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    Le prince héritier d'Arabie saoudite en France pour une visite de trois jours

    media Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane à Ryad, le 26 novembre 2017. ©BANDAR AL-JALOUD/Saudi Royal Palace/AFP

    Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salman, est arrivé à Paris ce dimanche 8 avril pour une visite de trois jours, afin de vanter ses réformes et resserrer les liens avec la France après des tensions liées aux crises régionales.

    Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salman, âgé de 32 ans, surnommé « MBS », est arrivé dimanche à 11h05 à l'aéroport du Bourget, près de Paris, et a été accueilli par le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. En France, il doit rencontrer Emmanuel Macron mardi pour resserrer les liens d'une relation compliquée entre les deux pays, et alors que l'Arabie saoudite est largement impliquée dans les nombreuses crises qui secouent le Proche-Orient.

    Aucun contrat « mirobolant »

    A Paris, aucun contrat « mirobolant » n'est attendu. Le président Emmanuel Macron souhaite avant tout établir, selon l'Elysée, une « nouvelle coopération » avec le royaume pétrolier, qui devrait entrer dans une nouvelle phase sociale et économique avec l'arrivée au pouvoir de MBS. « Il s'agit de forger un nouveau partenariat avec la France, et pas seulement de courir après des contrats », a confirmé une source proche de la délégation saoudienne.

    Visite à la Station F

    L'accent sera mis sur la culture, le tourisme, les investissements d'avenir et les nouvelles technologies, avec notamment une visite, lundi 9 avril, du prince héritier à la Station F, l'incubateur de start-ups parisien. Près de 18 protocoles d'accord dans les domaines du tourisme, de l'énergie et des transports doivent être signés, indique une autre source proche de la délégation saoudienne. Un accord de coopération pour le développement d'Al Ula, où se trouvent d'importants vestiges archéologiques, doit être aussi annoncé.

    Lors de la rencontre mardi après-midi avec le président Macron, il sera aussi question des crises régionales : la Syrie, l'accord nucléaire iranien, la guerre au Yémen, où Riyad intervient militairement, ou la situation au Liban. Il sera peut être aussi question du Sahel, l'Arabie saoudite étant un contributeur du G5 Sahel, la structure de développement et de sécurité de la région essentielle pour Paris. S'agissant du Yémen, des ONG ont l'intention de se faire entendre pendant la visite de « MBS » pour que Paris cesse ses exportations d'armes vers l'Arabie saoudite, régulièrement critiquée pour les bavures dont sont victimes les civils dans ce pays.

    Offensive de séduction

    Le prince héritier saoudien est en pleine offensive de séduction des Occidentaux pour projeter une image un peu plus libérale du royaume conservateur au pouvoir autoritaire. Il a déjà visité le Royaume-Uni et vient de passer trois semaines aux Etats-Unis, où il a signé une multitude d'accords pour favoriser les investissements dans son pays qu'il veut préparer à l'après-pétrole.


    ANALYSE

    Environ 75% de la population saoudienne a  moins de 30 ans et 58% moins de 25 ans. Et la plupart de ces jeunes peinent à trouver du travail. Tous les experts sont d'accord : d'ici à une dizaine d'années, une crise économique sans précédent ébranlera le royaume.

    Pour l'éviter, Mohamed ben Salman a lancé son projet « Vision 2030 » Le but est de construire une économie ouverte, moderne, et diversifiée. Et cela inclut la privatisation du géant de l’industrie pétrolière Aramco. Avec la France, plus d'une douzaine de protocoles d'accord dans les domaines du tourisme, de l'énergie et des transports doivent être signés. Mais il n'y a pas que cela. Paris vent des armes à Riyad, qui sont utilisées par le royaume pour mener une guerre décriée contre le Yémen.

    La France, d'autre part, estime qu'il vaut mieux parfaire l'accord sur le nucléaire iranien plutôt que de le déchirer comme le voudrait le prince héritier. Sur la question libanaise, l'Arabie saoudite et la France ont de réelles divergences sur la manière de limiter l'influence du Hezbollah chiite.

    Reste également cette question épineuse à régler, celle du mandat d'arrêt émis en décembre par la justice française à l'encontre de la soeur du prince héritier, Hassa, soupçonnée d'avoir donné l'ordre à son garde du corps de frapper un artisan à Paris.
    RFI

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