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    France: environ 450 détenus radicalisés sortiront de prison d'ici l'an prochain

    media Le président français en compagnie de Sophie Bleuet, directrice de l'Ecole nationale de l'administration pénitentiaire (Enap), et de la ministre de la Justice Nicole Belloubet, en mars 2018 à Agen. REUTERS/Mehdi Fedouach/Pool

    En France, près de 450 détenus radicalisés quitteront leur cellule d'ici fin 2019, parmi lesquels une cinquantaine sont considérés comme des terroristes islamistes. La garde des Sceaux a affirmé, ce mercredi 6 juin 2018 sur les antennes de RMC et BFMTV, que le gouvernement était « arc-bouté » sur le suivi de ces personnes.

    Ces fins de peines, c'est devenu l'une des plus grande crainte des services de l'Etat français. Car parmi ces condamnés figurent des « revenants » du jihad, et d'autres personnes qui ont été impliquées dans des réseaux de soutien logistique. D'autres individus, enfin, ont été arrêtés avant d'avoir pu se rendre au Levant.

    Ce sont majoritairement des hommes, âgés de 20 à 30 ans et condamnés en moyenne à cinq années de détention. Et personne ne peut assurer qu'ils aient renoncé à l'action violente, reconnaît Nicole Belloubet, ministre de la Justice, interrogée ce mercredi matin sur les antennes de RMC et BFMTV.

    « Nous avons à peu près 500 détenus qui sont radicalisés comme terroristes islamistes. Sur ces 500-là, il y en a une vingtaine cette année qui sortent, puis à peu près une vingtaine, une trentaine, l'an prochain. A côté de ceux-là, nous avons des gens qui sont détenus pour des faits de droit commun », explique-t-elle.

    « Ces détenus de droit commun radicalisés, un certain nombre d'entre eux, à peu près 30%, auront terminé leur peine en 2019, continue la garde des Sceaux. Ce qui fait le chiffre qui a été donné de 450 personnes à peu près. Ce que je voudrais dire, c'est que le gouvernement est arc-bouté sur le suivi de ces personnes. »

    L'administration pénitentiaire, un outil devenu essentiel pour le renseignement

    Le suivi commence en détention, explique la ministre : « Ces gens-là sont évalués, placés ensuite dans des lieux de détention qui correspondent à leur niveau de dangerosité, et quand ils sortent de prison, il y a deux mots-clés ; nous anticipons leur sortie et nous les suivons de manière extrêmement précise. »

    Consigne a donc été donnée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI, renseignement intérieur) de ne pas les lâcher d'une semelle : filatures et écoutes administratives vont donc, dans les prochains mois, se multiplier, alors que la France vit sous une constante menace terroriste depuis 2015.

    « L'avantage de la détention », plaide Nicole Belloubet, c'est qu'elle permet notamment de construire, au sujet des cas sensibles, « des fiches de renseignement qui sont mises en place par les services de renseignement pénitentiaire, qui ont acquis depuis quelque temps une très forte légitimité ».

    Ces services « jouent un rôle essentiel » et vont être « considérablement renforcés », promet Mme Belloubet. « Nous allons recruter 100 personnes supplémentaires sur les services de renseignement pénitentiaire et déployer des moyens pour mieux isoler les détenus radicalisés » en prison.

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