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    France

    L'agence de santé publique alerte sur la consommation d'alcool des Français

    media Les plus jeunes consomment l'alcool plus intensément que les plus âgés, dont la consommation est plus régulière. REUTERS/Yves Herman/Files

    Près d'un quart des Français, soit environ 10,5 millions d'adultes, boivent trop d'alcool, selon Santé publique France. L'agence sanitaire a lancé, mardi 26 mars, une campagne d'information sur les seuils à respecter et les risques encourus en cas de consommation excessive.

    L'alcool constitue une des principales causes de mortalité évitable avec 41 000 décès qui lui sont attribuables chaque année en France, rappelle l'agence sanitaire à l'occasion de cette campagne du 26 mars au 14 avril.

    Près d'un quart des Français de 18 à 75 ans déclarent consommer au-delà des repères de consommation d'alcool à moindre risque, établis par des experts en mai 2017. Ce chiffre est issu du baromètre de Santé publique France 2017 (25 319 interrogés au total), publié dans le « Bulletin épidémiologique hebdomadaire » (BEH) dédié à l'alcool, paru mardi.

    Plus précisément, 19,2% déclaraient avoir bu plus de 2 verres d'alcool en une journée au moins une fois au cours de la semaine précédente, 9,7% déclaraient avoir bu plus de 10 verres d'alcool au cours des sept derniers jours et 7,9% avoir consommé de l'alcool plus de cinq jours sur sept.

    Il s'agit majoritairement d'hommes (33% contre 14% de femmes). Un tiers de ces personnes dépassant les repères ont un revenu mensuel modeste (inférieur ou égal à 1 200 euros). Les plus jeunes consomment plus intensément que les plus âgés, dont la consommation est plus régulière.

    Le choix du moindre risque

    Contrairement aux idées reçues, les risques pour la santé d'une consommation d'alcool existent dès le premier verre quotidien, selon Santé publique France. Pour autant, « notre objectif est de permettre aux Français de faire le choix éclairé d'une consommation à moindre risque pour leur santé », explique le Dr François Bourdillon, directeur général de l'agence sanitaire.

    Une sensibilisation d’autant plus nécessaire qu’il y a en France une sorte de banalisation de l'alcool et un contexte qui pousse souvent à la consommation, analyse le professeur Mickaël Naassila. « Une des causes premières pour lesquelles on boit de l’alcool, c’est des raisons sociales. Difficile d’avoir des pots sans alcool, c’est difficile de ne pas se donner rendez-vous autour d’un verre. Pour les jeunes, c’est assez compliqué d’imaginer de ne pouvoir faire la fête sans alcool. On a tout un contexte socioculturel qui fait qu’on a tendance à consommer beaucoup, parce qu’on a aussi des représentations. En fait, il faut aussi savoir jauger son niveau de consommation par rapport à la réalité de la consommation des autres. Une consommation d’alcool, ce n’est pas la norme. L’alcool, c’est une drogue, c’est un toxique, c’est un carcinogène. Donc, il faut faire attention. »

    Le président de la société française d'alcoologie insiste sur la nécessité de se fixer des limites.« Ce ne sont pas des messages d’abstinence. Ce sont des messages qui visent à donner des repères et à se dire qu’en dessous de ces repères, on est vraiment à moindre risque d’avoir des pathologies. L’idée, c’est de dire : on ne consomme pas plus de dix verres par semaine, pas plus de deux verres par jour et pas tous les jours. L’alcool, c’est la première cause d’hospitalisation en France. Et on sait que dès les faibles consommations, on peut avoir une augmentation de risques de cancer, du risque d’hémorragie cérébrale, du risque d’hypertension. On sous-estime largement tous les dommages pour sa propre santé, mais aussi les dommages sociaux et sociétaux du produit ».

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