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    France

    Les «gilets jaunes» défilent à Paris lors d'un samedi fort en tensions

    media Une manifestante prend part à l'acte 45 du mouvement des «gilets jaunes», à Paris le 21 septembre 2019. REUTERS/Pascal Rossignol

    Sous haute surveillance des forces de l’ordre, plusieurs centaines de « gilets jaunes » se sont rassemblés dans différents points de Paris, samedi 21 septembre, certains rejoignant ensuite la marche pour le climat lors d'une journée tendue : ce sont pas moins de 152 personnes qui ont été interpellées dans la capitale, indique la préfecture de police.

    Plusieurs centaines de personnes se revendiquant des « gilets jaunes » étaient déjà rassemblées à Paris samedi matin dans plusieurs points de la capitale, face à une haute surveillance de la police. Il s'agit du 45e acte de mobilisation du mouvement.

    Lors de ce samedi tendu, les forces de l’ordre ont procédé à 163 interpellations, indiquait la préfecture de police à 18h (16h TU). Peu avant cela, elles avaient verbalisé 395 personnes dans les zones où il était interdit de manifester. Des « armes par destination », comme des boules de pétanque ou des marteaux, ont été saisies par la police.

    Le préfet a mobilisé un dispositif serré dans toute la capitale avec 7 500 forces de l'ordre, des lanceurs d'eau, et le retour dans les rues de véhicules blindés de la gendarmerie. Des quartiers entiers du centre de la capitale étaient quadrillés de patrouilles, des policiers en uniforme et en civil contrôlant et fouillant massivement les personnes présentes.

    « Nous sommes traités comme des criminels », s'est énervée Brigitte, militante écologiste. Parmi les slogans entendus : « la rue, elle est à nous ». « Cette journée est symbolique pour nous, pour la convergence des luttes entre le climat, les retraites », a expliqué Eric, « gilet jaune » venu de Toulouse avec sa compagne, tous deux cadres.

    Raphaël, Parisien, redoute les violences policières et dénonce un dispositif disproportionné 21/09/2019 - par Laurence Théault Écouter

    « Convergence » des luttes ?

    Ce défilé « pour le climat et la justice sociale » est parti à la mi-journée du centre de la capitale, à l'appel de nombreuses ONG. La marche a toutefois été perturbée à plusieurs reprises par l'irruption de militants radicaux - venus, pour certains, des rassemblements des « gilets jaunes » -, mais aussi par les interventions des forces de l'ordre.

    Mais, selon la Préfecture de police de Paris, des « individus violents » de la mouvance black bloc se sont introduits dans le cortège et on commis des « exactions », ont dénoncé les forces de l'ordre sur Twitter. Les forces de l'ordre sont ensuite rapidement intervenues avec des jets de gaz lacrymogène, obligeant le cortège à faire demi-tour, avant de repartir en « ordre dispersé », selon l'ONG Attac.

    D'autres incidents ont éclaté Place de l'Italie, en direction du parc de Bercy où s'est achevé la manifestation. Les autorités sont également intervenues à plusieurs reprises tout au long du cortège et à l'arrivée, d'autres heurts ont éclaté entre forces de l'ordre et manifestants. « La préfecture a tout fait pour entraver le droit de manifester », a ensuite accusé Greenpeace, selon l'AFP.

    Certains activistes espéraient depuis longtemps une « convergence », comme Aurélie Trouvé du mouvement altermondialiste Attac, pour qui « les préoccupations de fin du monde et de fin du mois sont articulées ». Car les appels de groupes « gilets jaunes » à monter sur la capitale se sont multipliés, certains faisant des ouvertures aux écologistes. Ceux-ci entendent de leur côté maintenir la pression sur le gouvernement, au lendemain d'une « grève mondiale pour le climat » historique.

    Des manifestants sans gilet jaune, le 21 septembre 2019 à Paris. REUTERS/Pascal Rossignol

    Gaz lacrymogène à Saint-Lazare

    La police a tiré une fois du gaz lacrymogène pour disperser les manifestants, qui se dirigeaient ensuite vers l'avenue des Champs-Élysées, déclarée zone interdite aux manifestants par les autorités, et où des magasins avaient été saccagés lors de précédentes manifestations. Les manifestants, la plupart sans gilets jaunes, mais se revendiquant de ce mouvement social né en novembre 2018, ont été bloqués par les forces de l'ordre dans le quartier de la gare Saint-Lazare.

    Les forces de l'ordre, au dispositif musclé, ont dispersé environ 300 personnes qui tentaient de se rassembler place de la Madeleine à l'appel d'Attac et Solidaires, malgré l'interdiction formulée vendredi 19 septembre par la PP. Selon une source au sein de cette dernière, les forces de l'ordre ont pour mission d'intervenir rapidement dès que des attroupements se forment.

    Champs-Élysées bouclés, lanceur d'eau et stations de métro fermées

    Les quartiers symboliques de l'Étoile et des Champs-Élysées sont quadrillés de patrouilles de policiers en uniforme et en civil contrôlant et fouillant massivement les personnes présentes. Une trentaine de stations de métro et de RER de la région parisienne sont partiellement ou totalement fermées.

    Un lanceur d'eau était stationné sur le haut de l’avenue des Champs-Élysées, en face du drugstore Publicis, tandis que le restaurant Fouquet's, saccagé le 16 mars, était barricadé et gardé par deux policiers.

    Plusieurs monuments fermés aux Journées du patrimoine

    Pour cette journée de manifestations multiples à Paris – dont la marche pour le climat et des rassemblements contre la réforme des retraites - les autorités disent craindre un retour des violences, comme au plus fort du mouvement des « gilets jaunes ».

    Alors que ce samedi voit également le début des Journées du patrimoine, qui attirent chaque année des dizaines de milliers de visiteurs, plusieurs monuments resteront fermés par mesure de précaution. Comme l’Arc de Triomphe, sérieusement dégradé en décembre par des manifestants, et les musées des Petit et Grand Palais. Le palais présidentiel de l'Élysée n'est accessible que sur réservation.

    «Ils sont des centaines à patienter pour visiter l'Élysée, malgré l'absence d'Emmanuel Macron» 21/09/2019 - par Sarah Tisseyre Écouter
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