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    France: tout le monde n’est pas favorable au maintien de l’heure d’été

    media L'abrogation du changement d'heure va obliger les pays de l'UE à faire des choix. AFP PHOTO / LIONEL BONAVENTURE

    Alors que la France passe peut-être à l’heure d’hiver pour la dernière fois, des voix s’élèvent pour qu’elle garde cet horaire une bonne fois pour toutes l’an prochain. Même s’il semble qu’une majorité de Français préférerait conserver l’heure d’été après l’abrogation du changement d’heure dans l'UE en 2019, des personnalités comme le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, sont d’un avis contraire.

    Cela s’est fait fin août dernier, un peu à la sauvette : une consultation publique sur internet émanant de la Commission européenne qui demandait aux citoyens de l’Union s’ils étaient pour la suppression du changement d’heure et si, dans ce cas, ils préféraient garder l’heure d’hiver ou l’heure d’été sur leur territoire.

    Rappel : depuis 1976, dans l’Union européenne, on rallonge les soirées d’une heure du printemps à automne, avant de reculer les aiguilles d’une heure six mois plus tard, ce qui fait tomber la nuit une heure plus tôt.

    La consultation a eu des airs de plébiscite : 84% des votants se sont prononcés en faveur de la suppression du changement d’heure et 80% en faveur du maintien de l’heure d’été toute l’année. Seul bémol, mais de taille : seulement 4,6 millions de personnes ont voté, deux tiers des votes provenant même d’Allemagne, ce qui décrédibilise quand même un peu ce « référendum », sachant que l’Union européenne compte plus de 500 millions d’habitants.

    Quoi qu’il en soit, c’est cet argument qui a incité le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à déclarer à la chaîne allemande ZDF, le 31 août dernier, que le changement d’heure allait effectivement être aboli et qu’il prônait pour sa part le maintien à l’heure d’été en permanence. Par 384 voix pour, 153 voix contre et 12 abstentions, le Parlement européen avait déjà adopté, le 8 février dernier, une résolution visant à mettre fin au changement d’heure. Depuis, Bruxelles a fait savoir aux pays de l’Union qu’ils avaient jusqu’à fin mars 2019 pour décider s’ils gardaient l’heure d’été ou l’heure d’hiver, une décision qui sera définitive mais propre à chaque pays.

    En clair, dans l’absolu, la Belgique pourrait décider de rester à l’heure d’été à partir de l’année prochaine et les Pays-Bas voisins opter pour le maintien à l’heure d’hiver.

    Les Français préfèrent l’heure d’été

    Jean-Claude Juncker est un fervent avocat du maintien de l'heure d'été. FREDERICK FLORIN / AFP

    En ce qui concerne l’Hexagone, une majorité de Français serait favorable au maintien à l’heure d’été à partir du prochain changement d’heure qui se produira le dimanche 31 mars à 2h00 du matin et pourrait donc être le dernier changement d’heure semestriel. C’est du moins ce que démontre un sondage BVA-Orange réalisé le 14 septembre auprès d’un échantillon représentatif de la population française de 1026 personnes âgées de 18 ans et plus : 67% s’y déclaraient « plutôt opposés » au changement d’heure semestriel et 70% déclaraient « préférer » l’heure d’été, contre 28% qui « préféraient » l’heure d’hiver alors que 2% ne se prononçaient pas.

    Si le gouvernement n’a pas encore fait savoir quelle serait sa décision, le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, a déclaré vendredi sur France 2 qu’il était favorable à l’idée de « réduire l’écart » avec l’heure naturelle du soleil, autrement dit qu’il était favorable au maintien de l’heure d'hiver toute l’année.

    « Il faut discuter pour voir les effets concrets sur la vie quotidienne et sur les dépenses d’énergie » s’est empressé d’ajouter le ministre sur ce sujet ultrasensible qui concerne chaque Français et donc chaque électeur. Sur la vie quotidienne, on le lira plus loin, les effets sont variés mais sur les dépenses d’énergie, il est acquis que l’impact sera pratiquement nul. Si elle avait été instaurée en France dans le but de limiter l’éclairage artificiel après le premier choc pétrolier, l’heure d’été – qui est en avance de 2 heures en France par rapport à l’heure solaire – ne permet désormais que des économies d’énergies très modestes. En 2010, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie les avait chiffrées à 440 GWh, soit l’équivalent de la consommation en éclairage de 800 000 ménages.

    Une chose est pratiquement acquise, François de Rugy aura les agriculteurs derrière lui si le gouvernement décide de garder l’heure d’hiver l’année prochaine, un monde rural qui aime vivre au rythme de la nature. « Durant les moissons, en plein été, on a un décalage de deux heures avec l'heure solaire. Du coup on démarre plutôt tard et on est obligé parfois de finir de nuit », a ainsi déclaré à l’Agence France-Presse, Luc Smessaert, membre de la commission changement climatique à la FNSEA.

    Du côté du transport aérien en revanche, c’est déjà la panique, quelle que soit d’ailleurs la décision en faveur de l’heure d’été ou de l’heure d’hiver. Car ce qui inquiète les compagnies aériennes, c’est d’une part la discordance d’heure entre pays européens que pourrait survenir l’an prochain mais aussi le manque de visibilité auquel elles doivent d’ores et déjà faire face, sachant que les vols sont établis de longue date et programmés douze et parfois même dix-huit mois à l’avance.

    L’heure d’hiver possède des avantages

    François de Rugy, ici avec Emmanuel Macron, a laissé entendre qu'il préfèrerait que la France adopte l'heure d'hiver. REUTERS/Philippe Wojazer/File Photo

    Selon l’Association du transport aérien international (IATA), ce sont des milliers de vols qui sont concernés et qui pourraient être annulés car tout changement doit faire l’objet d’une demande de créneau horaire dans les aéroports du monde les plus fréquentés. Si les transporteurs aériens s’arrachent les cheveux en pensant aux mois qui viennent, certaines associations militent depuis déjà un certain temps pour l’abrogation du changement d’heure et le retour à l’heure d’hiver toute l’année. C’est le cas de l’ACHED, l’Association Contre l’Heure d’Été Double, dont nous avons joint samedi la porte-parole, Laetitia Moreau-Gabarain, au téléphone.

    Elle déplore que le public soit, selon elle, très mal informé sur le sujet. « Les sondages, les consultations, sont un peu biaisés, s’agace-t-elle. On demande aux gens ce qu’ils préfèrent sans montrer les études qui prouvent le bienfait de rester à l’heure d’hiver. Toutes ces affirmations disant que les citadins sont pour l’heure d’été et le monde rural pour l’hiver, à force de les répéter, les gens y croient mais ce n’est pas forcément vrai », estime-t-elle. « Par exemple, reprend-elle, on ne dit pas aux gens que la meilleure lumière, c’est celle du matin. On ne leur dit pas que l’heure d’été les rend malades. Si on garde l’heure d’été, on aura l’heure solaire de Kiev à nos montres ! Or, le matin, on a besoin de lumière. Si au cœur de l’hiver il fait encore nuit à Brest à 9h45, on n’a pas la lumière qu’il nous faut pour ajuster nos horloges biologiques. C’est très mauvais pour le sommeil, très mauvais pour l’horloge interne ».

    Laetitia Moreau-Gabarain s’appuie sur deux textes datant de moins de vingt ans pour défendre sa position : la recommandation 1432 du Conseil de l'Europe publiée en 1999 qui stipule que l’alignement de la Belgique, de l’Espagne, de la France, du Luxembourg et des Pays-Bas « crée pour la population de ces pays des situations d’inégalité en termes de pollution et de confort de vie » et une résolution du Sénat français datant du 3 janvier 2001 qui préconisait de s’opposer au dispositif d’heure d’été au-delà de 2001 et de ne garder pour la France que l’heure GM + 1 toute l’année.

    Les partisans du maintien à l’heure d’hiver aimeraient que la France s’inspire du Portugal qui a fait machine arrière il y a déjà deux décennies. En 1992, ce pays – qui est en ce moment à la même heure que Londres (GMT en hiver, GMT + 1 en été) – avait décidé de passer à l’heure continentale, pour s’ajuster avec l’Espagne. Les résultats avaient été catastrophiques en milieu scolaire : au printemps et en été, il faisait jour si tard que les écoliers portugais ne se couchaient plus. Face à la dégradation des résultats scolaires, le Portugal était revenu à l’heure GMT dès 1996.

    (Avec AFP)

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