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    Moyen-Orient

    Terrorisme: le circuit du financement de l’organisation Etat islamique décrypté

    media Les Forces de la mobilisation populaire tirent sur des positions du groupe Etat islamique dans l'ouest de Mossoul, le 26 mai 2017. REUTERS

    Ce jeudi 26 avril, c’est le deuxième et dernier jour de « No Money for Terror », « Pas d’argent pour le terrorisme », la Conférence internationale de lutte contre le financement de Daech et d’al-Qaïda. Une conférence voulue par le président français Emmanuel Macron et qui se tient à Paris. Soixante-dix Etats et une vingtaine d’organisations internationales sont réunis pour s’attaquer plus efficacement au financement des groupes terroristes.

    Si al-Qaïda fonctionne surtout sur un financement externe (des donations), l’EI de son côté a voulu, dès le départ, être autonome. Elle a commencé en s’appuyant sur une économie criminelle (enlèvements, demandes de rançons) ; puis, quand son influence est devenue plus grande en Irak elle a prélevé des « impôts révolutionnaires » sur des commerces et les entreprises. Enfin, le jackpot est arrivé lorsque l’EI a conquis un véritable territoire. L’organisation a alors pu largement diversifier ses sources de financement en s’appropriant des ressources naturelles : pétrole, agriculture (blé, coton), phosphates, et dans une moindre mesure les biens archéologiques. Elle a aussi parasité les possessions de l’Etat irakien (usines, industries). Mais elle a surtout selon Laurence Bindner, spécialiste de la propagande jihadiste, instauré un système de taxes généralisées : « par exemple vous aviez la création d’une taxe d’un certificat de repentance coûtant 900 à 2 000 dollars quand l’Etat islamique est arrivé dans la ville de Mossoul ».

    Sortir l’argent

    Lorsque la coalition internationale intervient, l’EI commence à mettre l’argent en lieu sûr. « Beaucoup de cash est sorti, notamment en utilisant des passeuses, des jeunes femmes qui ne savaient pas forcément qu’elles transportaient de l’argent de l’Etat islamique. », explique Benoît Faucon, coauteur du livre Daech Incorporated. L’argent passé par la Syrie, la Turquie, souvent le Soudan, et ensuite Dubaï et la Malaisie. Un « trésor de guerre » qui peut à la fois servir à des opérations insurrectionnelles, potentiellement à des actions terroristes, en tout cas explique le journaliste « le principe de base, c’est que cet argent est mis dans des pays où l’organisation n’a pas d’implantation officielle, où ça n’attire pas l’attention ».

    Dans le même temps l’EI continue de tirer profits des territoires qu’elle a pourtant perdus. Car, explique Laurence Bindner, « ils se sont intriqués dans le tissus économique local quand ils étaient en domination territoriale, et ça perdure depuis la libération de ces zones » : l’EI a investi dans l’électronique, les concessionnaires automobiles, l’agroalimentaire. La méthode est simple : l’organisation « arrose » des partis tiers qui investissent dans des sociétés ou en créent. A cause de ces sortes de sociétés-écran, il est difficile de déceler les sources de financement – c’est-à-dire l’organisation Etat islamique. Et, estime la chercheuse, « ça pose évidemment question sur les problématiques de reconstruction, puisque le ver est dans la pomme ».

    Le financement des attentats

    Autre question : cet argent du pétrole, des antiquités, de la taxation des populations sert-il à financer les attentats, ou est-ce que les assaillants s’autofinancent, puisqu’un attentat ne coûte que quelques dizaines de milliers d’euros (celui dirigé contre le journal Charlie Hebdo n’aurait coûté que 20 000 euros). « Il y a eu des modes de financement, que ce soit en Arabie saoudite, en France ou dans d’autres pays européens qui consistaient en escroquerie aux prêts à la consommation », explique Benoît Faucon : « la personne prenait le prêt et l’utilisait pour acheter par exemple des armes ou financer son séjour dans l’Etat islamique ». Pour autant, la question du financement par le « trésor de guerre » est pertinente selon le journaliste, qui a vu une liste de l’EI comptabilisant l’arrivée en France avant les attentats d’un de ses membres avec 20 000 euros. Pas de preuve pour autant que l’argent a servi pour les attaques,  mais ce qui est certain affirme Benoît Faucon, « c’est que le départ de ces opérateurs qui demain peut-être feront des opérations en Europe a été financé par cet argent. Et ce départ est coûteux : il faut payer d’autres milices, des passeurs. »

    Lutter contre la circulation de l’argent

    Des mesures ont déjà été prises pour lutter contre les flux financiers des groupes terroristes, avec en Irak un contrôle accru des sociétés de transfert, les hawala, un système de reconnaissance de dette basé sur la parole donnée et donc impossible à tracer, qui sert souvent aux migrants pour envoyer de l’argent dans leur pays d’origine. Côté français et européen, il y a déjà eu des mesures pour lutter contre l’anonymisation : « Il y a eu des plafonnements dans les cartes prépayées, et pour les cartes SIM prépayées – ce qu’on appelle les "téléphones jetables"-, il faut maintenant s’enregistrer», note Laurence Bindner, mais avec un délai d’un mois.

    Le chantier est vaste, le nombre de pays et d’institutions internationales représentés à la Conférence internationale de lutte contre le financement de Daech et d’al-Qaïda en est la preuve. Pour la chercheuse, le travail pourrait d’ailleurs être davantage coordonné, aussi bien au niveau international (entre les Etats et les institutions) qu’à l’intérieur des pays eux-mêmes, avec une approche « plus fine, pour identifier des signaux faibles à partir à la fois d’éléments financiers et par exemple de diffusion de propagande pour surveiller, infiltrer et démanteler des petites cellules, la menace étant de plus en plus atomisée ».

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