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    France

    France: qui est chargé de traquer les génocidaires?

    media L’OCLCH est actuellement composé de 15 gendarmes et de 4 policiers. REUTERS/Regis Duvignau

    L’interpellation en France d’un ressortissant libérien naturalisé néerlandais soupçonné de crimes contre l’humanité, vendredi 7 septembre, a mis en lumière l’Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité, les génocides et les crimes de guerre (OCLCH). Ce service à l’acronyme imprononçable est chargé d’enquêter sur les crimes en question, principalement sur le territoire français.

    Créé le 5 novembre 2013 et rattaché à la gendarmerie nationale française, l’OCLCH est un « service de police judiciaire à vocation interministérielle placé au niveau central ». Concrètement, cela signifie qu’il est directement rattaché à l’Etat et surtoutqu’il est compétent sur l’ensemble du territoire français.

    Une large aire d’action qui permet à cet office d’enquêter sur les crimes internationaux les plus graves. Les gendarmes et policiers qui composent cet office sont chargés d’identifier et de retrouver les auteurs de génocides, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre, mais aussi les tortionnaires et les responsables de disparitions forcées. L’OCLCH travaille également sur les crimes racistes, sexistes ou liés à « l’orientation ou l’identité sexuelle de la victime », si le crime a été commis en France ou qu’auteur ou victime sont français.

    Dans ce cadre, les agents peuvent non seulement se déplacer partout en France, mais aussi à l’étranger, dans « le cadre de l’entraide pénale internationale ». Ils ont pour ce faire des partenariats avec l’ONU, la CPI, Interpol, des services de polices et de justice, tant français qu’extérieurs à l’hexagone et même certaines ONG spécialisées dans la traque de criminels de guerre

    « L’office constitue, pour la France, le point de contact central des échanges internationaux de coopération policière relevant de sa compétence », explique son chef, le colonel de gendarmerie Eric Emeraux, dans un communiqué du ministère de l’Intérieur.

    Le génocide rwandais, un point de départ

    En raison de la gravité et de la difficulté des faits sur lesquels il se penche, ce service affirme privilégier l’efficacité à la rapidité, comme en témoigne sa devise, « Hora fugit, stat jus » - « l’heure s’échappe, le droit demeure », en latin. A sa création, il s’est d’abord concentré sur le génocide rwandais, qui constitue encore le quart de ses dossiers.

    Ses enquêtes ont notamment servi de support aux procès en assises de trois personnes impliquées dans le massacre des Tutsi. Celui de Pascal Simbikangwa, ancien capitaine du Service central de renseignement rwandais condamné en 2016 à 25 ans de prison pour « génocide et complicité de crimes contre l’Humanité », et celui de Tito Barahira et Octavien Ngenzi, bourgmestres condamnés en appel à la perpétuité en juillet 2018.

    Des moyens insuffisants

    Mais malgré l’importance de sa tâche, l’OCLCH souffre d’un cruel manque de moyens. Il lui a fallu près de quatre ans pour atteindre la vingtaine de personnels prévus à sa création. Un nombre encore faible, même si, certes, c’est plus que les trois magistrats du pôle crimes contre l’humanité du tribunal de grande instance de Paris, son équivalent judiciaire. « En nombre d'officiers nous sommes troisième derrière les Pays-Bas (40 officiers) et l'Allemagne (30) mais c'est nous qui avons largement le plus de dossiers », déplorait en 2016 le colonel Jean-François Caparos, qui dirigeait alors l’office.

    Et pourtant, avec plus de 70 dossiers à sa charge portant sur une dizaine de pays répartis partout dans le monde, dont une enquête importante visant le régime de Bachar el-Assad en Syrie, ce service n’est pas au bout de ses peines.

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