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    France: la crise des «gilets jaunes» exacerbe le malaise de la police

    media A peine débarqué de l'avion qui le ramenait de Buenos Aires, le président s'est rendu sur les Champs-Elysées et place de l'Etoile pour constater les dégâts des manifestations des gilets jaunes du 1er décembre 2018. Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP

    La crise des « gilets jaunes » et les affrontements qui ont opposé manifestants et forces de l'ordre, en particulier samedi 1er décembre, exacerbent le malaise des forces de sécurité. Ce lundi, les syndicats policiers ont demandé à être reçus par le chef de l'Etat. Les policiers, déjà fortement sollicités depuis les attentats de 2015 et les différents mouvements sociaux, sont au bord de la rupture selon leurs organisations syndicales dont certaines ont réclamé l'instauration de l'état d'urgence ce week-end.

    Etre reçu à l'Elysée avant qu'il ne soit trop tard. Voilà le message porté par les syndicats de policiers ce lundi. Ils se disent à bout de nerfs. Yves Lefèbvre, responsable national du syndicat Unité SGP Police-Force ouvrière est inquiet : « Il va bien falloir à un moment donné que le président de la République comprenne que nous, policiers, n’en pouvons plus. Si on a un autre cas de casse comme samedi, je crains qu’il y ait des morts ». La crainte des forces de l'ordre est de voir le mouvement échapper à tout contrôle notamment si les lycées et les étudiants se joignent à la contestation.

    Les syndicats policiers veulent demander au chef de l'Etat qu'il organise mieux le dispositif policier.

    Plusieurs de ces organisations syndicales dont Alliance, Synergie officiers ou encore le Syndicat des commissaires de la police nationale avaient tiré la sonnette d'alarme ce week-end sur le climat de violence et les conditions de travail, certains appelant même à l'instauration de l'état d'urgence pour faire face à une situation qualifiée d'« insurrectionnelle ».

    Pour Nicole Belloubet, garde des Sceaux «Il y a d'autres solutions que le rétablissement de l'état d'urgence, nous n'en sommes pas encore là» 03/12/2018 - par RFI Écouter

    Interrogé sur RFI, David Le Bars, du syndicat des commissaires de police, se déclarait aussi favorable à l'état d'urgence, un « signal aux forces de sécurité pour s’organiser et pour développer l’attirail juridique en amont ».

    Un état d'urgence écarté par le gouvernement qui a engagé dimanche une riposte politique avec les rendez-vous à Matignon des différents chefs de partis. Laurent Nunez, secrétaire d'Etat à l'Intérieur, a de nouveau écarté l'éventualité du retour de l'état d'urgence ce lundi matin. C'« est une option parmi d'autres, mais la question pour l'instant n'est pas à l'ordre du jour, on examine l'ensemble des mesures », a déclaré M. Nuñez, interrogé sur RTL.

    « Les policiers refusent de servir de chair à canon à cause de stratégies attentistes qui ne font qu'enhardir les ennemis de la République », assure pour sa part Synergie officiers, mettant en cause la gestion de la sécurité par le gouvernement.

    Manque d'effectifs, de moyens, suicides, les policiers eux aussi ont des raisons d'être mécontents, un peu à l'image des gilets jaunes. Pourtant même si certains se considèrent comme « gilets jaunes », tous continuent à obéir aux ordres et font leur travail de la même manière que dans d'autres manifestations.

    « Les policiers sont avant tout des citoyens, des policiers certes, mais des citoyens. Fils de citoyens, frères de citoyens, sœurs de citoyens etc…, explique sur RFI Gérald Rivière de l'Union des policiers nationaux indépendants (UPNI). Donc on peut comprendre, après on est pas là non plus nous pour nous poser des questions: nous sommes une police républicaine et qui est là pour faire face aux ordres... il y arrive un moment où il va bien falloir que les politiques répondent aux questions et se posent les bonnes questions déjà, et puis y répondent. Un policier n’a pas de parti pris, le policier fait ce qu’on lui demande, le tout c’est d’être déjà bien géré, et avoir des ordres et avec des gens qui soient à la hauteur au niveau des ordres, et ça, c’est loin d’être le cas. »

    Saluer les policiers : un geste insuffisant

    Dimanche, le chef de l'Etat est allé saluer les policiers, place de l'Etoile. Un geste insuffisant selon Gérald Rivière : le problème, c'est le manque d'effectifs et de considération envers les forces de l’ordre.

    « C’est bien gentil de venir serrer la main aux policiers, rapidement, vite fait bien fait. Je pense que le président devrait s’estimer heureux qu’il n’y ait pas eu comme avec les pompiers, c’est-à-dire des policiers qui lui tournent le dos, c’est-à-dire qu’ils font le boulot, ils font le job les policiers, mais normalement il aurait mérité qu’on lui tourne le dos. C’est trop facile de venir nous serrer la main une fois qu’on a besoin de nous...»

    Interrogé sur RFI dimanche, Philippe Capon, le secrétaire général du syndicat Unsa Police, dénonçait le «bilan catastrophique des manifestations» et réclamait aussi une autre gestion de la sécurité. « Saluer les forces de l'ordre, c'est une chose, déclarait Philippe Capon en faisant référence à la visite du président sur les Champs-Elysées, mais gérer autrement les forces de l'ordre c'est une chose importante : on a frôlé la mort du côté des policiers tellement les agressions étaient violentes à leur encontre ».

    D'autres syndicats, comme Alternative police, déclarent eux refuser « toute escalade sécuritaire ». « L'instauration de l'état d'urgence n'est pas la bonne solution», selon cette organisation proche de la CFDT qui craint qu'elle soit « interprétée comme un moyen détourné d'empêcher l'expression populaire des mouvements gilets jaunes. »

    Un malaise récurrent dans la police

    En juillet dernier était remis au Sénat un rapport alarmiste sur le moral des policiers. Commandé après une vague de suicides, le rapport de la commission d'enquête parlementaire pointait le « malaise général », la « perte de sens » ressentis par les policiers. Pour les sénateurs François Grosdidier (LR) et Michel Boutant (PS), les forces de sécurité intérieure « traversent incontestablement une véritable crise qui met en péril le bon fonctionnement du service public de sécurité ».

    « On parle de suicide dans la police, du nombre de suicides dans la police, quand est-ce qu’il a eu un mot là-dessus ? Quand est-ce qu’il a pris en considération ce genre de problème ? Quand est-ce qu’il prend en considération les demandes des policiers sur les effectifs, sur le matériel, interrogeait encore sur nos antennes Gérald Rivière de l'Union des policiers nationaux indépendants. Vous vous rendez compte qu’on est en train de pleurer, les policiers sont en train de pleurer pour s’entraîner, pour avoir du matériel et pour avoir des effectifs. Et là, subitement, on considère la police ? »

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