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    France

    Coupe du monde: la France en demi-finale, ça n’est jamais simple

    media Raphaël Varane célèbre son ouverture du score face à l'Uruguay vendredi en quart de finale à Nijni-Novgorod. REUTERS/Damir Sagolj

    Pour la sixième fois de son histoire – et pour la troisième fois en vingt ans – l’équipe de France va disputer, ce mardi face à la Belgique (18h TU), une demi-finale de Coupe du monde. Si les trois premiers essais (1958, 1982, 1986) ont laissé un goût amer, les deux derniers (1998, 2006) se sont soldés par une place en finale.

    LA PLUS VINTAGE

    Mardi 24 juin 1958 au Råsunda Stadium de Solna (Suède) : Brésil bat France 5-2

    Emmenée par une attaque de feu (la plus prolifique de la compétition avec 23 buts dont 13 signés Just Fontaine), l’équipe de France se hisse pour la première fois dans le dernier carré. Elle compte dans son onze de départ cinq joueurs du Stade de Reims (Robert Jonquet, Armand Penverne, Roger Piantoni, Just Fontaine, Jean Vincent) ainsi que Raymond Kopa, alors déjà au Real Madrid et qui sera couronné du Ballon d‘Or France Football cette année-là. Manque de chance pour les Français, ils tombent sur la meilleure équipe du tournoi, un Brésil où brillent Garrincha, Vava, Didi et un certain Pelé, seulement âgé de 17 ans, qui n’est encore qu’une star en devenir.

    Les Brésiliens ouvrent rapidement la marque à la 2e mn par leur attaquant Vava servi par l’ailier Garrincha mais les Bleus, que l’on appelle encore « les nôtres » dans les journaux de l’époque, égalisent sept minutes plus tard par Fontaine sur un service de Kopa, le premier but encaissé par les Brésiliens dans cette édition 1958. Le tournant du match a lieu à la 35e mn quand le capitaine Robert Jonquet se blesse dans un choc avec Vava. Les remplacements n’étant pas encore autorisés par le règlement, le milieu de terrain rémois doit quitter le terrain. Il ne reviendra en jeu qu’en deuxième mi-temps mais en traînant la jambe, incapable de courir car il souffre en fait d’une fracture du péroné (quelle époque !).

    Le Brésil en profite pour reprendre l’avantage quatre minutes plus tard par l’intérieur droit Didi (39e), Garrincha se voyant refuser un but valable juste avant la mi-temps. Au retour des vestiaires, l’emprise brésilienne est totale et Pelé signe un coup du chapeau (52e, 64e, 75e), trois buts qui font monter le score à 5-1 avant que Piantoni ne clôture la marque d’un tir de 25 m à la 82e, après avoir effacé trois Brésiliens. C’est ce jour-là que Pelé s’est vraiment révélé à la face du monde (6 buts sur l’ensemble du tournoi). Les Français se consoleront quatre jours plus tard en punissant l’Allemagne 6-3 dans le match pour la troisième place, grâce à un quadruplé de Fontaine dont le record de 13 buts marqués en une seule phase finale tient toujours.


    LA PLUS INJUSTE

    Jeudi 8 juillet 1982 au Stade Sanchez Pizjuan de Séville (Espagne) : RFA bat France 3-3 a.p. (4 tirs au but à 3)

    L'attentat d'Harald Schumacher (d) sur Patrick Battiston (g) à Séville. AFP PHOTO STAFF / AFP

    Après un quart de siècle de disette, la France est à nouveau dans le dernier carré non sans avoir, comme souvent, souffert dans les matchs de poule, puis bénéficié d’un tirage assez clément, sortant vainqueur du 2e tour dans un groupe où figuraient l’Autriche et l’Irlande du Nord. Cet Allemagne-France figure tout en haut dans le Panthéon de la Coupe du monde de par sa dramaturgie avec des rebondissements, des injustices et une séance de tirs au but encore dans toute les mémoires, d’autant qu’elle est alors la toute première dans l’histoire de la compétition.

    Portés par un milieu de terrain où figurent trois vrais numéro 10 – Michel Platini, Alain Giresse, Bernard Genghini – associés à l’infatigable Jean Tigana, les Français pratiquent un jeu technique qui leur vaut, à cette époque, le surnom de « Brésiliens de l’Europe ». Ce sont pourtant les Allemands qui attaquent pied au plancher et qui ouvrent la marque par Pierre Littbarski (17e) après avoir déjà tiré sur la barre de Jean-Luc Ettori deux minutes auparavant. Mais la partie va vite se rééquilibrer et voir ceux que l’on appelle désormais « les Bleus » égaliser sur pénalty par Platini, après une faute commise dans la surface sur Dominique Rocheteau par Karl-Heinz Forster.

    Vexés, les Allemands se montrent de plus en plus rugueux et n’hésitent pas à mettre la semelle, ce qui oblige Genghini à sortir, remplacé par Patrick Battiston à la 50e mn. Le malheureux Battiston ne va pas rester plus de dix minutes sur le terrain. L’action – un attentat – tout le monde la connaît : alors que le joueur de l'AS Saint-Etienne s’avance seul face à Harald Schumacher, le gardien allemand joue l’homme avant le ballon qui roule et passe à quelques centimètres de la cage (60e). Assommé par le choc, Battiston reste étendu sur la pelouse et l’on craint le pire. Après de longues minutes d’arrêt de jeu, il sort sur une civière et Schumacher retourne dans son but en toute impunité. Ni l’arbitre néerlandais Charles Corver ni ses assesseurs n’ont apparemment saisi, ou voulu voir, la gravité du geste.

    La France est quand même à deux doigts de l’emporter avant la fin du temps réglementaire quand une frappe d’Amoros s’écrase sur la barre transversale de Schumacher mais le score en reste à 1 partout. Dès lors, on va assister à la prolongation la plus folle jamais vue dans la compétition. Les Français marquent deux fois en l’espace de six minutes grâce à une reprise de volée de Marius Trésor (92e) puis à un tir de 20 m de Giresse (98e). A 3-1, ils se voient déjà en finale et tout la France avec eux. Mais Karl-Heinz Rummenigge ramène le score à 3-2 avant le changement de côté (102e) et Fisher égalise à 3-3 d’un retourné dans la surface à peine six minutes plus tard (108e).

    La séance de tirs au but aussi va connaître des rebondissements. Alain Giresse, Manuel Amoros et Dominique Rocheteau réussissent les leurs, imités par Manfred Kaltz et Paul Breitner, côté allemand. Et quand Uli Stielike tire trop mollement sur Ettori, la route de la finale semble ouverte pour les Bleus. Stielike est effondré mais c’est maintenant Didier Six qui manque à son tour. Tout est à refaire. Littbarski et Rummenigge ne tremblent pas, Platini non plus mais Maxime Bossis, chaussettes baissées, bute sur Schumacher. Sixième tireur, il n’avait probablement pas prévu d’être mis à contribution. Cela ne pose en revanche aucun de problème au géant Horst Hrubesch qui conclut en force. Ettori est battu, la France aussi. La fin est cruelle pour ces Bleus de 1982 qui regagnent leur vestiaire dans un torrent de larmes. En 130 minutes, des millions de Français sont passés de l’extase à la déprime totale.


    LA PLUS FRUSTRANTE

    Mercredi 25 juin 1986 au Stade Jalisco de Guadalajara (Mexique) : RFA bat France 2-0

    Avec une telle affiche, quatre ans plus tard, au même stade de la compétition, toute la France rêve de revanche, d’autant plus que l’affreux Schumacher est toujours en place dans la cage de la Mannschaft. Après s’être débarrassés des Italiens en 1/8e de finale, puis des Brésiliens en quart – au terme d’un match de légende remporté aux tirs au but après prolongation – les Bleus retrouvent leur bête noire. Mais si la motivation est là, les jambes ne suivent plus. Trois matchs de très haut niveau à 2000 m d’altitude, c’est un peu trop demander à ces trentenaires que sont devenus Giresse, Tigana et Platini, un Platini dont les buts contre l’Italie et le Brésil ont sauvé les apparences mais qui traverse ce Mundial comme un fantôme et va évoluer, ce jour-là, en position d’avant-centre.

    Diminué par une pubalgie tenace, le triple Ballon d’Or joue sous infiltration. Il prendra d’ailleurs sa retraite l’année suivante dans sa trente-et-unième année. La rencontre débute de la pire des façons pour les Bleus quand Joël Bats, l’un des héros de France Brésil, se troue complètement sur un coup franc frappé par Andreas Brehme (9e), 1-0 pour l’Allemagne. Dès lors, les Bleus vont devoir courir après le score mais ils butent sur un mur ou font preuve de maladresse avec notamment deux belles occasions pour Maxime Bossis à chaque mi-temps et une autre pour Yannick Stopyra mais sans réussite.

    Les hommes d’Henri Michel vont quand même croire à l’égalisation jusqu’au bout ou presque. Mais Rudi Völler, entré en jeu à la place de Rummenigge, profite d’une contre-attaque alors que tous les Français sont dans le camp allemand pour se présenter seul face à Bats, qu’il lobe avant de marquer dans le but vide (90e). Caramba, encore raté ! La génération Platini, sacrée championne d’Europe à Paris en 1984, ne disputera jamais une finale de Coupe du monde.


    LA PLUS STUPÉFIANTE

    Mercredi 8 juillet 1998 au Stade de France à Saint-Denis (France) : France bat Croatie 2-1

    Après ses victoires à l’arraché en 1/8e de finale face au Paraguay (1-0 a.p. et but en or) puis contre à l’Italie en quart (0-0 et tirs au but), les Bleus abordent en favoris cette demi-finale qui se dispute devant leur public, au Stade de France, et face à un adversaire, la Croatie, qui découvre la Coupe du monde. Fidèle à sa tactique, Aimé Jacquet aligne une équipe qui dispose d’une solide assise défensive avec le seul Stéphane Guivarc’h en pointe devant Zinédine Zidane et Youri Djorkaeff. Constatant que son homologue croate Miroslav Blazevic en a fait de même, le sélectionneur fait entrer Thierry Henry à la place de Christian Karembeu dès la 37e mn. Un pari tactique.

    Il faut dire que les Croates impriment leur rythme à la rencontre même si la meilleure occasion de la 1ère mi-temps est une reprise volée de Zidane qui frappe le poteau gauche du but de Drazen Ladic. À la pause – on le saura plus tard grâce au fameux documentaire Les Yeux dans les Bleus – Jacquet pousse une gueulante dans le vestiaire : « Y’a personne qui bouge ! Y’a personne qui réagit ! Vous avez peur de quoi ? Vous avez peur de qui ?  Eh ben vous allez perdre les gars, vous n’avez pas de souci à vous faire ! ». Difficile de croire que ses mots aient porté tout de suite. La 2e mi-temps a en effet repris depuis seulement 22 secondes que les Croates ouvrent la marque par Davor Suker. Oublié par la défense et idéalement servi par Aliocha Asanovic, le meilleur buteur de la compétition (6 buts) fusille Fabien Barthez (46e).  

    Principal coupable : Lilian Thuram qui ne s’est pas aligné pour mettre le Croate hors-jeu. La suite appartient à la légende. Les télévisions en sont encore à repasser le ralenti du but croate, que Thuram chipe un ballon à Zvonimir Boban à 25 m du but, puis s’appuie sur Djorkaeff avant de tromper Ladic de près : 1-1 après 1 mn 35 sec de jeu dans cette seconde mi-temps. Les Bleus n’ont même pas eu le temps de gamberger, c’est le 1er but de Thuram en 36 sélections mais ce n’est pas le dernier. À la 70e mn, le défenseur français s’avance sur le flanc droit et récupère la balle à 20 m du but après un relais avec Thierry Henry. Il frappe alors du gauche, son mauvais pied !, et le ballon va se loger dans petit filet opposé de Ladic, 2-1 pour la France.

    À genoux sur la pelouse, Thuram reste interloqué et il y a de quoi. Auteur d’un doublé en l’espace de 24 mn en demi-finale de Coupe du monde, Thuram ne marquera plus qu’un seul but – avec la Juventus Turin lors de la saison 2002-2003 – durant les dix prochaines années de sa carrière qui s’est terminée en 2008. Pour la première fois de son existence, l’équipe de France est en finale, en route vers une victoire, cette fois sans appel, 3-0 face au Brésil le dimanche suivant.


    LA PLUS ÂPRE

    Mercredi 5 juillet 2006 à l’Allianz Arena de Munich (Allemagne) : France bat Portugal 1-0

    Zinédine Zidane transforme le pénalty vainqueur face à Ricardo Pereira. AFP PHOTO / PASCAL PAVANI

    Huit ans après, l’occasion de rejouer une finale s’offre à Zidane, Barthez et Thuram qui se sont débarrassé une nouvelle fois du Brésil au stade des quarts de finale (1-0). Une autre Seleçao se dresse devant eux, celle du Portugal, équipe pour qui les Bleus font office de bête noire après les éliminations en demi-finale des Euro 1984 et 2000. Une fois encore, les Lusitaniens vont s’avérer durs à battre, sans toutefois que les Bleus aient recours à la prolongation contrairement aux deux fois précédentes.

    Emmenés par Luis Figo dont ce sera le dernier match en sélection, les hommes de Felipe Scolari, vainqueur de l’édition 2002 à la tête du Brésil, vont dans l’ensemble dominer cette partie et se créer les meilleures occasions dans un match âpre et tendu sur le terrain et même en dehors, les deux bancs se prenant plusieurs fois à partie. La décision se fera sur un coup de dés : un ballon de Florent Malouda pour Thierry Henry qui effectue un crochet extérieur du pied dans la surface et se fait accrocher du bout de la chaussure par Ricardo Carvalho. Le pénalty accordé par l’arbitre uruguayen Jorge Larrionda paraît sévère aux Portugais, mais totalement justifié côté Français.

    Comme en demi-finale de l’Euro 2000, c’est Zidane qui s’avance pour le tirer face à Ricardo Pereira, lequel a permis à son équipe de triompher de l’Angleterre en quart de finale (0-0) en arrêtant les tirs au but de Frank Lampard, Steven Gerrard et Jamie Carragher. Mais Zizou est d’une autre trempe. Pratiquement sans élan, il trompe le portier portugais pourtant parti du bon côté, la France mène 1-0 et cela va lui suffire. Tout au long du match, la domination sera plutôt portugaise face à des Bleus intraitables en défense avec le quatuor Sagnol-Thuram-Gallas-Abidal devant Barthez.

    À la fin du match, les voilà de nouveau en finale, rencontre qui va donner à l’Italie l’occasion de se venger de sa finale de l’Euro 2000 perdue en prolongation face aux Bleus. Quant aux portugais, ils devront attendre la finale de l’Euro 2016 au Stade de France pour enfin triompher des Français en compétition officielle. En football, la roue finit toujours par tourner, comme aurait dit quelqu’un. On relèvera pour terminer que la France avec ses six demi-finales, série en cours, n'est devancée dans l'histoire que par l'Allemagne (13), le Brésil (11) et l'Italie (8) au nombre de présence dans le dernier carré. C'est donc bien une grande nation de football.

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