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    France

    RSF: les violences contre les journalistes sont reparties à la hausse en 2018

    media La stèle des journalistes morts en 2018, photographiée en octobre dernier, en marge du Prix Bayeux des correspondants de guerre, dans le nord de la France. CHARLY TRIBALLEAU / AFP

    Quatre-vingts journalistes ont été tués à travers le monde, selon le bilan annuel de Reporters sans frontières, publié ce mardi 18 décembre. Parmi les victimes recensées par l'ONG, basée à Paris : 63 consœurs et confrères professionnels, 13 non professionnels et quatre collaborateurs de médias. RSF déplore une violence « inédite » frappant la profession.

    Après trois années de baisse, les violences contre les journalistes sont reparties à la hausse cette année. L'an dernier, 65 journalistes avaient été tués pour avoir exercé leur mission d'information. En 2018, ce fut le cas de 80 d'entre eux.

    Parmi les victimes, 63 journalistes professionnels (+15%), 13 non professionnels (contre sept l'an dernier) et quatre collaborateurs de médias. Plus de 700 journalistes professionnels ont été tués ces dix dernières années, selon RSF.

    Plus de la moitié de ces journalistes ont été « sciemment visés et assassinés », à l'instar du Saoudien Jamal Khashoggi, assassiné au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul le 2 octobre, et du Slovaque Jan Kuciak, tué le 21 février dans son pays.

    Les victimes sont très majoritairement des hommes. Ces derniers sont 77 pour trois femmes. Il s'agit également majoritairement de journalistes travaillant dans leur propre pays : 75 journalistes confrères locaux, contre cinq étrangers.

    348 journalistes détenus en 2018

    Pour la première fois depuis 2012, la Syrie n'est plus le pays où meurent le plus de journalistes au monde. En 2018, l'Afghanistan a été le pays le plus meurtrier, avec 15 journalistes tués - la Syrie reste deuxième avec 11 journalistes tués.

    Le 30 avril, un double attentat a eu lieu à Kaboul, le plus grave pour les journalistes depuis 2009, dans le monde. Neuf confrères, dont le photographe de l'Agence France-Presse Shah Marai Fezi, ont perdu la vie rien que ce jour-là.

    Fait notable, en 2018, près de la moitié des journalistes tués l'ont été dans des pays en paix : le Mexique, troisième pays le plus dangereux pour la profession avec neuf décès, ou encore l'Inde (six morts) et les Etats-Unis (six morts).

    Reporters sans frontières recense également les journalistes détenus dans le monde, lui aussi en hausse : 348 en 2018, contre 326 en 2017 (+7%). Cette augmentation concerne particulièrement les journalistes non professionnels.

    Cette année, les violences contre les journalistes sont aujourd’hui à un niveau absolument inédit.

    Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters Sans Frontières 18/12/2018 - par Margot Turgy Écouter

    Le nombre d'otages croît aussi

    Plus de la moitié des journalistes emprisonnés se trouvent dans cinq pays : l'Iran, l'Arabie saoudite, l'Egypte, la Turquie et la Chine, plus grande prison de journalistes du monde avec 60 journalistes détenus (3/4 sont non professionnels).

    « Ces journalistes sont emprisonnés, dans des conditions souvent inhumaines, pour un simple post ou un billet d'information sur les réseaux sociaux ou une messagerie privée », observe notamment Reporters sans frontières.

    Mais le nombre d'otages a lui aussi augmenté de 11%, avec 60 journalistes captifs à ce jour contre 54 l'an dernier. Cinquante-neuf d'entre eux sont retenus au Moyen-Orient - Syrie, Irak et Yémen. Parmi eux, six sont des étrangers.

    RSF enregistre enfin trois cas de journalistes disparus, deux en Amérique latine et un en Russie. Il n'y a pas suffisamment d'éléments pour déterminer s'ils ont été victimes d'homicide ou d'enlèvement, ni de revendication crédible.

    « La haine contre les journalistes proférée, voire revendiquée, par des leaders politiques, religieux ou des "businessmen" sans scrupules a des conséquences dramatiques sur le terrain et se traduit par une hausse inquiétante des violations à l'égard des journalistes », a réagi Christophe Deloire, secrétaire général de RSF, cité dans un communiqué. « Démultipliés par les réseaux sociaux, qui portent à cet égard une lourde responsabilité, ces sentiments haineux légitiment ces violences et affaiblissent, un peu plus chaque jour, le journalisme et, avec lui, la démocratie », s'inquiète-t-il.

    Time désigne Jamal Khashoggi et d'autres journalistes personnalités de l'année

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