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    France

    Radicalisation dans les services publics français: «pas de panique, pas de déni»

    media Le député Éric Poulliat (LaREM) rapporteur de la mission d'information sur la radicalisation dans les services publics français, à l'Assemblée nationale, le 26 juin 2019. Thomas SAMSON / AFP

    Quel est le degré de radicalisation du personnel travaillant dans les services publics français ? Après sept mois d’enquête, les députés Éric Diard (LR) et Éric Poulliat (LaRem) dressent un bilan plutôt positif. Résultat : si la radicalisation est bien présente dans certains services publics, le phénomène reste très marginal. Il est par ailleurs quasiment inexistant dans les secteurs cruciaux que sont les forces de l’ordre, l’armée ou l’éducation. Même constat pour le communautarisme, qui reste néanmoins à surveiller.

     

    Radicalisation ou communautarisme

    Dans leur rapport les députés insistent d’abord sur la différence entre radicalisation et communautarisme. D’après eux, la radicalisation passe par un processus plus ou moins long, et peut dans certains cas aboutir à des actes extrêmement violents pour servir une idéologie politique ou religieuse. Il est cependant très difficile - voire impossible - d’établir un profil type du radicalisé. Le communautarisme, lui, est décrit comme une remise en cause de la laïcité et des valeurs de la République, au quotidien. Les risques de passage à l’acte sont alors moindres.

    Prisons et sports dans le viseur

    Parmi les services publics pointés par le rapport, l’administration pénitentiaire arrive en bonne place. D’abord, les députés notent que les détenus radicalisés ou en voie de radicalisation passent encore trop souvent sous les radars du renseignement pénitentiaire. Ce postulat de base leur permet ensuite d’avancer des répercussions directes sur le personnel pénitentiaire. En effet, les surveillants représentent l’une des professions parmi les plus exposées au risque de radicalisation, compte tenu de leurs contacts quasi-journaliers avec des personnes elles-mêmes radicalisées : les détenus. Mais le rapporteur Éric Poulliat tempère « pas de panique, pas de déni ». En effet, sur les 41 000 personnels pénitentiaires, moins d’une dizaine sont inscrits au FSPRT (le Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste).

    L’autre service public où la radicalisation est parfois palpable concerne le milieu sportif. Si le rapport précise qu’il ne constitue pas « en tant que tel un service public, il reste néanmoins un domaine privilégié de l’action publique, notamment en matière de financement des équipements ». En cela, le monde sportif a lui aussi été passé au crible par les députés. Principal enseignement, les sports de combat sont particulièrement dans le viseur : boxe, lutte, MMA ou encore ju-jitsu brésilien. Des disciplines devenues des repères pour certains radicalisés qui souhaitent s’aguerrir au combat, comme l’explique Éric Diard : « Daech a souvent dit à ses adeptes "il faut s’entraîner" et le sport est donc devenu un facteur d’aguerrissement. Beaucoup des personnes qui ont commis les attentats étaient des sportifs aguerris ». Le rapport souligne par ailleurs que 12,5% des personnes suivies pour radicalisation islamiste pratiquent une activité sportive. Outre les sports de combat, certains clubs de football, la musculation ou encore le tir ont attiré l’attention des rapporteurs bien que le phénomène reste marginal.

    Communautarisme dans les transports

    Le rapport pointe un service particulier lorsqu’il évoque le communautarisme : celui des transports publics. C’est en Île-de-France que le phénomène serait le plus répandu, notamment à la RATP. Mais là encore, les chiffres ne s’envolent pas : en 2018, la Régie des transports parisiens a transmis 5 808 dossiers au service chargé d’effectuer des enquêtes administratives de sécurité (SNEAS). Après avoir étudié les dossiers, 124 ont fait l’objet d’un avis négatif. Dans les faits, pour lutter contre le communautarisme au quotidien (comme par exemple un agent qui refuse de serrer la main à une femme par conviction religieuse), la RATP a mis en place un plan nommé « Travailler ensemble » qui insiste sur les valeurs laïques de la République.

    35 propositions pour lutter contre ces phénomènes

    Après 60 heures d’entretiens et 53 auditions, les rapporteurs font 35 préconisations, dont certaines rentreront peut-être un jour dans la loi. La plus importante de ces propositions concerne le Service national des enquêtes administratives de Sécurité (SNEAS), chargé de mener des enquêtes sur certains agents de la fonction publique, comme les policiers, les magistrats ou d’autres fonctions sensibles. Les députés en charge du rapport proposent d’étendre sa mission aux personnels de l’Éducation nationale en contact avec des mineurs, aux sapeurs-pompiers, ou encore aux éducateurs sportifs et aux personnels soignants. Éric Diard et Éric Pouillat suggèrent également de le systématiser pour l’ensemble des personnels pénitentiaires. Reste à savoir si – étant donné les faibles chiffres pour radicalisation et communautarisme évoqués dans les 113 pages du rapport - cette mesure fera un jour l’objet d’une proposition de loi.

     

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