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    Afrique

    La diaspora algérienne en France au diapason avec ce qui se passe en Algérie

    media Manifestation de la diaspora algérienne en France, ici place de la République, le 24 février 2019. REUTERS/Charles Platiau

    Depuis l’annonce de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat, les manifestations de protestation s’enchaînent dans toute l'Algérie. En France, la diaspora algérienne, la plus importante au monde, suit les événements de très près. Elle soutient, comme si elle était présente, le mouvement lancé de l'autre côté de la Méditerranée.

    Ils sont nés en Algérie ou en France, ils sont Algériens, Français ou binationaux, certains sont réfugiés ou sans-papiers, tous ont en commun d’être liés à l’Algérie. Selon l’Insee, 760 000 immigrés algériens vivent en France (1,7 million en considérant aussi leurs enfants nés dans l'Hexagone). Depuis un mois, tous ont les yeux rivés de l’autre côté de la Méditerranée. Et c’est une première.

    L’éclatement de l’Amicale de l’Algérie en France, qui structurait de manière homogène les Algériens jusqu’aux années 1990, a donné naissance à une diaspora ayant plus tendance à se regrouper selon les affinités, les régions d’appartenance, les sensibilités politiques, etc. Mais aujourd’hui, tant attachée à l'Algérie, elle est unie autour du refus d’un 5e mandat.

    La diaspora ne fait qu’une avec l’Algérie

    « C’est une tendance de fond. Les gens qui ont manifesté en France sont au diapason de ce qui se passe en Algérie, ils sont sur internet, tout le monde est branché en permanence sur les chaînes de télévision françaises et algériennes. Ils peuvent suivre quasiment en direct ce qui se passe là-bas, les différents rassemblements, etc.  Il n’y a pas de différence entre la diaspora et l’Algérie, c’est le même mouvement », analyse Benjamin Stora, historien spécialiste de l’Algérie et président du Musée de l'immigration à Paris.

    « C’est LE sujet du moment ! On en a marre, il faut que ça change », raconte un jeune vendeur de quincaillerie au marché hebdomadaire de la gare de Nanterre, un petit bout d’Algérie au cœur de l’Ouest parisien. Les étals, les couleurs et les odeurs, les marchands et les chalands, tout y est, et plus que tout ces dernières semaines, la présidentielle du 18 avril. Si ce jeune vendeur qui préfère rester anonyme n’a « pas le temps d’aller manifester avec les Algériens de France », il n’en demeure pas moins très attentif à ce qui se passe de l’autre côté de la Méditerranée. « On est hyper connectés, on suit et on sait tout ce qui se passe là-bas. Et on est optimistes ! Il ne peut y avoir de 5e mandat. »

    Sereine, Doria l’est aussi. Même si ses parents, oncles et tantes vivent en Algérie, cette mère de famille de 35 ans n’a aucune crainte que la situation dégénère. « Tout se passera bien. Regardez comme les manifestations sont pacifiques et bien organisées », dit-elle en référence aux gigantesques rassemblements qui se sont déroulés ce vendredi 8 mars dans les grandes villes algériennes.

    La crainte des premières générations

    Cependant, les craintes autour des manifestations quant au 5e mandat s’accentuent auprès des premières générations. « Je ne veux pas parler de politique, ça n’est pas mon problème, confie un vendeur de dattes fraîches. Ce n’est pas parce que Bouteflika ne peut pas marcher qu’il n’a plus sa tête ! » Son collègue l’écoute attentivement, mais refuse de se prononcer. Les plus âgés comprennent les nouvelles générations qui veulent du changement, mais ne peuvent oublier les années noires de la guerre civile algérienne, « même si cette histoire est derrière nous et que jamais elle ne pourra se reproduire », rassure Mourad, la cinquantaine, adossé à son étalage de plats en Pyrex.

    En effet, de génération en génération, comme partout dans le monde, l’histoire des origines a tendance à s’estomper au fil des générations. « La dépolitisation et le manque de repères historiques touchent toute la jeunesse internationale. Ce n’est pas propre à l’Algérie. Maintenant, il est évident que plus les années passent et moins l’histoire est connue. Désormais pour la troisième génération, les sentiments d’appartenance sont diffus, ce sont des marqueurs identitaires, le drapeau, le foot, etc. Mais l’histoire intérieure, de la guerre, de la révolution, des acteurs principaux, etc., ceux de la dernière génération ne la connaissent pas », explique Benjamin Stora.

    Des envies de retour au pays ?

    L’histoire de la diaspora algérienne en France est longue et particulière, elle s’est faite en vagues successives au gré des événements. Les premiers sont arrivés dans les années 1920, c’était une immigration ouvrière et surtout masculine. Puis il y a eu l’impact de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre d’Algérie, ensuite la vague de l’après-indépendance dans les années 1970-1980. Lors de la guerre civile dans les années 1990, le flux migratoire s’est multiplié par dix.

    Depuis un siècle donc, la diaspora algérienne est très rarement repartie en Algérie. Pourtant aujourd’hui, c’est une tendance, beaucoup d’Algériens qui vivent en France ont le souhait de rentrer au pays si et seulement si Bouteflika n’est pas réélu. « Pour eux, l’Algérie est comme un eldorado, commente Benjamin Stora, mais qui a été confisqué par une caste qui a empêché le développement économique. Cette idée de retour est donc très forte dans l’esprit des jeunes, mais elle est suspendue à l’avenir politique du pays. »

    Un avenir dont on ignore si les Algériens de France participeront à bâtir par la voie des urnes. En 2014, 815 000 électeurs algériens étaient inscrits en France. Nombre d’entre eux affirment ne toujours pas avoir reçu leur carte d’électeur. Et puis, fait nouveau, d’ordinaire la campagne électorale se joue aussi sur les marchés et places françaises où résident de nombreux Algériens. Cette année, à un peu plus d’un mois du scrutin, ni tracts ni slogans pour un candidat ou pour un autre n’ont encore vu le jour…

    Algériens de naissance ou d'origine, tous, quoiqu'il arrive, continueront de porter dans leur coeur ce pays qu'ils chérissent tant. « L’Algérie c’est ma maladie, confiait le célèbre écrivain Yasmina Khadra le 28 février dernier au Parisien, cela a toujours été ma maladie (…) C’est ma maladie, car je l’aime atrocement. »

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