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    «Nous souhaitons que les autorités iraniennes se montrent transparentes dans ce dossier et agissent sans délai pour mettre fin à cette situation inacceptable», a déclaré Agnès Von Der Mühll, porte-parole du Quai d'Orsay, lors d'un point de presse électronique ce mercredi après la révélation dans la presse de cette arrestation, survenue en juin dernier. Roland Marchal, chercheur à l'Institut d'études politiques, est un collègue de Fariba Adelkhah, une Franco-Iranienne directrice de recherche au centre de recherches internationales de Sciences Po à Paris. Tous deux devaient se retrouver en Iran et ont été arrêtés au printemps par les Gardiens de la révolution islamique, lesquels évoquent des soupçons d'espionnage.

    Culture

    Chartreuse: le mystère demeure au fond du verre

    media Jaune ou verte ? La Chartreuse c'est à la couleur qu'on la choisit... ® Thomas Bourdeau / RFI

    La Chartreuse est sans doute la boisson d’abbaye la plus célèbre au monde. On parle même d'élixir, pour la version médicinale d’une recette inchangée et conservée jalousement par les moines depuis quatre siècles. Un très vieux produit certes, mais qui reprend étonnamment du lustre et se retrouve en cocktail star des bars branchés américains. La Chartreuse, c’est comme un grand paradoxe, ça commence par un moment de silence puis viennent les émotions en bouche… Suivons les guides !

    La liqueur des Chartreux c’est à la fois complexe et mystérieux à raconter. La recette vieille de 1605 (à l’époque où l’ordre vivait à la Chartreuse de Vauvert à Paris, à l’emplacement du jardin du Luxembourg) demeure un secret toujours aussi bien conservé par deux moines chartreux qui officient à la distillerie. Comme une chape de plomb de silence, Saint-Pierre-de-Chartreuse ne nous a pas épargné en moments de solitude. Le premier devant les grilles irrémédiablement fermées de la distillerie d’Aiguenoire. Distillerie flambant neuve, dont l’inauguration remonte à tout juste un an, mais sans aucun droit de visite, le lieu est secret, tout comme la recette. Les anciens locaux de fabrication dans le centre-ville de Voiron, transformés en musée, offrent le droit à une visite avec comme cadeau le kit média descriptif des nouvelles installations de distillation et de stockage. Gloups !

    C'est à l'aplomb du massif de la Chartreuse que le monastère s'est implanté. ® Thomas Bourdeau / RFI

    « Quand j’ai franchi l’angle du monastère, je me suis mis à pleurer »

    Le monastère de la Grande Chartreuse a porte close et n'accueille aucun visiteur. ® Thomas Bourdeau / RFI

    Juste auparavant, face à l’enceinte du monastère de la Grande Chartreuse, un autre moment de silence, attendu celui-là. Porte close, pas de visiteur, les moines-ermites eux-mêmes ne rencontrent leurs proches qu’une seule fois dans l’année. Le grand silence, ce fut le titre d’un film documentaire consacré à ces moines, nous y fûmes plongés au cœur de cette splendide montagne. Positionnés à côté du calvaire qui domine l’enceinte du monastère de la Grande Chartreuse, pour mieux l’observer, nous sommes suivis par un homme d’un certain âge à la démarche solide. Discrètement, il avait emboîté notre pas lors de notre arrivée pour se joindre à nous et profiter du même panorama. Il nous a tout d’abord signalé les cellules dont la cheminée fumait en ajoutant : « c’est le signe qu’elles sont occupées par un frère. Ils sont quatre en ce moment on dirait. » Puis avec discrétion, mais aussi fierté, il nous a montré celle qu’il occupait à l'âge de 20 ans. On s’est alors retourné pour le dévisager : « vous avez donc séjourné au monastère ? » Plus de quarante années se sont écoulées depuis son galop d’essai pour le grand silence chartreux nous a-t-il confié, mais son émotion est toujours aussi intense, il s’explique :

    Le calvaire surplombe l'enceinte fermée du monastère. ® Thomas Bourdeau / RFI

    « Chez mes parents il y avait un livre sur les moines chartreux, leur univers m’avait beaucoup frappé. Donc j’ai écrit au monastère alors que j’étais étudiant à Grenoble. Et le père de l’époque m’a répondu. En 1972, il n’y avait personne le jour de mon arrivée au monastère, et tout était très impressionnant ! J’ai sonné à la porte, puis on m’a dirigé vers ma cellule où il n’y avait rien, juste du bois à couper pour se défouler (et se chauffer). Tout est dit ! Ici les moines sont des montagnards, aux joues rouges, grosses chaussures, gros habits en laine. A l’époque, ils ne se rasaient que tous les 15 jours, leur aspect était celui de rudes sauvageons. » Il parle, il parle, intarissable, ému comme au premier jour, le silence n’est plus de mise au pied du calvaire, mais toujours en face, dans le monastère : « Le dernier jour de mon séjour de quinze jours, il pleuvait énormément. Quand j’ai franchi l’angle du monastère pour définitivement le quitter, je me suis mis à pleurer, c’était incontrôlable. Comme si j’abandonnais quelque chose d’unique, j’éprouvais alors une très grande émotion, spirituelle évidemment. Mais c’est aussi un monde étrange, j’y ai vécu une réelle expérience, pas uniquement des idées. Dans ce silence, tout devient à la fois mystérieux et sobre. Mais j’ai eu peur de perdre ma vie. J’ai 66 ans maintenant, et je reste toujours un peu avec les Chartreux à ma façon. Ce sont des souvenirs très forts : les offices de nuit à l’église, tous les jours, toute la vie, il n’y a pas de pause. Ce n’est pas un rythme effarant, certes, mais c’est le quotidien de leur vie dans la montagne, et je me suis dit que jamais je ne pourrai arriver au bout. »

    « Dans ce silence, tout devient à la fois mystérieux et sobre. » ® Thomas Bourdeau / RFI

    Recette du XVIIe siècle aux 130 plantes médicinales et aromatiques

    L’élixir et les liqueurs des moines chartreux ne peuvent réellement se penser qu’avec ce genre de témoignage en tête. La notion du temps, ce temps qu’on ne compte plus, mais qui importe énormément pour certaines cuvées vieilles de plusieurs dizaines d’années. L’obstination aussi, comme une foi dans cette recette du début du XVIIe siècle aux 130 plantes médicinales et aromatiques, immuable, authentique et troublante.

    Les secrets de la recette ? Derrière la porte verte chartreuse... ® Thomas Bourdeau / RFI

    La Chartreuse, comme on appelle maintenant cette boisson familièrement, est à la fois composée de ces moments de recueillement presque mystiques mais aussi de récents instants de folie à l’instar du réalisateur Quentin Tarantino dégustant des shots de couleur verte dans son film Boulevard de la mort, en étant totalement enthousiaste sur ce breuvage. À en hurler ! Le marketing se fait donc presque tout seul, nous assure-t-on, avec 70 000 visiteurs chaque année qui viennent visiter les caves à Voiron. Les nouvelles tendances de mixologie - l'art d'inventer et de réaliser des cocktails - puisent allègrement dans cette boisson riche en histoire et saveurs, et les nouveaux barmen vénèrent cette liqueur au goût si particulier, avec un choix à réaliser : vous la préférez jaune ou verte ? Chaque année, il s’en produit un peu moins d’un million de litres toutes liqueurs confondues, alors qu’au début du siècle dernier, c’était près de 3 millions de litres qui étaient vendus. La distillation se déroule comme pour un parfum avec l’alcool qui est juste là pour transporter les arômes des plantes, nous est-il expliqué.

    Le vieillissement de la liqueur c’est du repos et de l’oxygénation dans des foudres en chêne de Russie. Ce processus de fabrication de la Chartreuse bénéficie depuis 2015 du label EPV, entreprise du patrimoine vivant. Auparavant, c’est toute une aventure pour cette recette qui a traversé la Révolution, mais aussi fui Paris, pour venir se réfugier dans cette forêt peu accueillante à l’époque. Puis les moines durent faire encore un voyage en Espagne, puis un dernier à Marseille. La recette va dorénavant rester dans cette montagne, silencieusement gardée. On pense de nouveau à Louis qui semble chercher encore, quarante années après sa première visite dans le monastère, ce mystère des Chartreux. Curiosité, nostalgie ? Chut ! La liqueur tout comme son mystère sont à consommer avec modération.

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