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    Le Vesak, fête bouddhiste célébrée jusqu'en Occident

    media Bouddha Grant Faint/gettyimages

    Ce 18 mai, les bouddhistes du monde entier célèbrent le Vesak, une grande fête pour commémorer la naissance et l’éveil du Bouddha. Un message de sagesse et de compassion venu d’Inde il y a environ deux mille cinq cents ans qui s’est répandu à travers différentes régions du monde jusqu’en Occident, où s’élabore, peut-être aujourd’hui, un bouddhisme occidental.

    Le Dharma est l’enseignement du Bouddha, nommé bouddhisme en Occident. Il se défini comme un enseignement qui expose la réalité et porte sur ce qui est le plus intérieur : notre esprit et sa nature. « Ne faire aucun acte nuisible, accomplir parfaitement ce qui est bénéfique et discipliner complètement son esprit : tel est l’enseignement du Bouddha », dit le Bouddha Shâkyamuni.

    Lama Lhundroup, disciple de Lama Rimpoché, dans la tradition du Bouddha tibétain, est le directeur del’Institut Dharma

    RFI : Lama Lhundroup, quelle est le message de la fête du Vesak ?

    Lama Lhundroup : Le Vesak c’est la fête universelle de la naissance et de l’éveil du Bouddha, qui est célébré partout dans le monde, principalement dans tous les pays traditionnellement bouddhistes. Mais maintenant que le bouddhisme se répand et se transmet à l’Ouest, cette fête se célèbre aussi dans beaucoup de pays occidentaux.

    Son message essentiel est un message de sagesse et de compassion à l’image de l’éveil du Bouddha, un message humaniste. L’enseignement du Bouddha pouvant être tout à fait bien considéré comme un humanisme fondamental, un humanisme global qui prend en compte la personne humaine dans sa globalité (corps, parole, esprit) et qui vise à développer au mieux son potentiel, jusqu'à même son potentiel ultime qu’est l’éveil.

    Que nous dit la fête du Vesak que célèbrent aujourd’hui tous les bouddhistes du monde ?

    Un message de compréhension mutuelle, à tous les niveaux, savoir se comprendre. Il n’y a pas de compréhension sans amour, ni d’amour sans compréhension authentique. On peut dire que le Vesak est une façon de célébrer la fraternité, le bon cœur humain, le partager, le communiquer et se rappeler ce fond qui nous habite et qu’on a parfois tendance à oublier. Donc le Vesak est un message de paix, de fraternité et de sagesse.

    Est-ce qu’il y a une convergence entre les courants humanistes d’Orient et d’Occident ?

    Oui bien sûr, il y a un fond commun. L’injonction socratique, qui dit « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux », est la source de toutes les philosophies et finalement de l’humanisme occidental. C'est équivalent à l’enseignement du Bouddha qui dit : « Éveille-toi et connais la nature de ton esprit. »

    Il y a un fond commun spirituel, philosophique au sens transformatif, qui permet de se connaître soi-même dans son essence, dans son cœur le plus profond et en même temps aussi une convergence du point de vue éthique, puisque l’humanisme du Bouddha, comme l’humanisme de Socrate, est un humanisme fondé sur des valeurs humaines universelles. Ils partagent tous les deux la règle d’or qui dit : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne souhaiterais pas qu’on te fasse », qui pourrait être, en très peu de mots, la clé de voute d’un humanisme universel d’Orient et d’Occident.

    Prise de notes lors d'un cours de philosophie tibétain, à l'école Jigmei Gyaltsen, dans la province de Qinghai. Getty Images/China Photos

    Au-delà de ce fond commun, que peut-on dire du dialogue interreligieux aujourd’hui ?

    Dans le dialogue interreligieux, il y a deux grandes dimensions : l’aspect spirituel et l’aspect éthique. Ce qu’on aurait envie de proposer, c’est une vision d’unité dans la diversité. C'est-à-dire d’envisager la dimension universelle de l’éthique et de la spiritualité dans une perspective d’unité dans la diversité. Une unité de fond dans l’expérience spirituelle fondamentale, au-delà des cultures et des époques mais dans l’expérience de la connaissance de soi. Une expérience, au-delà des noms et des formes, au-delà des concepts, qui soit fondamentalement universelle et donc partagée par tous, quelles que soient les langues, les cultures, les sociétés et les époques. La preuve en est que les grandes religions, les grandes spiritualités, transmettent leurs messages, leurs expériences, à travers les siècles et à travers les continents. Donc on pourrait défendre dans le dialogue cette vision d’unité, une expérience commune à tous et qui nous rassemble. Dans cette perspective de l’unité, la diversité de ces expressions d’expériences fondamentales, qui pourrait être considéré comme une source de conflits, serait au contraire comme une source d’enrichissement qui constitue la richesse du patrimoine spirituel de l’humanité. Ce paradigme d’unité dans la diversité est, semble-t-il, le plus fécond dans le dialogue interreligieux.

    Cette unité dans la diversité pourrait-elle s’enrichir d’autres choses que des traditions religieuses ?

    Cela devrait s’ouvrir aux traditions humanistes et donc pas seulement aux traditions religieuses. L’éthique universelle et d’une certaine manière son aspect spirituel aussi, peut être partagé largement avec des grandes traditions humanistes et même avec des traditions scientifiques. Aujourd’hui à travers les sciences cognitives, les neurosciences, l’étude des effets de la méditation, de la pratique spirituelle sur le cerveau, sur la physiologie, la psychologie humaine, amène une réintégration de la dimension contemplative et spirituelle dans la science. Tout comme l’écologie qui est une science dont l’aspect le plus fondamental se rapproche aussi de l’éthique et de la spiritualité universelle. Donc un dialogue interreligieux aujourd’hui, je pense, devrait s’ouvrir à un dialogue inter-traditions comprenant les traditions humanistes.

    Le Dalaï Lama, chef spirituel des Tibétains. (Photo : Stephane Mahe/ Reuters)

    Est-ce qu’on assiste à la naissance d’un bouddhisme occidental ?

    C’est tout à fait possible et ça paraît naturel. Le bouddhisme est parti d’Inde, il a gagné tous les pays d’Asie. Et en Chine le bouddhisme a donné naissance à un bouddhisme chinois, comme il y a un bouddhisme japonais, avec un fond qui reste le même, qui est l’enseignement du Bouddha avec sa discipline, son éthique, et sa vision qui est toujours inchangé mais qui prend des couleurs et des aspects différents, propre à la culture où il se développe.

    On dit que le Dharma est caméléon, c'est-à-dire qu’il ne change pas de corps, mais il change de couleur à travers ses pérégrinations sur la Terre. Aujourd’hui l’infusion du Dharma, l’enseignement du Bouddha dans le corps de la société occidentale fait apparaître une couleur qui pourrait être appelée un « bouddhisme occidental » et qui se rencontre dans l’humanisme du Bouddha et l’humanisme de notre héritage gréco-latin.

    Un bouddhisme occidental qui serait un bouddhisme intégral dans lequel la tradition, l’enseignement du Bouddha amène une redécouverte des racines de l’expérience humaine intemporelle fondamentale qui peut très bien s’intégrer dans le cadre de l’humanisme occidental avec ses valeurs, ses grandes causes, qui font sa noblesse et qui sont notre patrimoine. Cette naissance ne serait pas un nouvel humanisme mais un humanisme intégral fondamental, sans tomber dans les travers du transhumanisme ou d’un humanisme exclusif qui soit uniquement centré sur l’Homme. Un nouvel humanisme comme par exemple le défend le philosophe français Edgar Morin qui est un grand penseur humaniste de notre époque dont la vision, comme il le dit lui-même, converge pleinement avec celle du Dharma et l’enseignement du Bouddha.

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