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    France

    La classe politique française agite l'épouvantail du communautarisme municipal

    media Le sénateur LR Bruno Retailleau a annoncé préparer un projet de loi contre les listes communautaires. Sebastien SALOM-GOMIS / AFP

    À moins de cinq mois des municipales, la crainte de la présence de listes communautaires agite la classe politique française. Dans le viseur du gouvernement et de la droite, on retrouve l’Union des démocrates musulmans de France (UDMF), mais pas seulement. Dans quelques jours, le ministre chargé de la cohésion des territoires doit faire parvenir des propositions à Emmanuel Macron.

    Le gouvernement, la droite, la gauche… Tous le disent : c’est la présence d’un petit parti, l’UDMF (Union des démocrates musulmans de France) aux européennes qui leur a mis la puce à l’oreille. Son score, 0,13% des voix, était pourtant passé inaperçu au soir du 26 mai. Le premier à ouvrir les hostilités a été Xavier Bertrand. Invité mi-septembre de la grande émission politique de France 2, le président de la région Hauts-de-France demande à l’exécutif de « prendre des dispositions pour interdire aux prochaines municipales des listes politiques, car l’islam politique est en train d’essayer de s’implanter en France ».

    Quelques semaines plus tard, la deuxième salve vient de la droite sénatoriale. Bruno Retailleau annonce dans le Journal du dimanche qu’il prépare une proposition de loi pour interdire ces listes. « Il faut agir avant les municipales », explique le parlementaire qui doit déposer son texte ce vendredi.

    Quelle position pour le gouvernement ?

    Sommé de réagir, le gouvernement refuse d’interdire les listes dites communautaires. « C’est inapplicable », explique l’entourage de Sébastien Lecornu. Le ministre en charge de la cohésion des territoires planche sur le sujet et doit remettre d’ici la fin de la semaine prochaine une série de propositions au président et au Premier ministre. « Pas question d’être taxé de naïveté », fait savoir Matignon.

    Une première piste serait de mieux surveiller les décisions prises par les maires. Il s’agit donc, dans l’esprit de Sébastien Lecornu, non pas d’agir avant les municipales, mais d’être vigilant après. Le mécanisme existe déjà, on l'appelle le contrôle de légalité, mais il pourrait devenir systématique. L’objectif est d’annuler des arrêtés pris par les édiles (subventions aux associations ou modification des horaires d’ouverture de piscines) s’ils ne sont pas conformes aux principes républicains.

    Dans les cartons également, la suspension ou la révocation des maires qui prendraient des décisions non républicaines ou encore la sacralisation du conseil municipal pour en faire, au même titre que l’école publique, un endroit neutre où il serait interdit de porter un signe religieux ostentatoire

    La classe politique a-t-elle raison de s’inquiéter ?

    D’un point de vue mathématique, l’UDMF a fait un score plus que faible aux européennes : 0,13%. Il était d’ailleurs passé inaperçu au soir du 26 mai. Mais il est vrai que dans certains quartiers ou communes, les scores ont de quoi étonner. Plus de 7% à Goussainville en région parisienne, 40% au 17eme bureau à Maubeuge, dans le Nord.

    Des scores anecdotiques et non représentatifs décrypte Vincent Tiberj. Professeur à Science Po Bordeaux, le sociologue a étudié les comportements électoraux des Français de confession musulmane. « Ce qu'on constate, c'est que les Français d'origine maghrébine, africaine et turque ont les mêmes préoccupations que le reste des français », explique-t-il. « Les ressorts de leur vote ne sont pas des ressorts religieux ». « On se base sur un élément marginal pour en faire une question de société, mais ce n’est pas le cas », renchérit Samir Hadj Belgacem de l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne qui dénonce une utilisation politicienne du sujet.

    À la réalité des chiffres, le cabinet de Sébastien Lecornu le concède : « Il n’y a pas de phénomène d’ampleur ». Mais le ministre fait savoir que les signaux faibles sont là, à travers les remontées des préfets qui évoquent des déscolarisations d’enfants ou des hommes qui arrêtent de serrer la main des femmes. « Nous on écoute ce que nous disent les élus », explique le cabinet du ministre. Des élus comme le député François Pupponi. Longtemps maire socialiste de Sarcelles, il affirme constater des phénomènes inquiétants dans sa commune : « Des membres de la communauté musulmane font campagne dans les mosquées pour dire aux autres membres de la communauté musulmane, votez pour nous parce que nous sommes musulmans. Parmi les sujets abordés : celui des cantines scolaires. Une revendication clairement communautaire. Donc oui, je suis inquiet ». Emmanuel Macron pourrait prendre la parole sur le sujet avant les élections municipales prévues en mars.

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