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    France

    Grève à la SNCF: les cheminots se préparent à un mouvement coûteux

    media Des employés de la SNCF lors d'une manifestation mardi 3 avril à Paris. REUTERS/Benoit Tessier

    Les cheminots ont entamé ce mardi 3 avril leur mouvement de grève pour protester contre le projet de réforme du secteur ferroviaire. Mais devant l'inflexibilité du gouvernement, les cheminots se préparent à un mouvement coûteux, puisque tous les jours de grève ne sont pas payés.

    L'intersyndicale prévoit un mouvement pouvant durer jusqu'à trois mois. Quelques semaines seulement, si le gouvernement fait des concessions. Suffisamment long et coûteux, en tout cas, pour que Farid, agent commercial sur le RER B, prenne les devants. « Je m'organise comme je peux, dit-il, j'essaie de mettre un peu d'argent de côté, j'essaie de ne pas trop dépenser. J'ai des collègues qui demandent à leurs amis d'ouvrir une enveloppe... »

    Monique, cheminote à la Gare du Nord, a vécu les trois semaines de grève historiques de 1995, et elle s'en inspire. « Financièrement, oui, c'est très dur. J'ai des collègues mères célibataires... De toute façon, on ne laissera personne sur le carreau, on s'aidera. En 95, on s'aidait, ça nous permettait d'acheter le barbecue du midi. On tiendra jusqu'à bout », assure-t-elle.

    Laurent, lui, est un jeune agent de réserve, et il peut compter sur son entourage. « Je sais qu'il y a des caisses de grève qui ont été mises en place, mais c'est surtout au niveau de ma famille que j'ai du soutien. Par exemple, mes parents me proposent de faire les courses pour moi, des choses comme ça, car il faut bien manger tous les jours. Et pour ça heureusement qu'on a la solidarité et familiale et des collègues. »

    Les soutiens, ce sont aussi les dons d'anonymes ou de personnalités : une trentaine d'écrivains et universitaires français a lancé une cagnotte sur internet, qui a déjà récolté près de 70 000 euros.

    Les syndicats, dopés par les « enjeux »

    Du côté syndical, on s'apprête aussi à vivre un long combat, mais nécessaire selon les adhérents. « Je vais perdre 100 euros chaque jour que je reconduirai la grève, explique Fabien Villedieu, délégué syndical Sud-Rail. On a tous des problèmes financiers, mais à un moment donné, faut voir les enjeux, faut voir l'avenir. »

    L'avenir, pour ce cheminot, « c'est le système ferroviaire en tant qu'entreprise publique. Mieux vaut quinze jours, trois semaines de grève que trente ans de privatisation. Toutes les privatisations, toutes les ouvertures à la concurrence, les usagers s'en mordront les doigts. Donc c'est pénible de ne pas avoir de train, sauf qu'aujourd'hui les enjeux sont là : la casse de la SNCF, la case du service public. Et le service public, il n'y a pas que les cheminots qui en bénéficient, c'est avant tout les voyageurs. Donc on va se battre et je suis persuadé qu'on va gagner. »

    Même optimisme, chez Fabien Dumas, secrétaire fédéral du syndicat Sud Rail, et même sentiment de responsabilité face aux enjeux. « On pense qu'on va être entendu. La balle est clairement dans le camp du gouvernement, nous on veut de réelles négociations, on ne veut pas des explications de texte. Il y a encore peu de temps, on était vu comme le fleuron de l'industrie française. Le TGV, c'est nous les premiers, il y a un vrai savoir-faire, et dilapider ce savoir-faire en nous vantant des modèles qui sont incomparables avec le nôtre, ce n'est pas sérieux. »

    Les premières manifestations d'un mouvement qui s'annonce long ont été déclenchées mardi 3 avril 2018, ici à Lyon. REUTERS/Emmanuel Foudrot

    Il est satisfait de la très forte mobilisation de cette première journée de grève. Pourtant, il ne s'en réjouit pas. « Je ne me réjouis jamais de faire grève. Je sais à quel point cela pénalise les usagers, on ne fait grève qu'en dernier recours. Par contre, sur les taux de grévistes, évidemment qu'une fois qu'on a décidé de ce mode d'action, plus il y a de grévistes, plus on a de chances de gagner ce mouvement. Les cheminots sont en colère, la colère, c'est mobilisateur. Evidemment qu'on a intégré le fait que le mouvement pouvait être long, évidemment qu'on l'espère le plus court possible », espère-t-il.


    Que devient le service minimum ?

    Dans ce contexte, certaines voix s'élèvent et invoquent la loi de 2007 sur le service minimum pour exiger une continuité du service public. Quelles sont les obligations de l'entreprise publique en la matière ?

    Depuis 2007, la loi exige l'organisation de la continuité du service public en cas de grève. En l'occurence, cela signifie que la SNCF doit prévoir un plan de transports pour organiser ce service en prévision du mouvement. Pour l'y aider, la loi oblige en parallèle les salariés grévistes à se déclarer au moins 48h à l'avance.

    Mais contrairement à ce qu'on pense parfois, la SNCF n'a aucune obligation de faire circuler un nombre minimum de trains dans le pays. Sauf à Paris et dans sa région, où un contrat liant la SNCF et Île-de-France Mobilités, l'autorité organisatrice des transports, l'oblige à un certain niveau de service sous peine d'amendes.

    Pour autant, et c'est là le casse-tête pour la SNCF, impossible de réquisitionner des grévistes pour remplir cette obligation de service minimum. Le droit de grève est un droit garanti par la Constitution.

    L'information des voyageurs. Voilà un droit garanti par la loi de 2007. La SNCF doit informer les voyageurs sur le service assuré au moins 24h avant la grève. Cette information doit être précise et fiable. Par conséquent, si un trajet est affiché la veille comme assuré mais finit par être annulé, il doit être remboursé au voyageur.

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