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    France

    Édouard Philippe vise 3,4 milliards d'économies avec une réforme du chômage

    media Le premier ministre français Édouard Philippe présentait avec la ministre du travail Muriel Penicaud la réforme du gouvernement concernant l'assurance-chômage le 18 juin 2019. AFP Photos/Lucas Barioulet

    Édouard Philippe a annoncé ce mardi 18 juin les nouvelles règles de l'assurance chômage. Cette réforme importante voulue par le gouvernement souhaite notamment faire des économies à hauteur de 3,4 milliards d'euros.

    Le Premier ministre Édouard Philippe s'exprimait ce mardi 18 juin pour donner les grandes lignes de la réforme de l'assurance chômage. Le but de ces réformes est d'obtenir 150 000 à 250 000 chômeurs en moins et 3,4 milliards d'euros d'économies d'ici fin 2021.

    Les différentes mesures de la réforme entreront en vigueur progressivement, avec un premier train le 1er novembre 2019 : ouverture de l'assurance chômage aux démissionnaires et indépendants, durcissement des règles d'éligibilité, dégressivité à partir du 7e mois pour les salaires supérieurs à 4 500 euros brut. Au 1er janvier 2020 suivront le bonus-malus sur les contrats courts dans sept secteurs professionnels ainsi que la taxation de 10 euros pour chaque CDD d'usage signé.

    Un droit au chômage plus contraint

    A partir du 1er novembre, il faudra avoir travaillé six mois sur les deux dernières années au lieu de quatre mois sur 28 pour accéder à l'assurance chomage. Les conditions de « rechargement » des droits seront également durcies : il faudra avoir travaillé six mois au lieu d'un pendant sa période de chômage pour voir son indemnisation prolongée d'autant. Par ailleurs, la réforme élargit les droits au chômage pour les démissionnaires et indépendants.

    Un système de bonus-malus a aussi été annoncé sur les contrats courts, contesté par le patronat, va être mis en oeuvre dès le 1er janvier 2020 dans sept secteurs de l'économie. En paralèlle, une taxe de 10 euros par CDD d'usage va être créée pour ce contrat spécifique, a annoncé le gouvernement ce mardi en présentant sa réforme de l'assurance chômage.

    ►À lire aussi : Le chômage au plus bas en Europe... grâce aux contrats précaires

    L'exécutif avait annoncé la semaine dernière que 5 à 10 secteurs seraient concernés. Il en a finalement retenu sept, dont l'hébergement et restauration, l'agroalimentaire, l'eau et les déchets, la plasturgie ou encore le bois et papier. Deux gros secteurs utilisant beaucoup de CDD échappent à la mesure : le bâtiment et la santé, selon le projet dévoilé mardi par le Premier ministre Édouard Philippe et la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

    La CFDT « profondément en colère »

    Les syndicats ont vivement critiqué les mesures annoncées par le gouvernement. « On a une réforme profondément injuste, qui va toucher 100 % des chômeurs, a réagi Laurent Berger, le numéo un de la CFDT, à sa sortie de Matignon. On a une réforme qui est archi-perdante pour l'ensemble des demandeurs d'emploi, qui en plus ne responsabilise qu'en partie les entreprises qui usent et abusent de la précarité. La CFDT est profondément en colère. »

    Une « colère » partagée par Catherine Perret, dirigeante de la CGT. Cette réforme « inefficace » et « inique » représente un « durcissement majeur des conditions d'indemnisation des privés d'emploi », a-t-elle dénoncé, promettant que « les mobilisations vont se poursuivre ». Un premier rassemblement est prévu le 26 juin prochain devant le siège de l'Unedic.

    De son côté, le patronat n'est pas non plus satisfait par la future mise en place d'un bonus-malus. Pour Geoffroy Roux de Bézieux, cette mesure offre une « vision punitive de l'économie ». Il ajoute ensuite que ce bonus-malus ne servirait à rien : « Sans nier qu'il y a dans certains cas des abus, la réalité, c'est que ce sera soit inefficace, soit au pire ça découragera l'emploi ».

    Les députés de gauche dénoncent aussi un « mauvais coup »

    De leur côté, les députés PS, PCF et LFI ont critiqué mardi à l'unisson les mesures réformant l'assurance chômage dévoilées par le gouvernement. Pour le député insoumis Eric Coquerel, la « nouvelle méthode » annoncée par l'exécutif pour l'acte II du quinquennat, « c'est de faire payer le chômage aux chômeurs », « un mauvais coup de plus ».

    Sébastien Jumel, porte-parole des députés PCF, a dénoncé une réforme avec laquelle « on rabougrit, on rétrécit le droit d'accès à l'indemnisation » avec pour « seul objectif » de faire des économies « sur le dos des chômeurs ». Le porte-parole des députés PS Boris Vallaud a critiqué une réforme qui pour la première fois « depuis plus de 40 ans » se fera sans eux, y voyant « une mauvaise manière faite à la démocratie sociale », alors que l'acte II du quinquennat devait se traduire par un changement de méthode.

    (Avec AFP)

    A écouter aussi l'analyse de Mathieu Plane, économiste à l'OFCE

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