GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Samedi 17 Novembre
Dimanche 18 Novembre
Lundi 19 Novembre
Mardi 20 Novembre
Aujourd'hui
Jeudi 22 Novembre
Vendredi 23 Novembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Urgent
    Japon: Carlos Ghosn maintenu en détention pendant dix jours selon l'agence de presse japonaise Kyodo
    Europe

    Elections en Bavière: quels enseignements au niveau national?

    media Une électrice bavaroise et sa fille dans l'isoloire d'un bureau de vote de Neudiberg, en Allemagne, le 14 octobre (illustration). REUTERS/Michaela Rehle

    L'Union chrétienne sociale (CSU), alliée bavaroise de la CDU d'Angela Merkel, a subi dimanche son plus grave revers électoral depuis 1950 lors d'élections régionales dont le résultat, favorable à l'extrême droite et aux Verts, pourrait attiser les tensions au sein de la Coalition au pouvoir à Berlin. La CSU a obtenu 35,6% des voix, selon des résultats provisoires. Elle perdrait ainsi sa majorité absolue pour la deuxième fois seulement depuis 1962, ce qui risque de semer la discorde au sein d'un parti qui était déjà un partenaire difficile pour la chancelière. On se souvient de la grave crise gouvernementale en juin dernier entre la chancelière et son ministre de l’Intérieur, le Bavarois Horst Seehofer qui contestait sa politique migratoire. Les Verts, qui doublent leur score, arrivent eux en deuxième position avec 18,3%, suivis d'Alternative pour l'Allemagne (AfD), parti d'extrême droite qui fait son entrée au Parlement régional avec 10,9% des voix. Eclairages sur l’impact national de ce scrutin régional avec Isabelle Bourgeois, spécialiste de l’Allemagne, et animatrice du site Tandem Europe.

    RFI: Ce fort recul de la CSU, vous l’analysez comme une contestation de la stratégie « à droite toute » du chef de file de la CSU en Bavière Markus Söder et du président du parti et ministre de l’Intérieur Horst Seehofer et/ou comme un nouveau signe de l’affaiblissement général des Volksparteien, les grands partis qui depuis la Seconde Guerre mondiale dominaient la vie politique allemande ?

    Isabelle Bourgeois: Les grands partis, tels qu’on les connaissait depuis le sortir de la guerre, n’ont plus vraiment leur place aujourd’hui face à un électorat qui lui est devenu beaucoup plus volatile, qui cherche à trouver d’autres propositions - des propositions plus variées -, et ne se reconnaît plus dans les grands partis. Cela dit, les grands partis, notamment l’Union, c’est-à-dire CDU ou plus la CSU bavaroise et le SPD, se sont eux-mêmes perdus et sont en train de chercher une nouvelle identité. A force d’être trop souvent contraints de travailler ensemble au sein d’une grande coalition, ils se sont trop rapprochés et ont un peu perdu leurs identités respectives. Tout cela fait que les partis se multiplient en Allemagne. On peut dire en ce sens qu’il s’agit d’une normalisation du paysage politique allemand, tel qu’on peut l’observer un peu partout en Europe.

    Pour l’instant Horst Seehofer fait figure de bouc émissaire, mais il n’est pas seul fautif, si l’on peut dire, puisque Markus Söder, le ministre président actuel, donc le chef du gouvernement de la Bavière, a tenu un cap un petit peu trop démagogique ces derniers temps et qui ne correspond plus du tout à ce que désiraient les Bavarois, ou plus exactement, il n’a pas pris en compte, il n’a pas compris que la population bavaroise a totalement changé ces dernières décennies. Beaucoup d’Allemands ont immigré en Bavière - des Allemands d’autres régions -, qui ont immigré en Bavière, attirés par la forte attractivité du territoire. Vous avez des emplois extrêmement attrayants pour un personnel hautement qualifié et vous avez tout ce que l’on appelle des soft skills [des atouts, NDLR], comme le tourisme, l'attrait des Alpes, etc. Donc, la population a changé et elle n’a plus les racines profondément ancrées dans la culture et la tradition de la Bavière, telles qu’elles existaient au préalable. Donc il y a une partie de la base de la CSU qui a disparu de ce fait.

    L’autorité politique d’Angela Merkel est déjà largement entamée. Dans quelle mesure ce résultat électoral lui porte t-il un nouveau coup ?

    Ce qui est affaibli, c’est l’Union CDU-CSU au sein de la coalition fédérale. Mais on oublie généralement, quand on dit cela, la faible posture du SPD. Ils font bien triste figure ! Le parti social-démocrate est le grand perdant de toutes ces élections. Regardez son score en Bavière. Il est en 4ème position. Dans tous les sondages il est à 13 %. Ce n’est pas du tout le grand parti. Donc, c’est les deux bouts de la grande coalition fédérale qui s’émiettent sur les bords en ce moment.

    Donc, d’une certaine manière, l’assise politique de la coalition s’est rétrécie ?

    Elle s’est rétrécie. [Mais] On ne peut pas dire qu’Angela Merkel en tant que telle soit affaiblie… C’est son dernier mandat, oui. Il y a encore en décembre le grand congrès du parti CDU où va se jouer pas mal de choses. Et puis, vous savez, la leçon de cette élection en Bavière, c’est surtout un appel du pied des électeurs bavarois au gouvernement fédéral. Ils ont dit : Arrêtez de vous chamailler, mettez-vous enfin, à faire votre travail de gouvernement !

    Un mot sur le résultat des écologistes. Contrairement à 2013, la dynamique enregistrée dans les sondages s’est bien confirmée dans les urnes. Pourquoi ce succès ?

    Les écologistes allemands n’ont rien à voir avec leurs homologues français. Ce sont majoritairement des libéraux. Des libéraux qui ont pour base électorale un public «bobo». Celui qu’on trouve justement dans les villes et même maintenant dans la périphérie des centres urbains, là où sont installés ceux qui sont hautement qualifiés, qui fuient la ville puisque la flambée des prix immobiliers a abouti à ce qu’on appellerait une « gentrification » de la ville. C’est-à-dire un resserrement sur une tranche sociologique seulement sur les CSP [catégories socio-professionnelles élevées, NDLR].

    Ils ont piqué - si on peut dire -, beaucoup d’électeurs au SPD qui, lui, a complètement perdu de vue son électorat, qui n’a jamais été implanté en Bavière autrement que dans les villes, et encore, avec difficultés. Et les Verts apportent cette réponse libérale dont a besoin une population un peu cosmopolite qui navigue dans le monde, et qui est très éclairée et très qualifiée.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.