GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Jeudi 15 Août
Vendredi 16 Août
Samedi 17 Août
Dimanche 18 Août
Aujourd'hui
Mardi 20 Août
Mercredi 21 Août
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    France

    Elisa Deroche, pilote toujours moderne 100 ans après son brevet

    media Elisa Deroche, dite la Baronne de Laroche, vers 1909. http://www.ctie.monash.edu.au/hargrave/laroche.html/wikipedia

    Le 8 mars n’est pas que la journée internationale des droits des femmes. C’est aussi le jour où Elisa Deroche recevait son brevet de pilotage. Elle est la première femme à l’obtenir. Un siècle après sa mort, elle reste le symbole de la modernisation d’une profession qui peine encore à se féminiser.

    Baronne Raymonde de Laroche. Ce nom ne vous dit probablement rien et pourtant, elle fait partie, au même titre que Louis Blériot, Jean Mermoz ou Antoine de Saint-Exupéry, des pionniers de l’aviation. De son vrai nom Elisa Deroche, cette pilote est née en 1882 dans une famille modeste du Marais parisien. En grandissant, elle devient artiste puis, rapidement, une grande amatrice de sports mécaniques. Si Thérèse Peltier sera la première femme à piloter seule, Elise Deroche sera la première à être brevetée.

    Si vous n’aviez jamais entendu ce nom, les amoureux de l’aviation et les pilotes, notamment les femmes, situent très bien ce personnage. Toutes celles que nous avons interrogées y voient le symbole d’un progrès, il y a un siècle, toujours aussi inspirant aujourd’hui.

    Une femme moderne

    « Elle est extrêmement moderne. Elle est douée. C’est surtout une nana qui n’a pas froid aux yeux. » Pour Catherine Maunoury, championne du monde de voltige et présidente de l’Aéroclub de France, Elisa Deroche est plus qu’une pionnière du pilotage. Elle s’émancipe des carcans sociaux de son époque : artiste nomade, elle prend de l’altitude grâce à Charles Voisin, pilote et fabricant d’avions avec qui l’on soupçonne qu’elle a partagé un peu plus que de l’amitié. Mariée deux fois, elle ne vit que pour le spectacle et les performances.

    Elisa Deroche parcourt la France, l’Europe et même le monde. Une femme pilote, c’est alors une attraction dans les grands meetings aériens. Pour embarquer, il faut porter le pantalon : impensable au début du XXème siècle pour une femme. A Saint-Petersbourg, le personnage charme un tsar russe enthousiaste. La légende raconte que c’est à ce moment-là que Nicolas II l’anoblit et fait d’elle une baronne. Certains assurent pourtant que l’aventurière s’est adoubée elle-même, fabriquant un personnage à la hauteur de sa fantasmagorie.

    Elisa Deroche marque aussi l’histoire en multipliant les records. En 1913, elle effectue le vol féminin le plus long avec 323 kilomètres. En juin 1919, c’est celui de l’altitude avec 5150 mètres. Résiliente, elle a survécu à plusieurs accidents dont un crash retentissant en 1910. Mais elle meurt un mois après son dernier succès, au cours d’un vol… dont elle n’est que passagère. Elle n’est alors âgée que de 36 ans.

    Les pionnières

    Le 8 mars 1910, lorsqu’Elisa Deroche obtient son brevet, cette formalité est encore toute nouvelle. Jusque-là, on s’improvise largement pilote : les pionniers et les pionnières de l’aviation n’ont aucun manuel. Les premiers brevets sont d’ailleurs simplement distribués à ceux qui volent déjà. La baronne, elle, est initiée par ses aînés. « Lors d’un premier essai pour son brevet, elle est interrompue par la tombée de la nuit, raconte Daphné Desrosiers, pilote de ligne et auteure de plusieurs ouvrages sur l’aviation. La seconde fois, elle a filé dans une haie de peupliers. »

    « L’homme se découvre lorsqu’il se mesure avec l’obstacle », écrit Antoine de Saint-Exupéry dans Terre des hommes. Les femmes aussi, aurait pu lui répondre la Deroche. Et au début du siècle dernier, ils sont nombreux. En 1914, au début de la Première Guerre mondiale, elles représentent 1 % des 966 pilotes brevetés. Plusieurs d’entre elles, à l’initiative de Marthe Betenfeld, veulent servir leur pays. Pas au front, mais en assurant le transit des appareils depuis l’arrière. Refus de la hiérarchie militaire : ce n’est pas une place pour des femmes.

    « Ces aventurières de l’air font l’objet de toutes les curiosités et exercent une fascination certaine auprès de leurs contemporains,écrit l’historienne Marie-Catherine Villatoux. Les pionnières de l’aviation doivent cependant se rendre à l’évidence : il leur faut renoncer à cette idée trop novatrice de convoyage d’appareils. » Il faudra encore attendre 1946 et Elisabeth Boselli pour qu’une femme soit brevetée pilote militaire… Puis cinquante années de plus pour que l’Ecole de l’Air ne leur ouvre ses portes

    La suite du chemin

    Un siècle après la mort d’Elisa Deroche, le grand public connaît-il le nom de ces exploratrices des limites de la féminité de leurs époques respectives ? A-t-il entendu parler de la baronne Deroche, de Thérèse Peltier, de Marthe Betenfeld, de l’Américaine Amelia Earhart ou de la Française Jacqueline Auriol ? Ne restent-elles pas dans l’ombre de Blériot et autres Mermoz ? « Je ne suis pas sûre que les femmes soient moins connues que les hommes, nous répond Catherine Maunoury, citant des dizaines de noms d’aviatrices historiques. Combien d’hommes sont connus ? Mermoz, d’accord. Mais même Guillaumet, il faut être un spécialiste. » Le nom de ce dernier, bien que lié à l’histoire mythique de l’Aéropostale et d’Air France, ne reste intime qu’aux lecteurs assidus de son camarade Saint-Exupéry.

    En 2019, les femmes ont en tout cas trouvé toute leur place dans les cockpits des avions, civils ou militaires. Ou presque. Si les barrières ont largement sauté, elles ne représentaient l’année passée que 3 % des pilotes, selon un chiffre de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). La féminisation est même un axe d’effort stratégique identifié par cette agence de l’ONU.

    C’est d’ailleurs dans cette direction que d’autres pilotes, comme Marine Ogier, imaginent poursuivre le parcours d’Elisa Deroche : « La détermination. […] La force de s’imposer dans un milieu masculin, surtout à cette époque, est quelque chose de remarquable. Aujourd’hui, c’est beaucoup moins vrai car le monde de l’aviation se féminise. Toutefois, c’est un métier qui garde une image masculine auprès des jeunes. » Reste à trouver les moyens de leur transmettre le goût du ciel.

    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.