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    France: la réforme de la SNCF sur les rails, les cheminots prêts au bras de fer

    media Des manifestants dans les allées de «Ground control», l'ancien centre de tri postal près de la gare de Lyon, lors des 80 ans de la SNCF à Paris. GERARD JULIEN / AFP

    Ce jeudi 15 mars est une journée décisive pour la réforme de la SNCF en France. Les syndicats, majoritairement contre la perspective d'une perte du monopole du rail, se réunissent ce soir pour décider de la tenue d'un mouvement de grève et de son ampleur.

    Cette refondation du modèle ferroviaire français s’annonce comme un véritable « big bang ». Mercredi 14 mars, le projet de loi d'habilitation qui permet de faire passer la réforme par ordonnances a été présenté en Conseil des ministres.

    La direction de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) a ensuite transmis ce jeudi une feuille de route à la ministre des Transports, Elisabeth Borne. Une ministre bien décidée à ouvrir le marché à la concurrence plus tôt que prévu - il doit l'être au plus tard en 2023.

    D'ici trois ans, d'autres entreprises privées pourront transporter les voyageurs. C'est la fin du monopole. La feuille de route que Guillaume Pepy, le président du directoire de l'entreprise, vient de transmettre à la ministre, est une méthode de travail censée définir ce que devra être la SNCF dans ce cadre.

    A savoir une entreprise moderne, disposant d’un réseau de haute performance, rénové et efficace. Mais aussi une entreprise qui accompagne ses salariés dans leur parcours, et reste attractive pour ses futurs embauchés.

    Les TER (Transport express régional) pourraient s'ouvrir les premiers. Les textes européens obligent les régions à passer des appels d'offres avant 2023, mais le sud, le nord et l'est de la France se disent prêts à sauter le pas dès 2019.

    Le gouvernement pourrait repousser cette échéance pour les régions les plus réticentes, qui continueraient à confier leurs trains à la SNCF jusqu'en 2023.

    Une manifestation prévue le 22 mars

    Quant au TGV (Train grande vitesse), les concurrents de l'opérateur français auront le droit de lancer les leurs en France un an après les TER, dès 2020.

    Après cette date, la SNCF continuera à proposer ses services, mais de nouvelles entreprises viendront aussi proposer leurs offres. Objectif de la ministre : offrir plus de choix et plus de TGV aux voyageurs.

    Il s’agit donc de donner un cadre à la SNCF pour qu’elle puisse fonctionner dans un monde ouvert à la concurrence, comme le souligne la ministre des Transports. En somme, lui enlever des carcans.

    Bruxelles appelle d'ailleurs la France à transformer la SNCF en société anonyme, pour ne plus qu'elle bénéficie des subventions de l'Etat. L'idée, c'est également de supprimer progressivement le statut des cheminots.

    Le Premier ministre, Edouard Philippe, a promis de réformer la SNCF sans toucher à son caractère public. On passerait d'un établissement public industriel et commercial (Epic) à une société anonyme à capitaux publics.

    Mais les syndicats de cheminots n'y croient pas. Pour les syndicats, c'est une remise en cause du service public. Ils préparent la riposte et ont d'ores et déjà appelé à manifester le 22 mars prochain avec les fonctionnaires.

    Supprimer le statut au fil des départs

    L’intersyndicale se réunit ce jeudi 15 mars 2018 dans la soirée et décidera de la suite du mouvement. Les cheminots sont inquiets de perdre leur statut. Plusieurs syndicats, comme la CGT, Sud-Rail et l'Unsa, dénoncent une régression sociale.

    Créé pour compenser des conditions de travail difficiles, le statut très avantageux des cheminots leur offre la garantie de l’emploi et un régime spécial de retraite. Mais aussi des règles spécifiques en matière de salaire, de déroulement de carrière et de temps de repos.

    L'idée du gouvernement, c'est de supprimer ce statut au fil des départs en retraite. Résultat, les nouveaux arrivants seraient embauchés sous forme d'emplois contractuels, en CDI et CDD, quand les autres garderaient leur statut.

    Pour briser le conflit social qui s'annonce, le gouvernement ne va pas s'attaquer tout de suite au régime spécial des retraites. Ce sera intégré à la réforme globale des retraites, sur laquelle travaille le gouvernement pour la fin de l'année.

    Pour l'équipe Macron-Philippe, l'ouverture à la concurrence va entraîner une baisse des prix pour les consommateurs. De leur côté, les syndicats redoutent une explosion des tarifs, citant notamment l'exemple des prix de l'énergie, qui ont bondi.

    La ministre campe sur ses positions. Une éventuelle grève, si elle devait se décider ce jeudi soir, irait à l’encontre des intérêts de la SNCF. Il y a du grain à moudre, admet Elisabeth Borne, qui se dit ouverte à la concertation.

    Pour l'instant, le gouvernement a l'opinion avec lui. D'après les sondages, les Français seraient prêts à accepter la réforme et ne soutiendraient pas une grève de longue durée.

    Le gouvernement français reprendra-t-il vraiment la dette de la SNCF ?

    L'un des objectifs de ces mesures radicales : réduire la dette de la SNCF. L'entreprise publique est en effet dans une situation financière difficile. L'énorme dette du groupe continue de filer : plus de 45 milliards d'euros. SNCF Réseau, qui gère les infrastructures, concentre l’essentiel de cette ardoise.

    Mais bizarrement, la question de la dette, qui anime les débats autour de la SNCF de longue date (sur le thème « qui en est responsable ? »), est absente du projet de loi présenté mercredi en Conseil des ministres. Cette question reste toujours en suspens, malgré l'engagement pris.

    L'idée que l'Etat puisse reprendre les 46 milliards d’euros de dette de la SNCF, qui doit chaque année s'acquitter d'un milliard et demi d'euros de frais financiers, séduit. « L’Etat prendra ses responsabilités. Je ne pense pas que ce soit un sujet législatif », a déclaré Elisabeth Borne au journal Libération.

    Mais aucun calendrier n'est mis en avant en la matière. Alors que ce sujet peut constituer un signe d’ouverture envers les syndicats qui estiment que ce sont les gouvernements successifs qui en sont responsables. Mais l'actuel gouvernement veut aller vite, en passant par les ordonnances, pour prendre les syndicats de vitesse.

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