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    France

    Lutte contre les violences sexuelles: la déception des associations

    media Des manifestants défilent dans les rues de Marseille contre les violences faites aux femmes le samedi 24 novembre 2018. REUTERS/Jean-Paul Pelissier

    La seconde journée de la 6e édition des Assises internationales de l’association Stop aux violences sexuelles se tient ce mardi 8 janvier 2019 à Paris. Plus d'un an après l'annonce de la lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes comme « Grande cause nationale du quinquennat », y a-t-il eu réellement des avancées ?

    « Notre société entière est malade du sexisme ». Dans un discours prononcé le 25 novembre 2017, Emmanuel Macron avait déclaré vouloir faire de l'égalité entre les femmes et les hommes la « grande cause du quinquennat ».

    Plus d’un an après la libération de la parole des femmes victimes de violences sexistes et sexuelles via le mouvement #MeToo, les associations saluent quelques avancées en France, mais ne cachent aussi pas leur déception.

    « L’imprescriptibilité des agressions sexuelles est indispensable »

    « Il y a une dissociation entre les ambitions affichées, en parlant de « grande cause du quinquennat », et la réalité avec les texte de lois », regrette Violaine Guérin, gynécologue et endocrinologue, présidente de Stop aux violences sexuelles.

    Depuis lundi 7 janvier, l’association organise à Paris sa 6e édition des Assises internationales contre les violences sexuelles, qui se termine ce mardi 8 janvier. Pendant ces deux journées, différents intervenants (médecins, sages-femmes, juristes, etc) discutent des pistes d’amélioration en matière de lutte contre les violences sexuelles.

    Il y a des tas d'actions qui devraient être mises en place comme la formation des professionnels de tous les secteurs.
    Violaine Guérin 08/01/2019 - par David Pauget Écouter

    La présidente de Stop aux violences sexuelles défend ainsi « l’imprescriptibilité des agressions sexuelles » : « Elle est indispensable, non seulement pour que les victimes puissent avoir une reconnaissance, mais aussi parce que les auteurs d’agressions sexuelles qui n’ont pas eu de parcours de soins vont récidiver », estime-t-elle, soulignant par ailleurs que les femmes peuvent aussi être auteures d’agressions sexuelles.

    La loi contre les violences sexuelles et sexistes jugée peu ambitieuse

    Le 1er août dernier, le Parlement a approuvé le projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles, porté par la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Un texte qui présente des avancées certaines pour les associations, notamment avec l'allongement du délai de prescription pour le viol sur mineur (de 20 à 30 ans après la majorité de la victime) et la pénalisation du harcèlement de rue.

    Un point  cependant cristallise les critiques : l'article 2 de cette loi, qui contrairement à la volonté initiale du gouvernement, n'introduit finalement pas la présomption de non-consentement des mineurs. « Un mineur victime d’une pénétration par un adulte doit toujours prouver, quel que soit son âge, la violence, la contrainte, la menace, ou la surprise », regrette Emmanuelle Piet, présidente du Collectif féministe contre le viol.

    Le gouvernement a en outre lancé le 27 novembre dernier une plateforme de signalement en ligne des violences sexistes et sexuelles. Celle-ci, opérationnelle 24 heures sur 24 via le site service-public.fr, permet aux victimes ou témoins de communiquer avec des policiers spécialement formés.

    « Il y a un défaut de formation des professionnels en France »

    Selon Léa Guichard, conseillère technique de la Fédération nationale des Centres d'information sur les droits des femmes et des familles, il y a avant tout « un défaut de formation des professionnels en France » : « Toutes les lois mises en place demandent de la formation pour les magistrats, tout le corps juridictionnel, le corps médical. C’est un manque aujourd’hui. »

    Même constat pour Sabine Salmon, présidente du mouvement Femmes solidaires, qui estime que cela conduit à un problème au niveau de l'application de la loi : « Il y a des territoires où on va avoir des politiques s’emparant de cette question, qui vont mettre en place des politiques publiques... un réseau associatif mobilisé auquel on va donner des moyens pour agir. Et sur un autre territoire, ce ne sera pas pareil. »

    Selon une étude de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales et de l'INSEE, publiée le 6 décembre dernier, le nombre de victimes de violences sexuelles a explosé en 2017 en France, avec 265 000 cas en 2017 contre 173 000 en 2016. Une augmentation qui selon l'étude s'inscrit dans le sillage du mouvement de libération de la parole des femmes.

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