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    Racisme: l’industrie de la mode confrontée à son manque de diversité

    media Gucci, Dolce & Gabbana, Prada: toutes les grandes maisons ont dû faire face à au moins un scandale. REUTERS/Alex Lee

    Suite aux récentes accusations de comportements racistes dans le monde de la mode, entre « blackface », publicités dégradantes et manque de diversité, plusieurs marques commencent à prendre conscience de leur rôle de leader d’opinion et annoncent des mesures concrètes. Les maisons Prada et Gucci viennent de lancer deux projets axés sur la question de « l’inclusivité ».

    Alors que la Fashion Week automne-hiver 2019-20 bat son plein à Paris, après avoir eu lieu à New York, Londres et Milan, un mot est dans toutes les bouches : « inclusivité ». Ce néologisme importé de l’anglais, qui consiste à mélanger inclusion et mixité, semble être l’expression de la saison.

    Les marques font preuve d’ouverture et sur les podiums la diversité est de plus en plus présente, avec des minorités auparavant invisibles et des mannequins de toutes les origines qui défilent. Mais si « l’inclusivité » semble être à la mode, cela n’a pas toujours été le cas.

    Certes, Naomi Sims et Donyale Luna ont marqué l’histoire en faisant la Une des magazines de mode aux Etats-Unis et en Angleterre dès les années 60, mais on a dû attendre 1988 pour que Naomi Campbell devienne la première mannequin noire à faire la couverture du Vogue Paris. Sans oublier celles qui ont dû se prêter au jeu de l’exotisme, comme Grace Jones sous l’objectif de Jean-Paul Goude dans le livre Jungle Fever dans les années 80, une hérésie de nos jours, surtout post-« MeToo ».

    « Blackface » contemporain

    Néanmoins, le débat actuel de la mode a lieu au-delà des podiums. En décembre, la maison italienne Prada a été accusée de racisme après avoir lancé Otto, un petit personnage noir aux grosses lèvres rouges. L’image a été vue comme une sorte de « blackface », une interprétation des représentations caricaturales des Noirs. Le bonhomme a fait réagir, surtout aux Etats-Unis, où le sujet est une affaire plus que sensible. Présent dans le cinéma américain à la première moitié du XXe siècle, quand des acteurs noircissaient leur visage à coup de maquillage, comme Al Jolson dans Le Chanteur de Jazz en 1927, la pratique du « blackface » fait sursauter aujourd’hui. Au point où Prada a dû s’excuser et a retiré les Otto de ses boutiques.

    La maison italienne n’est pas la seule à être critiquée par ses références douteuses. Sa compatriote Dolce & Gabbana a été épinglée un mois plus tôt suite à une vidéo publicitaire dans laquelle un mannequin aux traits asiatiques est filmée en train de manger des plats italiens avec des baguettes, pendant qu’une voix se moque clairement de la scène. Même Gucci, la marque du moment, célébrée pour avoir mis en avant la culture afro-américaine des années 60 dans ses campagnes, été prise en flagrant délit de politiquement incorrecte en janvier, avec un pull col roulé interprétée également comme une allusion au « blackface ».

    Sans oublier le cas de la directrice du magazine Vogue brésilien, Donata Meirelles, dont les photos de son anniversaire en février ont fait scandale. Sur Instagram, elle apparaissait assise sur une sorte de trône, entourée de femmes noires portant des costumes traditionnels, dans une référence vue par certains comme une allusion à la période coloniale du Brésil, qui, il faut le rappeler, a été le dernier pays à avoir mis fin à l’esclavage.

    Dans tous ces cas, les réactions - et les sanctions - n’ont pas tardé. Pointées du doigt, Dolce & Gabbana a dû annuler un défilé prévu en Chine, Gucci s’est excusée face au tollé sur les réseaux sociaux et a retiré le produit polémique des rayons, tandis que Donata Meirelles a fini par démissionner de son poste.

    Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ce genre de scandale entache l’industrie de la mode, y compris dans les marques de fast-fashion. Entre les bijoux « esclave » chez Mango en 2013 et le sweat-shirt avec l’inscription « Coolest monkey in the jungle » (« Le singe le plus cool de la jungle »), porté par un petit garçon noir chez H&M l’année dernière, les exemples sont nombreux.

    Plus de mixité

    Alors comment expliquer cette multiplication d’épisodes plus que maladroits, dans une industrie où l’image en est le moteur essentiel et la maîtriser est indispensable ? Les observateurs de la mode pointent comme possible élément de réponse un manque flagrant de diversité parmi les décideurs, des dirigeants aux directeurs artistiques. Ce qui pourrait élucider en partie le déficit d’empathie envers les questions de diversité, qui a laissé la porte ouverte aux dérapages à connotation raciste.

    En effet, Virgil Abloh, américain né de parents ghanéens, est le seul créateur noir actuellement à la tête d’une marque de luxe mondiale, signant les collections masculines chez Louis Vuitton. Tandis qu’Olivier Rousteing, chez Balmain, rappelle à chaque fois qu’il fait partie des rares créateurs métissés dans une maison de couture parisienne. Et même si certaines écoles de design et de management de la mode font un effort pour attirer des profils variés, cela se traduit rarement dans la composition des équipes de décideurs, dans une sorte de plafond de verre que l'on croyait exclusif aux secteurs dits conservateurs.

    C’est donc en partant de ce constat que deux marques, et pas des moindres, ont décidé d’agir. Après le scandale de janvier, Gucci a annoncé la création d’un poste de directeur global pour la diversité et l’inclusion, ainsi qu’un programme de bourses d’études en partenariat avec des écoles à Harlem, à New York, mais aussi à Beyrouth, Dubaï, Beijing ou encore Seoul.

    Prada a emboité le pas. « Désormais, nous nous engageons à améliorer notre formation à la diversité et nous allons fonder immédiatement un conseil consultatif pour guider nos efforts en matière de diversité, "d'inclusivité" et de culture », a promis la maison italienne. Ce conseil sera coprésidé par la réalisatrice Ava DuVernay et l’artiste Theaster Gates, tous les deux très engagés, et qui seront aidés par des spécialistes et des universitaires.

    Les réseaux sociaux ont changé la donne

    Cette prise de conscience des marques est positive, même si elle n’est pas fruit du hasard. A l’heure des réseaux sociaux et de la mondialisation de l’industrie de la mode, ces dérapages sont surveillés et critiqués presque en temps réel et leur impact sur les ventes peut être automatique.

    Les marques ne veulent pas jouer avec le bad buzz. Et quand quelqu’un comme le réalisateur Spike Lee annonce le boycott de Gucci et Prada suite aux accusations de « blackface » ou que le rappeur 50 Cents publie une vidéo sous Instagram dans laquelle il brûle un T-Shirt estampillé Gucci en réponse à ce même scandale, il faut agir vite, même si les dérapages ont été involontaires.

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