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    France

    Faut-il partir pour réussir? Le dilemme des jeunes Français de La Réunion

    media Coraline, étudiante en kinésithérapie à Poitiers. Serge Desprez

    Chaque année, beaucoup de jeunes vivant à La Réunion doivent quitter leur île pour tenter une nouvelle aventure. En effet, cette île française de l'océan Indien, située à 9 386 km de Paris, n’offre pas toutes les opportunités auxquelles aspire une jeunesse de plus en plus désireuse d'améliorer ses chances de réussir et de s'ouvrir au monde.

    De nos correspondants de seconde bac pro accueil, Saint-Denis, Ile de la Réunion

    À La Réunion, les offres de formation post-bac sont beaucoup plus restreintes qu'en métropole : peu de choix de filières et peu de place pour les 12 431 lycéens ayant obtenu leur baccalauréat en 2018.

    De plus, dans cette île ultramarine, le taux de chômage des jeunes avoisine les 60%, un record national ! Alors, ils s'éloignent de chez eux. Tous les ans, 2 200 étudiants réunionnais, majeurs et titulaires au minimum d’un baccalauréat partent en métropole. Aidés par les politiques publiques à la mobilité, ils s’installent de préférence dans le sud de la France, dans des pays de l’UE ou encore plus loin. Un partenariat permet, par exemple, chaque année à 150 jeunes de rejoindre le Québec.

    Partir : un choix difficile ?

    Pierre-Yves, étudiant à Dijon. Serge Desprez

    Les deux enfants de Rose-May sont partis en France hexagonale : Pierre-Yves, à 16 ans, pour entrer en sport études natation et Coraline, à 18 ans, pour suivre des études de kinésithérapie.

    « Malgré ma tristesse, parce que quand on est maman c'est dur de voir partir ses enfants, je n'ai pas voulu les empêcher de partir. Je voulais qu’ils puissent vivre leur passion, confie Rose-May. Mon mari et moi leur faisons confiance, nous les accompagnons dans leurs projets même s'ils sont loin. Ça se passe bien pour tous les deux et nous allons les voir le plus souvent possible ».

    Camille s’est envolée à l’âge de 19 ans de La Réunion pour poursuivre ses études en Belgique :

    « Je suis partie l’an dernier pour intégrer une école d’infirmière à Namur. Au départ, j’avais postulé pour intégrer l’IFSI de Saint-Denis, mais le concours d’entrée est difficile, car les places sont très limitées. C’est une formation très demandée… Je n’ai pas réussi et j’ai choisi d’envisager une autre voie. J’ai appris qu’en Belgique, on acceptait des étudiants sur dossier. J’ai envoyé le mien et j’ai été acceptée. Je n’ai pas hésité à partir ».

    Bryan, 21 ans, suit depuis un an, une formation dans un Centre d’études générales et professionnelles (Cégep) en techniques d’intégration multimédia au Québec. Initié par la région Réunion, ce projet intitulé « Étudier et vivre au Québec » encourage la mobilité des jeunes et leur permet de poursuivre une formation diplômante. 145 étudiants l’ont rejoint en août 2018 et un millier de Réunionnais est déjà installé dans cette grande province canadienne.

    « Je ne savais pas ce que j’allais faire après le bac. J’avais plusieurs choix : partir en France faire un BTS ou faire autre chose, travailler. Je savais déjà que mon oncle était au Canada depuis trois ans, il était en "techniques d’intégration multimédia", c’est ce que je fais actuellement. Il m’a parlé de ses cours et expliqué quelles étaient les démarches à faire. Dès la classe de première bac pro, j’ai commencé à faire les démarches auprès de la région pour bénéficier d’une bourse. Il fallait avoir un revenu fiscal inférieur à 26 000 €. Je pouvais choisir d’autres formations que le multimédia : infirmier, installations sanitaires... Il y avait plein de formations possibles. Comme, je faisais déjà du montage informatique à La Réunion, cela m’a permis d’approfondir mes connaissances ».

    Savoir s'adapter

    Bien sûr, se retrouver dans un nouvel environnement, loin de sa famille, de ses habitudes culturelles et religieuses demande à ces jeunes une grande capacité d’adaptation.

    Certains s’y plaisent beaucoup malgré la différence de température et de climat, les longs trajets en transport en commun et les villes où l'on ne voit pas la mer.

    Loïc est parti à 22 ans dans l’espoir de trouver du travail en métropole. Malgré ses recherches d’emploi, il n’avait trouvé localement aucune opportunité et ne voulait pas rester sans perspective d’avenir.

    « Je suis resté 6 mois à Nîmes. J’ai trouvé rapidement du travail dans un fast-food ce qui m’a permis d’acquérir de l’expérience professionnelle. Le climat doux du Sud me rappelait La Réunion et mon séjour m’a beaucoup plu. Je suis rentré depuis peu et, riche de nouvelles compétences, j’ai trouvé rapidement un travail. Je suis content, car mon départ a payé ».

    En revanche, tout n’a pas été facile pour Vanille qui n’a pas réussi à s’adapter en métropole.

    « Je n’ai absolument pas réussi à m’y faire. Tout m’était étranger. Moi qui avais l’habitude de passer les fêtes, les week-ends en famille, de m’amuser, je ne comprenais pas l’isolement et le sérieux affichés par les Français. Tout me semblait gris, triste. Quand je suis revenue, je me suis dit que jamais je ne retournerai vivre là-bas, jamais ».

    L’atterrissage au Québec s’est, par contre, bien passé pour Bryan. « À mon arrivée, il y avait un accueil pour les étudiants internationaux. Nous étions repartis dans plusieurs régions, je suis dans la région de la Gaspésie. L’adaptation a été difficile, car il y avait le manque de la famille, mais sinon la vie étudiante est super. Dans mon Cégep, il y a près d’une centaine de Réunionnais. On n’est pas trop dépaysé. Au début, je ne savais pas si j’allais rester, mais maintenant j’aime ce que je fais. Je souhaiterais développer un site Web dans le marketing en ligne. Cela se rapproche de ma formation de base. Avec mes connaissances, je pourrais créer peut-être un jour ma boîte au Québec. Je suis parti pour rester, mais je reviendrai peut-être un jour ».

    Quant à Camille, elle sait déjà qu’à la fin de sa formation de 3 ans, elle rentrera « au pays ». « Je me plais bien là-bas, mais quelquefois j’ai un gros coup de mou. Rien à voir avec les études qui me passionnent, mais c’est l’atmosphère qui est bizarre, je ne sais pas comment l’expliquer… En tout cas, mon moral ne suit pas toujours. Alors non, je ne resterai pas en Belgique. J’ai trop besoin de soleil dans ma vie. Je vais revenir habiter à La Réunion dès que possible parce que je suis trop famille. Elle me manque trop ! »

    Le départ de La Réunion permet, quoi qu’il en soit, à de nombreux jeunes de poursuivre leurs études et d’acquérir une première expérience professionnelle. La perspective d’un retour définitif sur l’île mère peut être troublante pour certains. Redoutant de tourner une page enrichie de nouvelles expériences, de rencontres qui bouleversent à jamais leur rapport au monde ou de se confronter à la réalité d’un marché du travail exigu, peu reviennent s’installer dès leur formation terminée.


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