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    France

    France: l’opposition critique vertement le compte-rendu du Grand débat

    media Le Premier ministre frnaçais Edouard Philippe s'adresse à l'Assemblée nationale sur le Grand débat national; à Paris, le 9 avril 2019. Thomas SAMSON / AFP

    Après le grand débat, les « grands chantiers ». Emmanuel Macron va prendre des «  décisions puissantes et concrètes », a annoncé le Premier ministre lors d’un discours mardi 9 avril à l’Assemblée nationale en présentant les résultats. Devant les députés, Édouard Philippe a présenté un bilan du grand débat. Les annonces, elles, seront faites plus tard. Mais l’opposition s’impatiente.

    C’était un discours du Premier ministre… pour rien ! Le constat est partagé. « Pas une proposition, pas une piste, pas une vision, rien ! Ça a été le vide absolument total », s’indigne Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national.

    De son côté, Eric Ciotti, des Républicains, croit que « vraiment, la majorité, le gouvernement, le président de la République sont au bout de l’exercice, avec aujourd’hui une forme d’addition, de succession de mots qui ne répondent à aucune des préoccupations des Français ».

    Pour l’insoumis Adrien Quatennens, l’exécutif joue la montre : « Ce qui apparaît aux yeux de tous, maintenant, c’est qu’avec ce grand débat, Emmanuel Macron essaie de gagner du temps pour lui. Et en essayant de gagner du temps pour lui, il en fait perdre à tout le pays ».

    Le député En Marche Laurent de Saint-Martin l’assume : « Il faut prendre le temps de la restitution de la parole des Français qui ont participé au grand débat, avant de faire des choix. »

    « Si aujourd’hui le Premier ministre était venu exprimer quels chantiers vont être lancés par l’exécutif, on aurait dit qu’on n’a pas écouté les Français, poursuit-il. Donc il faut savoir un petit peu respecter les temps. Parfois, il faut prendre le temps d’écouter et bien analyser. »

    Une analyse qui va prendre encore quelques jours, car les annonces d’Emmanuel Macron ne sont pas attendues avant la semaine prochaine.

    L’opposition a profité de ce face à face avec le Premier ministre pour pilonner l'exécutif. Christian Jacob, le chef des députés Les Républicains, ne voit qu'une solution face à a défiance de la population, une nouvelle élection :

    « Dix-huit mois après son élection, monsieur Macron a perdu la confiance. Et plus grave, il a perdu le respect des Français. C’est un des enseignements de la crise qui a éclaté en novembre dernier. Aucun président avant monsieur Macron n’a mis le pays dans une telle situation.

    « Pour tenter de sauver ce qu’il est encore possible de sauver, le président a souhaité organiser un grand débat avec les Français, faisant mine d’oublier que son élection vient d’avoir lieu. En vérité, le contrat qui le lie aux Français, celui de son élection, est un contrat qui est totalement déchiré, aujourd’hui.

    « Ce n’est plus réellement d’un débat dont le pays aurait en réalité besoin ! Mais ce serait d’une nouvelle élection ! Pourquoi une élection ? Simplement, parce qu’en démocratie, l’élection est le seul juge de paix pour s’assurer de la légitimité d’un gouvernement ! »

    L'Ancien candidat aux présidentielles et fondateur du mouvement Générations Benoît Hamon a tweeté avec du sarcasme sur la fin du grand débat de la majorité

    Pour le centriste Patrick Mignola (MoDem), « les Français nous observent avec incrédulité (...). Nous devons leur répondre sur: l'indexation des retraites, la démocratie participative, la taxation de tous les carburants, la transparence des rémunérations publiques, l'optimisation fiscale des grandes fortunes et des grandes entreprises. A toutes ces questions, nous ne répondrons pas "oui" à tout car nous ne sommes pas des démagogues. »

    « Sortir de ce grand débat sans vision pour la France, sur ce que doit être son modèle en réduisant la pensée politique à des "punchlines" de type "tolérance fiscale zéro" ne me paraît pas être à la hauteur de notre histoire, regrette pour sa part Valérie Rabault (PS). En quelques années, la France a tourné le dos à son modèle. Elle a intégré l'antienne selon laquelle la modernité s'incarnerait dans l'absence d'Etat. Or aujourd'hui, c'est l'Etat lui-même qui organise sa propre absence. C'est inacceptable. L'Etat doit redevenir acteur de l'avenir. »

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