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    France

    Le sous-marin nucléaire «Suffren» va changer la donne pour la marine française

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    Les équipes de Naval Group, le 5 juillet 2019 à Cherbourg face au sous-marin SNA Suffren, premier de la classe du même nom. REUTERS/Benoit Tessier

    Ce vendredi 12 juillet à Cherbourg, dans l'ouest de la France, est lancé en présence d'Emmanuel Macron le premier exemplaire de la toute dernière classe des sous-marins nucléaires français : le Suffren. Ce nouveau type de vaisseaux immergés remplacera progressivement six sous-marins de classe Rubis, qui commencent à être « mis à la retraite ».

    C'est comme ça depuis 1967 et le lancement du Redoutable. Lorsque la France lance un nouveau sous-marin nucléaire, cela se fait en présence du président de la République et des plus hautes autorités civiles et militaires du pays.

    Le processus de mise à l'eau à toutefois évolué ; fini le lancement du navire dans son bassin, le Suffren, premier de la classe du même nom, sera quant à lui délicatement déposé dans l'eau depuis une sorte d'ascenseur à bateaux.

    La présentation officielle du navire n'en demeure pas moins un motif de fierté pour les 10 000 employés de Naval Group (ex-DCNS), qui ont travaillé à Cherbourg sur le chantier du tout-dernier né de la lignée des sous-marins français.

    Le Suffren est un sous-marin nucléaire d'attaque, un SNA. En clair, il n'emporte pas les missiles nucléaires destinés à la dissuasion, mais utilise un réacteur atomique pour sa propulsion.

    Ces submersibles sont avant tout destinés à « chasser » d'autres sous-marins. Mais ce n'est pas tout. Le programme a été lancé officiellement en 1998. Avec ce vaisseau très moderne, la France va se doter de capacités nouvelles.

    « Le Suffren, c'est un puzzle de 700 000 pièces, 140 km de câbles, 30 kilomètres de tuyauteries. Globalement, sur la durée du contrat, ce seront plus de 50 millions d'heures de travail entre le début du développement et la livraison du 6e sous-marin commandé », explique Vincent Martino Lagarde, directeur du programme Barracuda chez Naval Group.

    Le Suffren, le 5 juillet à Cherbourg. REUTERS/Benoit Tessier

    Six sous-marins commandés

    Les études et la construction de la flotte de SNA Suffren s'élèvent à 9,1 milliards d'euros hors infrastructures. Les essais en mer ne débuteront pas avant l'an prochain, mais le programme affiche déjà trois ans de retard suite à des problèmes industriels.

    À ce stade, personne - aussi bien chez les constructeurs que du côté de la marine nationale - ne se hasarde d'ailleurs à avancer une date pour sa mise en service.

    L'intégration de l'ensemble des systèmes dans le navire peut parfois donner des sueurs froides aux ingénieurs d'essais. Concrètement, il va falloir vérifier dans les années à venir que tous les systèmes de bord fonctionnent correctement ensemble, dans toutes les configurations imaginables, lorsque le sous-marin sera sous l'eau.

    Selon ses concepteurs, le Suffren sera un concentré de technologie : 10 fois plus silencieux que les sous-marins actuels, explique-t-on chez Naval Group. « Un sous-marin doit se fondre dans le bruit de la mer », rappelle Vincent Martino Lagarde.

    « Sous l'eau, explique-t-il, vous entendez beaucoup de choses : le bruit des bancs de crevettes, les baleines, les navires de commerce, etc. Tout cela génère un bruit permanent, et il faut que le bruit intrinsèque du sous-marin reste en dessous du niveau de bruit ambiant. On s'attache donc à réduire tout ce qui pourrait faire du bruit à bord du sous-marin, comme les machines tournantes, les moteurs, mais aussi par exemple une porte qui se claque. »

    « On va faire en sorte que ces bruits soient inaudibles à l'extérieur du bateau. Ainsi, les équipements sont suspendus ou fixés à des plots en caoutchouc. Et la coque intérieure du sous-marin est recouverte de liège. Une couche de quelques centimètres permet d'absorber le bruit généré à l'intérieur afin qu'il ne traverse pas la coque, pour passer dans l'eau de l'océan », précise Vincent Martino Lagarde.

    Cherbourg, le 5 juillet 2019. REUTERS/Benoit Tessier

    Guerres discrètes

    Autre atout : sa taille, avec 5 300 tonnes de déplacement en plongée, le Suffren sera le sous-marin nucléaire d'attaque le plus compact du monde, 99 mètres de long contre 114 pour le Virginia américain et 119 mètres pour le Severodvinsk russe.

    Cette compacité contribuera à la discrétion, et à la capacité de manœuvre du sous-marin français, et lui permettra de naviguer aussi bien en haute mer pour patrouiller lors des missions d'accompagnement des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) lors de leur plongée en Atlantique Nord que dans des eaux de faible profondeur du golfe Persique.

    Bertrand Dumoulin a été le commandant du SNA Perle, toujours en service dans la marine nationale française. « Un sous-marin peut faire beaucoup de choses en cas de crise. Son équipage peut observer, il peut discrètement évaluer l'environnement sans élever le niveau de la crise », confie-t-il.

    C'est ainsi que « pendant toutes les dernières opérations conduites par la France, les sous-marins ont eu un rôle à jouer, sans forcément faire usage de leurs armes », explique le commandant Dumoulin.

    Et de poursuivre : « Ce qui est très intéressant avec le Suffren, c'est que de manière discrète, il va pouvoir devenir une sorte de base avancée, pour pouvoir mettre en œuvre des nageurs de combat avec leurs équipements, avec un mini sous-marin. »

    Le Suffren sera en effet le premier sous-marin français doté d'un système - Dry Deck - permettant d'emporter sur son « dos » un container permettant la mise à l'eau de commandos et de tracteurs sous-marins.

    Le «Suffren». Cherbourg, le 5 juillet 2019. REUTERS/Benoit Tessier

    L'arme des représailles foudroyantes

    À une époque où les limites entre la guerre et la paix sont parfois floues, où les grandes puissances n'hésitent pas à passer des alliances avec des groupes irréguliers, la France disposera pour la première fois avec le Suffren d'un outil capable de tirer des missiles de croisière conventionnels vers des cibles situées à terre.

    « Le missile de croisière naval MDCN permet de tirer, en plongée, des missiles à une distance de 1 000 km vers des cibles situées sur la côte ou dans les terres. Et le sous-marin pourra le faire de manière isolée ou de manière coordonnée, par exemple avec une frégate multimission (Fremm) en surface. Mais tout l'intérêt de frapper avec un sous-marin, c'est d'être discret et donc votre adversaire ne sait pas d’où est parti le coup », commente Bertrand Dumoulin.

    ► À lire aussi : Méga-contrat pour les sous-marins français du groupe Naval

    Depuis une vingtaine d'années, le missile de croisière est devenu l'arme préférée des responsables politiques, car ces armes permettent des frappes limitées dans le temps, mais destructrices.

    Sans pour autant exposer inutilement les militaires, les missiles de croisière Tomahawk tirés depuis des navires ont été employés en 1998 lors de raids de représailles américains contre le Soudan et l'Afghanistan, après les attaques des ambassades de Nairobi et Dar es-Salaam.

    Ou encore en 2017, contre les forces armées syriennes, en réaction à l'attaque chimique de Khan Cheikhoun. Et en 2018, contre des sites chimiques présumés en Syrie, dont le CERS de Barzeh, dans la banlieue de Damas.

    Une pluie de missiles américains, tirés en partie depuis la mer, s'était abattue sur complexe scientifique militaire syrien qui avait été totalement rasé. La France avait, non sans mal, employé pour la première fois ces missiles de croisière navals depuis des frégates, parvenant à lancer seulement trois missiles après des difficultés techniques.

    Le Suffren emportera pour sa part une vingtaine de missiles et torpilles.

    ► À lire aussi : Reprise des recherches du sous-marin La Minerve disparu il y a 51 ans

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