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    France

    France: Alexandre Benalla en garde à vue, l'Elysée sous le feu des critiques

    media Emmanuel Macron et Alexandre Benalla, chargé de sa sécurité, le 17 juin 2017 au Touquet. REUTERS/Philippe Wojazer

    Sous la pression médiatique et politique, l'Elysée a lancé aujourd'hui une procédure de licenciement contre Alexandre Benalla, chargé de la sécurité d'Emmanuel Macron qui avait été filmé en train de frapper un homme à terre lors des manifestations du 1er-Mai 2018. Suite à ces violences, ce proche du président n'a pas été renvoyé, mais mis à pied deux semaines, avant de réintégrer l'Elysée. Alexandre Benalla a été placé en garde à vue ce vendredi. L’opposition est vent debout et réclame des explications.

    Fidèle à sa réputation de ne pas répondre aux questions sous la pression, Emmanuel Macron est resté silencieux jeudi sur l’affaire Alexandre Benalla, préférant envoyer le porte-parole de l'Elysée pour gérer la crise.

    Un silence qui choque Christian Jacob, chef de file des députés Les Républicains. « Le président doit faire la lumière et dans les plus brefs délais. Et lui, et lui seul. C’est-à-dire qu’il ne peut pas se protéger derrière son cabinet, ou tel ou tel porte-parole. »

    Une sanction trop clémente

    Le porte-parole de l'Elysée, Bruno Roger-Petit a expliqué qu'Alexandre Benalla avait été mis à pied 15 jours : « La sanction la plus grave jamais prise contre un chargé de mission à l'Elysée », a-t-il ajouté.

    Mais pour Alexis Corbière, c’est une sanction exceptionnellement clémente. « Ce n’est pas une petite suspension de 15 jours qui règle le problème. La justice aurait dû être saisie. Pourquoi la présidence de la République étouffe comme ça et protège ses collaborateurs même quand ils ont des comportements intolérables ? », a questionné le député de la France insoumise.

    Maintenant, il faut aller plus loin. Il faut savoir ce que faisait ces hommes, pourquoi ils étaient là, dans quel cadre de mission...
    Eric Coquerel Député France insoumise de Seine-Saint-Denis 20/07/2018 - par RFI Écouter

    Même si l'Elysée a engagé ce vendredi 20 juillet une procédure de licenciement à l'encontre d'Alexandre Benalla, le fait qu'il n'ait pas été renvoyé de son poste tout de suite après que la présidence ait eu connaissance de l'affaire début mai laisse à plusieurs membres de l'opposition un goût d'injustice, notamment à Boris Vallaud.

    « Cette affaire, sans une réaction prompte et ferme de l’exécutif, nourrira un sentiment malsain d’un deux poids deux mesures, lance le président du groupe Nouvelle Gauche à l'Assemblée. Je n'ai pas sentiment qu’il y ait eu beaucoup d’indulgence quand il y a eu des exactions, et à juste raison, en marge des manifestations du 1er-Mai précisément. »

    Selon des informations publiées par le journal Le Monde, Alexandre Benalla disposait de plusieurs privilèges fournis par l’Elysée, dont un appartement de fonction dans une dépendance de l’Elysée, quai Branly, dans le 7e arrondissement de Paris, et une voiture avec chauffeur. L'ex-« monsieur sécurité » du président de la République occupait son logement de fonction depuis le 9 juillet, c'est-à-dire après la fin de sa mise à pied décidée par l'Elysée.

    Trois enquêtes en cours

    Trois enquêtes dans cette affaire ont été ouvertes. La première est menée par l'IGPN, la police des polices, à la demande du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb. Elle devra notamment déterminer pourquoi aucun des CRS présents au moment des faits ne réagit alors que l'on voit sur une vidéo Alexandre Benalla s'en prendre violemment à un manifestant car en aucun cas, un observateur du côté des forces de l'ordre n'est censé prendre part à l'action.

    Le volet judiciaire des investigation est mené par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne, qui a ouvert une enquête préliminaire et placé ce vendredi Benalla en garde à vue. Parmi les questions auxquelles elle devra répondre : pourquoi Alexandre Benalla portait-il un casque de policier ce jour là ? S'agit-il d'une usurpation de signes réservés à l'autorité publique ? Un délit passible d'un an de prison et 15 000 euros d'amende.

    La dernière enquête est quant à elle administrative. L'Assemblée nationale a ouvert une commission d'enquête pour déterminer, entre autres, dans quelles conditions Alexandre Benalla a été autorisé à suivre ce 1er-Mai du côté des forces de l'ordre. Elle devra aussi se pencher sur le traitement de cette affaire par l'Elysée qui n'a pas saisi la justice comme l'oblige pourtant l'article 40 du code de procédure pénale en cas de crime ou délit constaté par un fonctionnaire.

    Macron ne pourra pas esquiver la polémique

    Ces enquêtes diront s’il s’agit ou pas d’une affaire d’Etat. Mais il s’agit en tout cas d’une première grande épreuve pour Macron.

    L’affaire met ainsi à mal la fameuse « République exemplaire » prônée par Emmanuel Macron. Le président, qui remettait en place il y a quelques temps, assez brutalement, un collégien quelque peu facétieux, dans le même temps maintient en place à l’Elysée un homme accusé de brutalités. En termes d’images, c’est tout simplement désastreux.

    S'il n'agit pas, Emmanuel Macron prend le risque d’être débordé par l’incendie alors même qu’il est déjà fragilisé par cette affaire, et ce au moment également où sa cote de popularité auprès des Français décline déjà fortement. La France insoumise a déjà proposé de déposer une motion de censure contre le gouvernement.


    Trois policiers suspendus en marge de l'affaire

    Trois policiers ont été suspendus à titre conservatoire pour avoir extrait des images de vidéo-surveillance de la Ville de Paris et les avoir transmises à Alexandre Benalla, a-t-on appris ce vendredi 20 juillet auprès d'une source proche du dossier. Les trois policiers sont un contrôleur général, un commissaire et un commandant.

    Un autre protagoniste de l'affaire à lui aussi été placé en garde à vue. Il s'agit de Vincent Crase, un gendarme réserviste et agent d'accueil pour LREM qui accompagnait les forces de l'ordre lors des manifestations du 1er-Mai en compagnie d'Alexandre Benalla. Il est suspecté de « violences en réunion par personne chargée d'une mission de service public » et « usurpation de fonction ».

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