaient ouvertes en fin de semaine. La grogne s’étend chez les usagers car les vélos eux-mêmes ne sont pas tous au point.

    Lancé en fanfare le 25 octobre, le nouveau Vélib' – le vélo en libre-service arrivé dans la capitale en 2007 et qui devait être étendu à l’échelle du Grand Paris – connait d’énormes ratés. Chez les usagers comme dans les associations on parle même de « catastrophe », voire « d’accident industriel ». En octobre, la mairie de Paris et le nouvel opérateur Smovengo annonçaient que 600 stations seraient en service au 1er janvier 2018, soit 50% de celles délaissées par l'ancien opérateur JC Decaux qui les a toutes démontées entre le mois d’octobre et le mois de décembre 2017. Trois semaines après la mise en service théorique, on est pourtant très loin du compte : au 19 janvier, seulement 113 stations étaient ouvertes.

    Non content de ne pas être au rendez-vous, les vélos sont source de tracas multiples pour leurs utilisateurs quand ceux-ci arrivent à en louer un. Chaque jour sur Twitter, des clients mécontents racontent leurs déboires, « application qui bug », « bornes en travaux », vélos indécrochables, etc. Une pétition a même été lancée sur Change.org  pour réclamer une « compensation adéquate » et une « communication réelle et réaliste » sur les stations en état de fonctionner. Pour expliquer les retards au démarrage, Smovengo avait évoqué un branchement électrique plus compliqué que prévu et un délai raccourci de six semaines par une action en justice de JC Decaux.

    Opération mal préparée

    Les Vélib' représentaient 1/3 des déplacements à vélo dans Paris. Flickr/ Creative Commons

    Face à la grogne, le syndicat d’élus Autolib' Velib' Métropole a annoncé que le mois de janvier serait remboursé entièrement aux abonnés mais cela risque de ne pas suffire pour les calmer. La société Smovengo a quant à elle été condamnée à verser une pénalité de 1 million d’euros pour retard à la livraison, comme cela avait été stipulé dans son contrat d’exploitation. Si les retards venaient à se prolonger, d’autres sanctions financières pourraient tomber contre la société basée à Montpellier. Dans une lettre ouverte au syndicat Vélib' Autolib' Métropole, le groupe écologiste au Conseil de Paris a en effet demandé la gratuité du premier trimestre et souhaité que le syndicat « rende compte des conditions » de transmission de la délégation de service public entre les deux délégataires.

    « Nous mettons la pression sur le nouveau gestionnaire pour accélérer ce service essentiel à la mobilité parisienne », avait annoncé la maire de Paris Anne Hidalgo le 6 janvier à l'occasion de ses vœux aux élus, une pression qui ne semble pas, pour le moment du moins, avoir été vraiment suivie d’effets suffisants. « Les usagers du service Vélib' Métropole sont au cœur de nos priorités et nous sommes les premiers à regretter les désagréments qu'ils rencontrent au quotidien », avait pour sa part assuré la société montpelliéraine, des justifications très loin de satisfaire les associations d’usagers, comme Paris en Selle dont nous avons joint le porte-parole, Simon Labouret, ce samedi. « Ça a été mal préparé, en termes d’ingénierie et en termes de travaux. Il y a eu de la part de l’opérateur une vraie sous-estimation de l’ampleur de la tâche », nous a-t-il déclaré.

    « On a une vraie interrogation car cette catastrophe, on la voit arriver depuis deux mois avec des stations fermées depuis octobre et pour lesquelles rien n’avance », a-t-il poursuivi. « Il y a par exemple un manque de coordination flagrant entre Enedis qui a la charge du raccordement électrique et Colas qui s’occupe de couler le béton pour les stations. Et il n’y a pas que ça », renchérit-il. « Il y a l’application mobile qui est truffée de bugs. Dans les stations qui sont en service, c’est parfois assez compliqué de prendre un vélo ou bien de le rendre ». « On est passé, résume Simon Labouret, d’un système relativement simple avec JC Decaux avec une carte et une borne, à un système plus complexe en termes de manipulation sans qu’il y ait eu de la part de l’opérateur de pédagogie sur ‘comment ça fonctionne ?’ ».

    Pas un gadget

    Le nouveau modèle de Vélib' dans sa version électrique. Eric Feferberg/AFP

    Comme beaucoup d’autres associations, Paris en Selle se plaint par ailleurs de n’avoir jamais été impliquée dans le processus de changement ni consultée lorsqu’a été lancé l’appel d’offre, ce qui aurait peut-être permis de prévenir le désastre de ce début d’année 2018. Désormais, les associations demandent la constitution d’un comité d’usagers pour avoir voix au chapitre face aux opérateurs et aux élus. « Depuis plusieurs semaines maintenant, c’est clair qu’on a une baisse de la pratique du vélo à Paris », regrette le porte-parole de Paris en Selle. « Les Vélib’ c’était, en gros, un tiers des vélos qui circulaient à Paris. Les gens sont dans une situation d’attente parce que le Vélib’, ça leur convenait parfaitement notamment car c’est parfois difficile de stocker un vélo chez soi. Le Vélib c’est tout sauf un gadget ! ».

    D’autres opérateurs de vélos en libre-service « flottants » (c’est-à-dire sans station de raccordement) comme Ofo, Gobee.bike ou Obike ont bien tenté de s’engouffrer dans la brèche mais elles peinent pour l’instant à combler le manque. Souvent vandalisés et laissés n’importe où, ces vélos, qui ont pourtant fait leurs preuves dans d’autres pays, ne semblent pas adaptés au marché français en l’état actuel des choses et des mentalités. Pionnière en France, la start-up hongkongaise Gobee a dû se retirer de Lille et de Reims en janvier après avoir vu entre 80 et 90% de sa flotte de vélos dégradée ou vandalisée. Présente dans 24 pays, la société singapourienne Obike France possède pour sa part 2 000 vélos à Paris et compte agrandir son parc « progressivement », s'appuyant sur un vélo « plutôt robuste », une qualité qui semble être effectivement indispensable dans l’environnement parisien.

    (Avec AFP)

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