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    France

    Mediator: début du procès de l’un des plus grands scandales sanitaires français

    media Le groupe Servier est accusé d'avoir «dès le début des années 1970, sciemment caché les propriétés pharmacologiques réelles du Mediator». REUTERS/Charles Platiau

    Le procès pénal du Mediator s’ouvre ce lundi 23 septembre au tribunal correctionnel de Paris. Ce médicament, présenté comme un adjuvant au traitement du diabète, est responsable de la mort de 1 500 à 2 100 morts en France, en raison de ses effets toxiques sur le cœur. Le 2e groupe pharmaceutique français, le laboratoire Servier, qui le fabriquait, comparaît notamment pour escroquerie, tromperie aggravée, et blessures et homicides involontaires par violations manifestement délibérées.

    Dans ce procès hors-norme qui va s'étaler sur 7 mois, près de 2 700 victimes se sont portées parties civiles tandis que 23 prévenus, 11 personnes physiques et 12 morales doivent comparaître. Qu’est donc que le Mediator ? Cette simple question est au cœur du procès. Car le laboratoire Servier est accusé d’avoir dissimulé la vraie nature du médicament et sa dangerosité.

    Au cours de ses 33 années de commercialisation, le Mediator a été présenté aux autorités de santé comme un médicament contre l’excès de cholestérol et de triglycérides, et comme un adjuvant au traitement du diabète de type 2. Une présentation trompeuse, dictée à l’origine par des considérations commerciales selon les juges d’instruction.

    « Servier a mis en œuvre tout un tas d’initiatives… »

    Pour les magistrats, le Mediator est en réalité un anorexigène, autrement dit un coupe-faim, dérivé de l’amphétamine, similaire à l’Isoméride et au Pondéral, les autres coupe-faim de Servier, qui étaient, eux, vendus comme tels, par la firme ; ces trois médicaments appartiennent à une famille de molécules, les fenfluramines, dont les risques sont documentés depuis les années 1990. « Les risques de cette amphétamine sont de plus en plus connus à partir de 1995 », indique le Dr Irène Frachon, pneumologue au CHU de Brest, et qui est la lanceuse d’alerte grâce à laquelle le Mediator a été interdit en 2009. « Servier a mis en œuvre tout un tas d’initiatives pour que personne ne se rende compte que le Mediator est bien une amphétamine, dangereuse, avec en particulier des effets toxiques semblables à ceux de l’Isoméride, un coupe-faim de Servier interdit en 1997 », poursuit-elle.

    Ainsi, tandis que les coupe-faim « officiels » du laboratoire sont interdits en 1997, car pouvant provoquer une pathologie très grave, l’hypertension artérielle pulmonaire, et des atteintes des valves cardiaques, le Mediator, lui, continue d’être autorisé et commercialisé, malgré sa parenté chimique avec ces produits. Comble de l’histoire, il est même prescrit de plus en plus comme coupe-faim.

    Je ne peux plus rien faire. Je ne vis plus...

    Rencontre avec une victime du Mediator 22/09/2019 - par RFI Écouter

    Agence du médicament, inaction coupable

    Dès la fin des années 1990, les alertes se multiplient auprès de l’Agence publique en charge de la sécurité du médicament. L’agence européenne pointe auprès d’elle la proximité du Mediator avec l’Isoméride. Des cas de valvulopathies et d’hypertension artérielle pulmonaire associés au Mediator lui sont notifiés à partir de 1999. Il faudra attendre 2009 pour que l’Agence du médicament l’interdise ; elle est poursuivie pour blessures et homicides involontaires par négligence. Pour Charles Joseph-Oudin, avocat de plusieurs victimes, l’Agence « n’a pas agi suffisamment vite par culture de l’institution, qui ne savait pas écouter les alertes, mais aussi certainement à la faveur de membres de l’institution qui avaient des intérêts dans les affaires du laboratoire Servier ». Ainsi d’anciens experts de l’Agence du médicament seront aussi sur le banc des prévenus au procès. Ils devront répondre du délit de prise illégale d’intérêts.

    Cependant, au tribunal, il manquera l’un des principaux protagonistes de l’affaire : Jacques Servier, patron fondateur du laboratoire, qui avait été mis en examen. Il est mort à l’âge de 92 ans en 2014.

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