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    France

    France: «acte V» des «gilets jaunes», la grande question de la mobilisation

    media Manifestation de «gilets jaunes» à Paris, le 8 décembre 2018. REUTERS/Benoit Tessier/File Photo

    Ira ou ira pas ? C'est la grande question avant « l'acte V » des « gilets jaunes ». Une nouvelle journée de manifestation est en effet attendue en France ce samedi 15 décembre, mais la mobilisation reste la grande inconnue. A la suite des annonces d'Emmanuel Macron lundi dernier et de l'attentat de Strasbourg beaucoup de voix s'élèvent pour appeler les « gilets jaunes » à faire l'impasse pour cette fois. Des « gilets jaunes » qui, de leur côté, ont annoncé par la voix de leurs porte-paroles leur intention de maintenir la manifestation. Si l'exécutif s'est mobilisé toute la semaine pour faire redescendre la pression, les autorités ont décidé de reconduire le dispositif de maintien de l'ordre mis en place il y a une semaine.

    Après quatre semaines de mobilisation des « gilets jaunes » et de nombreuses violences, l’exécutif s’est mobilisé toute la semaine pour faire redescendre la pression. Emmanuel Macron a fait le choix d’annoncer le 10 décembre des mesures à plus de 10 milliards d’euros.

    En sortant du silence, le président de la République a voulu engager une nouvelle séquence : celle des concessions dans l'espoir de désamorcer la colère, mais aussi de désolidariser la majorité silencieuse des Français de la minorité radicalisée des « gilets jaunes ».

    Le gouvernement appelle au calme

    Le Premier ministre et les membres du gouvernement ont ensuite mis en œuvre cette stratégie, chacun à leur niveau. Edouard Philippe a répondu devant les députés plusieurs fois cette semaine pour expliquer les mesures annoncées par le président de la République.

    Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, mais aussi Richard Ferrand, le président de l'Assemblée nationale, ont appelé à ne pas aller manifester samedi 15 décembre.

    La menace terroriste après l’attentat de Strasbourg

    L'attentat perpétré à Strasbourg le 11 décembre a donné plus de poids à ces messages, en faisant rejaillir la peur du terrorisme. Il a aussi permis de mettre en avant la difficulté de mobiliser les forces de l'ordre sur tous les fronts.

    Sans aller jusqu'à interdire les manifestations, le gouvernement a tout fait pour dissuader d'y participer en invoquant notamment l'argument de la sécurité.


    Un dispositif de sécurité semblable à celui du 8 décembre

    On ne sait pas si les « gilets jaunes » seront nombreux à défiler autour de la place de l'Etoile ce samedi 15 décembre. Les forces de l'ordre seront quant à elles en tout cas là en nombre: 8 000 policiers seront mobilisés parmi lesquels ce qu'on appelle les forces lourdes, comme les CRS ou la gendarmerie mobile.

    Les blindés à roues de la gendarmerie mobile vont donc refaire leur apparition dans les rues parisiennes. 14 véhicules de ce type vont être réengagés, équipés cette fois-ci d'un puissant disperseur de poudre lacrymogène.

    Un dispositif qui permet en quelques secondes d'épandre un nuage chimique hautement concentré sur une surface de près de 4 hectares. Un système jamais mis en œuvre et qui ne sera utilisé qu'en ultime recours, si l'un de ces véhicules était pris d'assaut par les manifestants ou si l'Elysée ou l'Assemblée nationale sont menacés.

    La préfecture prévoit également de renouveler les Dar, nouveau dispositif d'action rapide qui désigne les groupes de policiers mobiles en charge de procéder aux arrestations et notamment des éléments de la BAC, la brigade anticriminalité.

    Limiter les scènes de pillage

    L'objectif pour le préfet de police est de limiter la présence des manifestants les plus violents et les scènes de pillage. Pour le préfet de police Michel Delpuech, l'idée est de « se préparer à la situation qui pourrait être la pire ». L'objectif est donc de mieux maîtriser le phénomène de casse et de pillages. Pour ce faire les autorités prévoient donc de « reconduire, adapter et améliorer » le dispositif déjà mis en place.

    Les forces mobiles seront donc préservées tant que possible le matin pour être déployées l'après-midi au moment où les tentatives de violences s'intensifient.

    Des interpellations préventives ?

    On risque également de voir beaucoup d'interpellations en amont de la manifestation comme il y a sept jours. il y en avait eu plus de 1 000 dans la capitale le 8 décembre. Ces interpellations ont fait polémique. Car elles ont pu parfois être jugées « préventives », pour le simple port d'un casque ou de lunettes de protection. Si elles avaient - certes - permis de contenir les violences, certains y ont vu un moyen déguisé de restreindre le droit de manifester.

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