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    France

    Les Occidentaux ont bien du mal à se passer des ventes d'armes à Riyad

    media Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salman, et le président français Emmanuel Macron, le 10 avril 2018 à Paris. Yoan Valat/Pool via Reuters/File Photo

    Emmanuel Macron se rend ce mardi 23 octobre 2018 au salon Euronaval, au Bourget, près de Paris. Un salon principalement dédié à l'armement, et qui fête ses 50 ans cette année. Le secteur naval de la défense se porte bien, avec un chiffre d'affaires cumulé de 45 milliards d'euros dans le monde entier. Mais ce salon se déroule dans un contexte particulier, alors que les ventes d'armes vers l'Arabie saoudite commencent à être dénoncées par plusieurs pays occidentaux.

    Donald Trump prend de plus en plus ses distances avec l'Arabie saoudite. Même si le président semble toujours vouloir protéger les intérêts économiques américains dans le pays, ainsi que sa stratégie géopolitique dans la région, il lui est de plus en plus difficile de ne pas prendre franchement position. Lundi, il a déclaré être « insatisfait » des explications fournies par Riyad sur la mort du journaliste Salman Khashoggi dans un consulat d'Istambul le 2 octobre dernier.

    Le numéro un américain prend des précautions, attendant désormais les rapports de ses services de renseignement plutôt que de se fier aux explications de Riyad : « Nous saurons très bientôt. Nous avons sur place des gens extrêmement talentueux qui font très bien ce travail. Ils reviennent ce soir ou demain, alors je le saurai très bientôt. Car je ne suis pas satisfait de ce que j'ai entendu », a-t-il lancé depuis les jardins de la Maison Blanche.

    Reste que M. Trump a répété dans la foulée qu'il ne comptait pas pour autant renoncer au 450 milliards de dollars de contrats en cours avec l'Arabie saoudite. Car c'est le nœud du problème : les Etats-Unis peuvent-ils sacrifier leur relation privilégiée ce pays ? Le gendre du président des Etats-Unis, Jared Kushner, en charge de la stratégie américaine au Moyen-Orient, a précisément déclaré lundi qu'il « devait rester concentré sur ce qui était le meilleur pour les Américains ».

    M. Kushner dit avoir conseillé au prince héritier saoudien d'être « transparent » sur la mort du journaliste dissident. Problème : Mohammed ben Salman est soupçonné d'être impliqué. La vérité pourrait donc être difficile à cautionner, et les Américains cherchent à maintenir le lien. Le secrétaire au Trésor était à Riyad lundi. Or, si Steven Mnuchin a annoncé qu'il ne participerait pas au Sommet économique saoudien, il a discrètement rencontré « MBS ».

    Officiellement, les discussions entre le ministre américain des Finances et l'actuel homme fort de Riyad, tout-puissant fils du roi Salman d'Arabie saoudite, ont porté sur le partenariat stratégique et économique entre les deux pays, relate notre correspondant à Washington, Grégoire Pourtier. Reste que cette rencontre illustre toute la difficulté qu'éprouve Washington face à cette situation, alors que l'administration Trump compte beaucoup sur Riyad dans la région.

    Une affaire délicate pour le président français Emmanuel Macron

    A Paris aussi, le salon Euronaval, qui ouvre ses portes ce mardi, vient le rappeler : il n'est pas facile pour les Européens non plus de se passer des ventes d'armes vers l'Arabie saoudite. Riyad est un bon client de l'industrie européenne de défense. Selon l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), la référence en la matière, quelque 57 milliards d'euros d'armement ont été exportés vers le royaume saoudien ces 14 dernières années.

    En septembre, déjà, l'Espagne a dû renoncer à annuler une vente de 400 bombes guidées laser commandées par ce pays. Madrid a eu peur de voir une crise diplomatique avec Riyad déboucher sur l'annulation d'une commande de cinq corvettes fabriquées par le constructeur national Navantia à Cadix dans le sud du pays. En jeu : 1,8 milliard d'euros d'investissements dans une région durement touchée par le chômage.

    En France, c'est à Cherbourg que l'inquiétude pointe. Les Constructions mécaniques de Normandie (CMN) attendent l'entrée d'un contrat de 550 millions d'euros pour la livraison à l'Arabie saoudite de 39 petites vedettes rapides auxquelles doivent en principe s'ajouter trois patrouilleurs de 56 mètres destinés à l'origine au Liban sous financement saoudien (contrat DONAS), mais qui pourraient finalement se retrouver dans la marine saoudienne.

    Alors que le ministre allemand de l'Economie, Peter Altmaier, appelle tous les pays européens à ne plus autoriser les ventes d'armes vers Riyad, le dossier est sensible pour le président Macron, qui visite le salon Euronaval ce mardi (voir encadré). Certes, il y a quelques années, le président Hollande avait annulé la vente de deux navires de guerre Mistral à la Russie. Mais depuis les années 1970, la position française veut que les contrats déjà signés soient honorés. Ce fut le cas pendant la guerre Iran-Irak, ou pour la Libye dans les années 1980.

    La conférence Future Investment Initiative s'ouvre elle aussi ce mardi à Riyad. Ce grand rassemblement de financiers internationaux avait suscité l'enthousiasme l'an passé. MBS avait présenté sa vision d'une Arabie saoudite moderne et sa volonté de diversifier son économie, dépendante du pétrole. Mais cette année, les invités font défection les uns après les autres : outre M. Mnuchin, la directrice du FMI Christine Lagarde a décliné, comme le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire et une ribambelle de patrons du monde entier, dont Siemens.

    Il est évident que les Saoudiens doivent sauver la face. Donc je pense que là, en ce moment en coulisse, il y a un énorme travail pour essayer d'assurer malgré tout la présence d'un certain nombre de gens importants

    Dorothée Schmid, chercheuse à l'Institut français des relations internationales (Ifri) en charge du Moyen-Orient, explique que le «Davos du désert» n'aura pas autant de succès cette année 23/10/2018 - par David Baché Écouter

    ► À relire : Dans l'affaire Khashoggi, le scepticisme de la communauté internationale

    La visite d'un président de la République sur le salon Euronaval, ce n'est pas si courant que ça. Ce mardi, Emmanuel Macron ira à la rencontre des petites et moyennes entreprises, et des entreprises de taille intermédiaire. Il mettra l'accent sur l'innovation et l'exellence des entreprises françaises du secteur, 42 000 emplois directs et un chiffre d'affaires annuel de 9 milliards et demi d'euros (qui pourrait passer à 12 milliards en 2020).

    On devrait en reparler durant ce salon, la loi de programmation militaire 2019-2025 n'a pas oublié la marine, avec le renouvellement annoncé de ses patrouilleurs, l'arrivée de deux nouveaux pétroliers ravitailleurs d'ici la fin de la LPM, ainsi que le lancement des premières études en vue du développement d'un nouveau porte-avion. Le tout dernier sous-marin d'attaque français, le Suffren, est quant à lui attendu pour 2020 avec trois ans de retard.

    Les Européens face à la concurrence internationale

    Autre dossier, la consolidation des industries européennes de défense. C'est le fameux projet d'alliance entre le Français Naval Group et l'Italien Finacantieri. Dans le secteur naval, comme ailleurs, les constructeurs européens n'ont pas le choix, ils doivent trouver des marchés à l'exportation, car les commandes nationales ne suffisent pas à faire vivre ces industries et la concurence est rude : Chine, Corée du Sud, Singapour, Turquie, Ukraine.

    Une solution est donc de faire emerger un champion européen dans le secteur, un peu comme Airbus dans l'aéronautique. D'où le fameur projet d'alliance franco-italien. Mais après les changements politiques en italie, Paris et Rome ont décidé de « réduire un peu la voilure ». On évoque à présent la création d'une co-entrerprise, mais sans passer par des participations croisées, en clair une interdépendance beaucoup moins poussée que dans le projet original.

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