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    France

    «Gilets jaunes»: le gouvernement recule, la colère persiste

    media Rassemblement des «gilets jaunes» près de l'Arc de Triomphe à Paris le 1er décembre. AFP

    Englué dans la crise déclenchée par le mouvement inédit des « gilets jaunes », le gouvernement français a reculé mardi en annonçant la suspension d'une hausse contestée des taxes sur les carburants pour « ramener l'apaisement », mais sans convaincre de nombreux protestataires.

    Depuis les scènes de guérilla urbaine samedi dernier à Paris, qui ont fait le tour du monde, le gouvernement est engagé dans une course contre la montre afin de tenter de juguler la fronde des « gilets jaunes » contre sa politique sociale et fiscale et d'éviter de nouveaux heurts. Quatre personnes sont mortes et des centaines ont été blessées depuis le début des manifestations le 17 novembre.

    Après avoir consulté syndicats et responsables politiques, Edouard Philippe a décliné mardi un train de mesures censées « ramener l'apaisement et la sérénité dans le pays » : un moratoire de six mois sur la hausse des taxes sur les carburants, un gel des tarifs du gaz et de l'électricité cet hiver et aucun durcissement du contrôle technique des voitures avant l'été.

    Ces mesures devraient entraîner un manque à gagner de près de deux milliards d'euros pour les finances publiques mais « le cap de la réduction de la dette sera tenu », a assuré le ministre des Finances Bruno Le Maire, soucieux de rassurer les partenaires européens de la France.

    Pour les analystes, ces annonces marquent un premier recul pour Emmanuel Macron qui, depuis le début de son mandat en mai 2017, s'était fait fort de ne pas céder à la rue. Mais le président, critiqué pour sa politique économique jugée trop favorable aux plus aisés, est affaibli : sa cote de confiance a plongé de six points à 23%, un nouveau plus bas, selon un sondage.

    Macron hué lors d'une visite surprise

    Emmanuel Macron, qui n'a pas prévu de s'exprimer dans l'immédiat, a encore été conspué par la foule mardi au moment où il effectuait une visite surprise dans la préfecture du Puy-en-Velay dans l'est de la France, qui avait été incendiée samedi après un rassemblement de « gilets jaunes ».

    Après avoir tardé à prendre la mesure de la profonde colère populaire, l'exécutif a eu toutes les difficultés à ouvrir le dialogue avec les « gilets jaunes », un mouvement atypique, né des réseaux sociaux, sans leader ni structures.

    Les annonces du gouvernement pourraient ne pas suffire à calmer la colère des contestataires - qui annoncent une nouvelle manifestation pour samedi - tandis que des dizaines de lycées sont à leur tour gagnés par un mouvement de fronde ces derniers jours.

    Si deux blocages de dépôts pétroliers ont été levés, à Brest et Lorient (ouest), par des manifestants jugeant « satisfaisantes » les concessions de l'exécutif, de nombreux autres demeurent. Benjamin Cauchy, une des figures du mouvement « gilets jaunes », a salué une « première étape » avec le moratoire. Mais « les Français ne veulent pas des miettes, ils veulent la baguette au complet », a-t-il déclaré.

    Les syndicats ont en revanche bien accueilli les annonces du gouvernement, à condition que ce dernier s'engage « dans un dialogue sincère » dans lequel les centrales comptent notamment parler des salaires. Satisfaction aussi du côté des organisations patronales qui ont appelé les manifestants à « lever les blocages » afin que les entreprises puissent « retrouver une activité normale ».

    De son côté, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a appelé les « gilets jaunes raisonnables » à renoncer à un nouveau rassemblement parisien samedi, promettant de mobiliser des renforts policiers en nombre si la manifestation avait lieu. Rien ne dit s'il sera entendu, alors que l'un des membres les plus connus du mouvement, Eric Drouet, a appelé à « retourner à Paris (...) près des lieux de pouvoir ». « Nous serons encore plus nombreux », a-t-il assuré.

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