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    Mortaza Behboudi, ou «un autre regard sur l'exil»

    media Mortaza Behboudi, 24 ans. Il est l'un des six co-fondateurs de Guiti News, un site d'information qui fédère des journalistes français et réfugiés. RFI/Laurent Geslin

    Mortaza Behboudi a fui l'Afghanistan, où exercer son métier de journaliste était devenu dangereux. Après avoir vécu de longues semaines dans les rues de Paris, puis après avoir été hébergé par la Maison des journalistes, il est aujourd'hui l'un des fondateurs du site Guiti News, qui ambitionne de faire travailler ensemble des journalistes français et réfugiés, pour permettre « un autre regard sur l'exil ».

    Mortaza Behboudi n'a que 24 ans, mais il a grandi vite. Le jeune homme est l'un des six co-fondateurs de Guiti News, un site d'information qui fédère des journalistes français et réfugiés, pour « porter un double regard sur l'actualité » et  « traiter le phénomène de l'immigration autrement ». Quand il débarque à l'aéroport Charles de Gaulle, à Paris, en mai 2015, le jeune homme ne connaît pas un mot de français, mais il parle déjà la langue de la guerre et de l'exil. C'est en Iran que Mortaza passe son enfance, où ses parents s'étaient réfugiés en 1996, après la prise de Kaboul par les talibans, et c'est à l'âge de 16 ans qu'il est obligé de fuir son pays d'accueil, pour avoir documenté en images l'insurrection populaire qui avait éclaté après les élections présidentielles de 2009. De retour en Afghanistan, il fréquente l'université, mais c'est dans les salles de rédactions des quelques médias indépendants en train de se monter qu'il passe l'essentiel de son temps. Mortaza sera journaliste.

    « À mon arrivée à Paris, j'ai passé plus de deux mois dans les rues, je marchais sans but, trouvant des endroits où dormir, à gare du Nord ou à gare de l'Est. J'étais dans une situation très difficile, mais j'avais en même temps le sentiment d'une grande liberté qu'ici je pourrais exercer mon métier », explique-t-il. En Afghanistan, Mortaza enquête sur des sujets sensibles, comme le trafic d'opium, il couvre régulièrement la guerre en Irak et les attentats perpétrés à Kaboul, notamment durant la campagne présidentielle de 2014. Au printemps 2015, l'étau se resserre, les menaces se font plus précises. Le journaliste est finalement enlevé par des hommes en armes, dans la région du Wardak. « J'ai cru que ma dernière heure était arrivée, j'ai dit que j'étais étudiant pour tenter d'échapper à la mort », poursuit-il. « Ils ont trouvé un appareil photo dans mon sac, mais j'avais la chance de connaître un négociateur qui travaillait avec ces groupes et qui a pu me faire libérer. De retour à Kaboul, j'ai expliqué ma situation à l'ambassade de France, qui m'a accordé un visa ».

    Après de longues semaines d'errance, Mortaza est finalement recueilli par la Maison des journalistes de Paris, où des cours de français sont dispensés aux nouveaux arrivants. « J'avais soif de découvrir le société française, je n'avais pas de papiers, mais j'essayais de travailler comme je le pouvais », raconte le jeune homme. « Avec ma carte de journaliste afghane, j'ai réussi à me faire accréditer à la COP21, ou au quai d'Orsay, et j'ai commencé à faire des piges à droite à gauche, notamment durant les attentats de Bruxelles. » En 2016, Mortaza reprend des études à la Sorbonne, mais se désespère de voir ses collègues journalistes, réfugiés comme lui, faire la plonge dans les restaurants pour essayer de survivre. « À l'été dernier, une idée a germé, alors que nous étions en train de discuter avec quelques amis : créer notre propre emploi, monter un média qui utilise nos compétences et qui ait un sens au niveau éditorial ».

    L'équipe de Guiti News est aujourd'hui composée de jeunes journalistes français travaillant sur le terrain avec des professionnels confirmés ayant fui le Cameroun, le Pakistan, la Syrie ou le Tchad. Chaque semaine sont proposés des reportages vidéos, des photos, des articles, et des dessins traitant de l'actualité hexagonale et du phénomène migratoire. « Nous voulons montrer que l'immigration est une chance pour un pays comme la France et nous souhaitons nous servir de notre expérience pour organiser des ateliers où sera expliquée la nécessité de se battre pour des médias libres et indépendants », continue Mortaza. Après avoir récolté les quelques milliers d'euros nécessaires au lancement du projet grâce à un financement participatif, les journalistes de Guiti News proposeront des abonnements payants dès l'été prochain, afin de durer dans le temps. « Le journal doit permettre d'accueillir les journalistes étrangers qui arriveront en France dans les mois et les années à venir et qui voudront continuer d'exercer leur métier dans leur nouveau pays ».

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