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    France

    Le chlordécone, un empoisonnement français

    media Le chlordécone a été utilisé dans les bananeraies de la Guadeloupe et de la Martinique, de 1972 à 1993. Helene Valenzuela / AFP

    La Martinique et la Guadeloupe font face à un problème environnemental qui n’est pas récent : le chlordécone. Ce pesticide toxique a été utilisé dans les Antilles françaises de 1972 à 1993 contre le charançon du bananier, dont on n'arrive pas depuis à se débarrasser.

    On a l’impression, vu de la métropole, que les départements d’Outre-mer sont moins bien traités que les autres, et peut-être est-ce l’une des raisons de la visite du président Macron dans les Antilles françaises.

    Car les habitants de la Martinique et de la Guadeloupe font face à plusieurs sujets majeurs : les échouages en masse d’algues sargasses, mais aussi au chlordécone. Ce pesticide toxique a été utilisé dans les Antilles françaises de 1972 à 1993 contre le charançon du bananier, dont on ne parvient pas depuis à se débarrasser.

    Interdit aux Etats-Unis dès 1977

    Le chlordécone, qui a été commercialisé en France sous le nom de Képone, puis Curlone, est un pesticide organochloré, comme le DDT, issu de la recherche sur les gaz de combat. Ce pesticide agit sur le système nerveux des insectes en les paralysant. Il a été interdit aux Etats-Unis en 1977 suite à l’intoxication des ouvriers dans une usine de production et à l’importante pollution de la James River, en Virginie.

    Mais en pleine « Guerre de la banane » contre les pays d’Amérique latine et les grandes compagnies américaines, l’économique a pris le pas sur l’environnement et la santé. Le chlordécone est donc resté autorisé en France jusqu’en 1990, avec une dérogation jusqu’en 1993 pour les Antilles, afin de terminer les stocks.

    Le pesticide a contaminé les sols partout où il a été utilisé, soit environ la moitié de la Guadeloupe et les deux-tiers de la Martinique. Il semble par ailleurs impossible à éliminer, parce que c’est une grosse molécule très difficile à casser. Et même si l'on y parvient, les résidus sont eux aussi toxiques. On assiste donc à une pollution chronique. On retrouve du chlordécone ou des dérivés dans les eaux des nappes phréatiques, dans les rivières, dans la terre. Il contamine les légumes qui poussent près du sol – haricots, tomates… –, le bétail, les poissons, et enfin la population.

    Des risques pour la population

    La toxicité du chlordécone est avérée chez l’homme. Par des expositions chroniques, il augmente le risque de cancer de la prostate et perturbe le développement des jeunes enfants. Cela est vérifié aujourd’hui par les données épidémiologiques aux Antilles françaises, en particulier pour le cancer de la prostate.

    L’impact sociétal est également important parce que les populations n’ont jamais été informées. Il n’y a pas eu de restitution des résultats d’études, et les médecins généralistes n’ont eu aucune formation.

    Les grands organismes de recherche publique que sont l’INRA, le Cirad, l’IRD, l’Inserm, travaillent sur le sujet depuis plusieurs années. Le diagnostic a donc été fait. Des expérimentations pour se débarrasser du chlordécone sont menées sur le terrain, mais il n’existe aujourd’hui aucun moyen réaliste pour séquestrer le pesticide dans le sol et l’empêcher de se diffuser, ni pour l’éliminer. En particulier parce que la surface polluée est immense. Ce qu’on peut faire sur quelques hectares est impossible à mettre en œuvre sur des milliers.

    Passer à l’action

    Le professeur Luc Multigner, de l’Inserm, est probablement l’un de ceux qui connaissent le mieux le dossier. Pour lui, il est temps de passer à l’action. Si l’on ne peut pas éliminer le pesticide, il faut vivre avec et s’en donner les moyens. Contrôler les denrées et les sols ne suffit pas, il faut modifier les pratiques agricoles, d’élevage et de pêche, pour limiter l’exposition au pesticide, mais les retombées seront énormes. Les gens devront se reconvertir. C’est long, c’est cher, et ça va donc nécessiter beaucoup d’argent. Et puis il va falloir aller à la rencontre des populations.

    Un colloque est prévu sur ce sujet à la Martinique fin octobre, avec deux jours de restitution au public. On verra alors si l’état veut agir, ou seulement communiquer.

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