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    Automobile: Carlos Ghosn arrêté à Tokyo sur des soupçons de malversations

    media Carlos Ghosn va faire face à la justice japonaise. REUTERS/Regis Duvignau/File Photo

    Carlos Ghosn, vénéré au Japon pour avoir sauvé Nissan de la faillite, a été arrêté lundi à Tokyo sur des soupçons de malversations après une enquête interne du constructeur d'automobiles, qui veut le démettre de son poste au plus vite.

    La nouvelle est tombée en fin d'après-midi lundi à Tokyo: les médias ont un à un annoncé que le PDG de Renault, qui dirige en outre les conseils d'administration de Nissan et Mitsubishi Motors, était entendu par le parquet de Tokyo, puis a été arrêté, soupçonné d'avoir dissimulé des revenus au fisc.

    Peu après, la confirmation est tombée avec des détails accablants pour le Franco-libano-brésilien de 64 ans. A la Bourse de Paris, le titre de Renault s'effondrait alors de plus de 12%. La place tokyoïte était elle fermée quand les premières rumeurs sont apparues.

    Le salaire de Carlos Ghosn a toujours fait polémique, au moins 9 millions d'euros par an, rien qu'au Japon. En l'occurrence, selon la presse de Tokyo, ce sont les revenus liés aux achats et aux ventes d'action que Carlos Ghosn aurait minorées. Des centaines de milliers d'euros cachés au fisc. Celui qui est, ou qui était jusque-là une idole sur l'archipel, surnommé « le samouraï » pour avoir sauvé Nissan de la faillite, aurait immédiatement accepté de collaborer avec la justice.

    Fragilisé chez Renault

    La direction de Nissan, dont le siège aurait été perquisitionné, a tout aussi immédiatement organisé une conférence de presse. Carlos Ghosn « a pendant de nombreuses années déclaré des revenus inférieurs au montant réel », a affirmé le directeur exécutif du constructeur japonais Hiroto Saikawa, selon les résultats d'une enquête interne menée sur la base du rapport d'un lanceur d'alerte.

    Nissan va même au-delà des accusations portées par la justice japonaise en affirmant que Carlos Ghosn aurait commis plusieurs autres actes graves, et utilisé de l'argent de la société à des fins personnelles. Les choses vont vite. Le constructeur japonais va proposer le départ de l'industriel né au Brésil, d'origine libanaise et de nationalité française. Dès jeudi en effet, le conseil d'administration du constructeur japonais se réunira au siège à Yokohama, dans la banlieue de Tokyo pour se prononcer sur le limogeage de son président.

    La chute ?

    Ces révélations vont-elles précipiter la chute de Carlos Ghosn, déjà très critiqué en France chez Renault ? Les syndicats l'accusent d'avoir fragilisé l'entreprise en faisant de plus en plus appel à des moyens externes, en misant beaucoup sur les pays émergents, comme l'Inde ou la Roumanie.

    Critiqué pour son énorme salaire négocié avec l'Etat, critiqué pour le climat au sein de l'entreprise, une forme d'omerta,  il avait réussi à se faire reconduire pour un nouveau mandat au printemps dernier, grâce aux bons résultats du groupe, mais aussi en acceptant d'être escorté d'un numéro deux, Thierry Bolloré.

    Le bâtisseur de l'empire automobile, qui a réussi à supplanter Toyota et Volkswagen en nombre de voitures vendues dans le monde, près de 11 millions en 2017, surtout grâce à Nissan, n'est pas indétrônable. En l'absence de successeur désigné, reste l'avenir du groupe Renault lui-même, après cet improbable rebondissement. Chaque entreprise prendra ses propres décisions, a dit le directeur de Nissan, qui promet de défendre l'alliance avec Renault. Le constructeur français réunira au plus vite son conseil d'administration, avec l'Etat français actionnaire, et aura certainement beaucoup de questions à poser.

    Mitsubishi Motors veut aussi démettre Carlos Ghosn de son titre de président de conseil d'administration. Une enquête interne est lancée.

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