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    France

    Affaire Dupont de Ligonnès: chronologie d'un emballement médiatique

    media Image montrant Xavier Dupont de Ligonnès à un distributeur de Roquebrune-sur-Argens le 11 avril 2011. THOMAS COEX / AFP

    Vendredi 11 octobre, les médias français annoncent à tort l'arrestation en Ecosse de Xavier Dupont de Ligonnès, recherché depuis huit ans pour le quintuple meurtre de sa famille à Nantes.

    Il n'aura pas fallu une journée pour que le soufflé retombe, transformant un scoop retentissant en fiasco général. L'information selon laquelle Xavier Dupont de Ligonnès a été arrêté en Écosse était donc erronée, mais la vitesse avec laquelle elle a été relayée en fait un parfait cas d'école d'emballement médiatique.

    Il est 20h40 vendredi 11 octobre lorsque Le Parisien annonce l'interpellation du fugitif nantais à l'aéroport de Glasgow. Son identité a été confirmée par la comparaison d'empreintes digitales effectuées par la police écossaise. Le quotidien expliquera par la suite avoir obtenu cette information de cinq sources différentes. Mais pour l'heure, il se contente de la simple formule : « selon les informations du Parisien ».

    Coup de tonnerre

    L'annonce fait l'effet d'un coup de tonnerre dans les salles de rédaction qui s'activent auprès de leurs propres sources pour vérifier l'information. Et pour cause : l'affaire Dupont de Ligonnès est l'une des plus grandes énigmes criminelles de ces dernières décennies en France. Elle remonte à avril 2011 lorsque les corps de l'épouse de Xavier Dupont de Ligonnès et de leurs quatre enfants sont découverts enterrés sous la terrasse de leur maison à Nantes. Les autopsies révèlent qu'ils ont été abattus à bout touchant avec une carabine 22 long rifle.

    Le père de famille, lui, a disparu. Sa dernière apparition date du 15 avril 2011 lorsqu'une caméra de surveillance le filme en train de quitter un hôtel Formule 1 de Roquebrune-sur-Argens (Var) avec, sur le dos, un étui pouvant contenir un fusil. Depuis, tous les signalements parvenus aux enquêteurs ont abouti sur des fausses pistes. Xavier Dupont de Ligonnès est-il en France, à l'étranger ? Ou bien s'est-il suicidé ? Huit ans de recherches et le mystère reste entier.

    Mais ce vendredi soir, il semble sur le point d'être levé. À 21h01, l'Agence France-Presse confirme l'information du Parisien, sur la base d'une « source proche de l'enquête ». Huit minutes plus tard, elle détaille : « M. Dupont de Ligonnès avait été repéré par les policiers à l'aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle avant l'embarquement, mais les policiers n'ont pas eu le temps d'intervenir et ont prévenu Interpol. À son arrivee (sic) à Glasgow, il a été contrôlé, et selon la police anglaise, ses empreintes correspondent. »

    Prudence à Marseille

    Comme très souvent, la nouvelle est reprise telle quelle par la plupart des médias, RFI compris. Les sites d'information passent en direct et les chaînes d'info en continu en édition spéciale. Les journaux s'empressent de modifier leur « une » sans faire usage du conditionnel. Du Courrier Picard à La Dépêche du Midi, toute la presse régionale ou presque annonce la fin de la cavale. À Marseille, La Provence préfère toutefois jouer la prudence et assortit son gros titre d'un point d'interrogation.

    À 23h15, l'AFP cite la police écossaise qui confirme qu'un homme a été arrêté à l'aéroport de Glasgow à la demande des autorités françaises, sans confirmer qu'il s'agit bien de l'homme le plus recherché de France. « L'enquête se poursuit pour confirmer son identité », ajoute-t-elle. Des enquêteurs français se sont d'ailleurs envolés vers Glasgow pour comparer l'ADN de la personne interpellée avec celle du fugitif. Les précisions continuent de tomber : « selon une source proche de l'enquête », l'arrestation fait suite à une dénonciation anonyme, et selon une autre, l'homme voyageait avec un passeport volé en 2014. Sur Twitter, « Xavier Dupont de Ligonnès », « XDDL » et « Glasgow » constituent le top 3 des sujets dont on parle le plus sur le réseau social.

    Des perquisitions sont menées à Limay, dans les Yvelines, au domicile de l'homme arrêté à Glasgow. Plusieurs médias envoient leurs reporters sur place enquêter auprès de ses proches. Les premiers doutes surgissent : celui dont on connaît désormais le nom – Guy Joao – est-il vraiment la même personne que Xavier Dupont de Ligonnès ? Impossible, assurent les voisins, c'est un ancien de chez Renault qui habite là depuis 30 ans. Le procureur de la République de Nantes, Pierre Sénnès, appelle à la prudence. En attendant les vérifications des enquêteurs, « il convient (...) d'être prudents ». Il est 0h26, une longue nuit d'incertitude commence.

    Mea culpa

    Dans les journaux du matin sur RFI, l'affirmative cède ainsi progressivement la place au conditionnel. À 10h51, un urgent de l'AFP tombe sur les écrans des journalistes : « Doute sur l'identité de l'homme arrêté à Glasgow (source proche de l'enquête) ». Il est suivi moins de deux heures plus tard d'un autre de Reuters reprenant une information de la chaîne BFMTV qui cite elle-même une source proche du dossier : « L'homme arrêté à Glasgow n'est pas Xavier Dupont de Ligonnès ». Ce que confirme l'Agence France-Presse à 12h55.

    Dans l'après-midi, les médias font leur mea culpa. Sur Twitter, certains rappellent l'importance de citer ses sources et s'interrogent sur la possibilité de le faire dans les titres. « France Info a donc, de ce fait, contribué à délivrer une fausse nouvelle », constate son directeur Vincent Giret en conclusion d'une série de tweets. Le Parisien raconte dans un article les coulisses de sa révélation et présente ses excuses à la famille des victimes. L'AFP, elle, revient sur la chronologie de cet échec dans une longue dépêche. 

    « C'est une erreur collective. Entre les sources et les journalistes, il y a des échanges et là, ils n'ont pas été suffisamment précis. Les journalistes ne se sont pas référés à la hiérarchie judiciaire ou policière, mais tout le monde s'est lancé dans le récit de cette arrestation fantastique, décrypte auprès de Sylvie Koffi sur RFI l'historien Patrick Eveno, président de l'Observatoire de déontologie de l'information. Il faudrait ralentir la machine médiatique, c'est certain. » En attendant, le mystère Xavier Dupont de Ligonnès, lui, demeure.

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