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    Moyen-Orient

    Prix Bayeux: les jeunes «frappés» de voir ce qu'il se passe dans le monde

    media Dans les couloirs de l'exposition Afghanistan, le terrain de guerre du monde. Anne Bernas/RFI

    Des milliers de jeunes sont venus toute la semaine à Bayeux, en Normandie, découvrir le travail des correspondants de guerre. Rencontre avec certains d’entre eux, stupéfaits par la violence de notre monde actuel.

    De notre envoyée spéciale à Bayeux,

    Il n’y avait pas que le monde des journalistes et des médias cette semaine pour le Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre 2019. Des centaines de jeunes ont suivi les conférences, les projections, ont découvert la multitude d’expositions portant sur les conflits mondiaux passés ou actuels. Il faut dire que les organisateurs de l’événement prennent soin de la jeunesse : depuis 1996, une programmation dédiée au public scolaire est proposée parallèlement à la programmation tout public.

    Ce samedi 12 octobre, assoiffés d’informations, ils étaient en nombre au Salon du livre à la rencontre des écrivains journalistes de renom, de Georges Malbrunot à Martine Laroche-Joubert en passant par Cécile Hennion, Antoine Glaser, etc. Si le métier de journaliste de guerre est pour la majorité d’entre eux une découverte, le nombre de conflits qui se déroulent aujourd’hui et leur cruauté en sont une autre, à commencer par la Syrie.

    La Syrie, un choc

    « Ce matin en me levant, j’ai été bouleversée d’entendre qu’un enfant de 5 ans avait été tué », raconte Liza, 17 ans, évoquant l’offensive turque qui a démarré il y a quelques jours au nord de la Syrie. En visitant l’exposition Alep Machine puis en visionnant le film documentaire Pour Sama, la jeune fille a tout simplement découvert qu’il se passait quelque chose de terrible là-bas. « Je me sens tellement mal aujourd’hui de savoir que j’ignorais ce qu'il s’était passé à Alep », confie-t-elle, visiblement émue de se remémorer les images du siège de la ville syrienne et des témoignages lus au fil des expositions consacrées à la Syrie.

    Un film qui semble avoir perturbé beaucoup de jeunes. « On ne nous a pas dit tout ça aux infos, dit Sarah, tous ces cadavres de jeunes filles et garçons. Je voudrais vraiment qu’on n’oublie pas de nous en parler, même si la guerre a commencé il y a longtemps, ça n’est pas une raison. » Et Enzo d’aller dans le même sens : « On sait vaguement qu’il y a des guerres, mais on ne connaît pas tous les détails qu’on a pu découvrir ici, surtout en Syrie. » « C’est un enfer au quotidien qu’on a vu », renchérit Dimitri, 16 ans.

    ► À lire aussi : «Pour Sama», documentaire sur le siège d'Alep ovationné au prix Bayeux

    Tous expliquent que le fait de voir de « vraies images » et non des fictions les a choqués ; prendre la réalité en face a été perçu telle une claque. « On est dans notre train-train quotidien et on ignore qu’ailleurs ce n’est pas la même chose, que c’est juste l’horreur », se révolte Dimitri.

    « On ne savait pas »

    Si l’heure est aujourd’hui à la mode des réseaux sociaux et au journalisme citoyen, la personne du journaliste professionnel reste pour eux la seule source d’information fiable et sincère, celle qui leur dit la vérité, même si elle en dit apparemment trop peu.

    « On ne savait pas avant de venir ici que ce qui se passait dans le monde était aussi grave et violent », se lamente Romane, 16 ans. « On nous cache beaucoup de choses, poursuit Colombine, 18 ans. Il a fallu qu’on vienne à Bayeux pour savoir. Maintenant, on relativise sur beaucoup de choses après avoir vu toutes ces atrocités. »

    ►A lire aussi : Le Moyen-Orient au cœur du palmarès du prix Bayeux 2019

    À les écouter raconter, les jeunes adultes ont un point commun : ils veulent des informations, non seulement pour pouvoir agir, mais aussi pour transmettre aux générations futures ce qu’il s’est passé. Et puis, explique Dimitri, « être informés nous permet d’avoir un esprit plus critique sur la société en général. Nous avons besoin et envie de savoir ce qui se passe ».

    Selon une étude du ministère de la Culture, 93 % des jeunes de 15 à 34 ans déclarent s’intéresser à l’information, selon une intensité plus ou moins élevée, et 15 % se déclarent même « accros à l’information ».

    Sarah va dans le même sens que les autres jeunes, mais pour elle, pas question de risquer sa vie pour faire ce genre de métier. « Ce qui est arrivé à Loup Bureau, que nous avons rencontré, ne me donne pas envie d’être journaliste de guerre », concède également Dimitri.

    Loup Bureau est un jeune journaliste qui a été incarcéré soixante jours dans une prison de haute sécurité en Turquie en 2017. Alors qu’il cherchait à rejoindre Raqqa pour réaliser un reportage, il est arrêté par les autorités turques près de la frontière irakienne. Il est accusé de terrorisme, car une photo de lui aux côtés de combattants YPG syriens en 2013 figure sur son profil Facebook.

    Avec une actualité internationale toujours plus riche, l’édition de l’an prochain du Prix Bayeux Calvados-Normandie a toutes les chances de connaître à nouveau un immense succès auprès des jeunes générations. Une leçon d’humanisme, de solidarité et surtout d’humilité.

    Programme des expositions visibles jusqu’au 3 novembre

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