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    Afrique

    Quand Bolloré attaque en justice pour défendre ses intérêts au Cameroun

    media Trois journaux français et deux ONG sont tous attaqués en diffamation par deux sociétés spécialisées dans l’huile de palme et l'exploitation d’hévéas liées au groupe Bolloré: Socfin et sa filiale camerounaise Socapalm. ERIC PIERMONT / AFP

    Jeudi 25 janvier, s’est ouvert au tribunal de grande instance de Paris un procès contre trois journaux français et deux ONG. Tous sont attaqués en diffamation par deux sociétés spécialisées dans l’huile de palme et l'exploitation d’hévéas liées au groupe Bolloré : Socfin et sa filiale camerounaise Socapalm. Des articles faisant état de mobilisations de villageois et d’agriculteurs voisins d’exploitations gérées par ces deux groupes sont en cause. Une tribune soutenue par des sociétés de journalistes, des journalistes et des ONG a dénoncé les poursuites systématiques dont ils font l’objet quand ils s’intéressent aux activités du groupe Bolloré, notamment en Afrique.

    En France, le procès qui s'est ouvert contre trois journaux (Mediapart, L’Obs, Le Point) et deux ONG (Sherpa et ReAct) a provoqué une levée de boucliers. Marie-Laure Guislain était présente à l'audience. Elle est responsable du contentieux au sein de Sherpa, une des deux ONG poursuivies dans cette affaire.

    Elle revient sur les raisons de ces poursuites en diffamation par Socfin et Socapalm : « Nous, aujourd’hui, nous sommes attaqués pour un article que nous avons relayé, qui relaie les mobilisations des riverains sur place au Cameroun, sur un dossier que nous traitons depuis 2010. On ne comprend pas pourquoi nous sommes attaqués aujourd’hui.

    Nous sommes attaqués sur les termes d’'accaparement de terre', alors que ces accaparements de terre, ces problèmes fonciers, ont été reconnus institutionnellement par un organisme qui s’appelle le Point de contact national de l’OCDE, devant lequel nous avons porté plainte en 2010. Et par ailleurs, dans un plan d’action, qui veut remédier aux problèmes fonciers qui avaient été reconnus par le groupe Bolloré et par Socfin à l’époque.

    Derrière ça, pour nous, il y a une tentative de bâillonner nos associations et nos médias pour toute tentative de montrer, lorsqu’il y a des violations de droits ou des principes directeurs de l’OCDE, dans les plantations au Cameroun, notamment, mais aussi en Afrique, de façon générale ».

    Le procès se poursuit ce vendredi. La décision devrait être mise en délibéré. L’un des responsables de la Socapalm présent jeudi 25 janvier à l’audience n’a pas souhaité répondre aux questions de RFI.

    Lire la lettre de soutien «On ne se taira pas»

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