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    Visé par une enquête en Chine, le président d’Interpol démissionne

    media Le président démissionnaire d'Interpol Meng Hongwei est porté disparu depuis le 25 septembre. Jeff Pachoud/Pool via Reuters

    L'organisation policière internationale Interpol a annoncé ce dimanche 7 octobre la démission « avec effet immédiat » de son président chinois Meng Hongwei, porté disparu depuis plus de dix jours et que Pékin soupçonne d'avoir « violé la loi ».

    C'est par un communiqué publié sur Twitter qu'Interpol a annoncé la démission de son président chinois. « Aujourd'hui, dimanche 7 octobre, le secrétariat général d'Interpol à Lyon, en France, a reçu la démission de M. Meng Hongwei, en tant que président d'Interpol, avec effet immédiat », a indiqué l'organisation policière internationale.

    Le mandat de Meng Hongwei, élu pour quatre ans, courait jusqu'en 2020. Il sera remplacé provisoirement par le Sud-Coréen Kim Jong-yang, vice-président du comité exécutif d'Interpol, jusqu'à la 87e assemblée générale de l'organisation (du 18 au 21 novembre à Dubaï) lors de laquelle sera organisée l'élection d'un nouveau président pour deux ans.

    Soupçons de corruption

    L'annonce est intervenue après celle de la Commission centrale d'inspection disciplinaire. Cette instance chargée de lutte contre la corruption des fonctionnaires y indiquait que Meng Hongwei était visé par une enquête dans son pays, soupçonné d'avoir « violé la loi et les règles du parti ». Des termes classiques employés dans les affaires de corruption visant les responsables communistes, rappelle notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde.

    Ce communiqué confirme sans le dire que le président d’Interpol a bien été interpellé à sa descente d’avion, à l’aéroport de Pékin, le 25 septembre dernier ; et qu’il est depuis interrogé par les agents de la commission de discipline du comité central. Selon le quotidien Hong-Kongais South China Morning Post, qui cite une source non identifiée, Meng Hongwei aurait en effet été pris en charge par les autorités chinoises. Le quotidien affirme qu’il aurait été « emmené » pour répondre à des questions des autorités « dès son atterrissage en Chine », pour des motifs encore flous.

    Mais pour l’instant impossible dans savoir plus, en dehors de la cascade de pouces levés et de smiley sous la dépêche de l’agence Xinhua diffusée sur le réseau Sina Weibo ce lundi. « Super, un tigre de plus sous les verrous ! » se félicite un internaute, une allusion au responsables du parti visés dans le cadre de la campagne de corruption lancée par le président Chinois Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir. Mais pour le reste, rien : les informations et les commentaires faisant allusion à cette affaire sont censurés sur le net chinois.

    Mystérieuse disparition

    Meng Hongwei, 64 ans, est porté disparu depuis fin septembre lorsqu'il a quitté le siège d'Interpol pour rejoindre la Chine. Son épouse, qui a fait part jeudi soir à la police française de la « disparition inquiétante » de son mari, dit ne plus avoir de nouvelles de lui depuis le 25 septembre lorsqu'il lui avait envoyé un message sur un réseau social indiquant : « attends mon appel ». S'en était suivi un second message comprenant seulement une émoticône traduisant une situation de danger, a raconté Grace Meng ce dimanche lors d'une conférence de presse à Lyon.

    Avant d'être élu fin 2016 à la tête d'Interpol, en remplacement de la Française Mireille Ballestrazzi, Meng Hongwei exerçait en Chine comme vice-ministre de la Sécurité publique. Mais depuis plusieurs mois déjà, il n’était plus en odeur de sainteté au sein du Parti communiste chinois. Il avait perdu sa place au sein du puissant comité du parti chargé de superviser son ministère. Le début de la fin dans un système où les responsables communistes sont jugés hors du cadre judiciaire classique.

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