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    France

    «Déchets, ça déborde! On fait quoi?»: réécoutez notre édition spéciale

    media Un homme au milieu de déchets de plastique à Dhaka, au Bangladesh, le 17 avril 2019. REUTERS/Mohammad Ponir Hossain

    Ce lundi 18 novembre est une journée spéciale sur toutes les antennes de RFI intitulée : « Déchets, ça déborde ! On fait quoi ? » Quelle est la situation à travers le monde et notamment en Afrique ? Quelles sont les initiatives qui tentent de répondre à cet immense défi environnemental et humain ? Quelles sont les solutions envisagées ? L’objectif zéro déchet est-il réaliste ? Autant de questions débattues lors de nombreuses émissions qui font la part belle aux reportages et aux témoignages.

    Où que l'on vive sur la planète, nous vivons avec eux, parfois au milieu d'eux. Les déchets de toutes sortes s'amoncellent dans et autour des villes, à des degrés divers selon les endroits du globe. Citoyens, responsables politiques et associatifs, entreprises, tout le monde est responsable. La réflexion sur nos modes de consommation, sur la façon dont nous jetons ce dont nous ne voulons plus doit être menée à l'échelle internationale. Produire moins de déchets, mieux les recycler, le défi collectif est immense. Reste à se coordonner !

    ►En quoi consiste cette journée spéciale sur Radio France Internationale ?

    Une émission spéciale a été diffusée ce 18 novembre au matin en direct du bar-restaurant Le Londress, rue de Paradis à Paris. La mairie et l'association Zero Waste tentent depuis le début de l'année 2018 d'en faire un laboratoire zéro déchets. Le but est d'associer les habitants, les commerçants et les entreprises dans cette démarche. Autour d'Arnaud Pontus, de nombreux invités ont réagi aux reportages qui ont été réalisés par les journalistes de RFI partout dans le monde.

    ► Réécoutez notre édition spéciale

    [Édition spéciale] L'objectif du zéro déchet (Partie 1) 18/11/2019 Écouter

    Les invités de la première partie : Paul Solier, co-fondateur de la Fédération française de l'apéritif, commerçant de la rue de Paris et Julien Vidal, globe-trotteur et blogueur « ça commence par moi, les clés de l'éco-citoyenneté ».

    [Édition spéciale] L'objectif du zéro déchet (Partie 2) 18/11/2019 Écouter

    Les invités de la deuxième partie : Sandra Idossou, activiste anti-déchets au Bénin, Julien Vidal, globe-trotteur et blogueur « ça commence par moi, les clés de l'éco-citoyenneté », Jean-Philippe Carpentier, président de Federec, fédération d'industriels du recyclage.

    Les invités de la troisième partie : Isabelle Autissier, navigatrice et écrivaine, présidente du WWF France, Patrice Bessac, maire de Montreuil, Jean-Philippe Carpentier, président de Federec, fédération d'industriels du recyclage.

    [Édition spéciale] L'objectif du zéro déchet (Partie 4) 18/11/2019 Écouter

    Les invités de la quatrième partie : Suzane, interprète de la chanson « Il est où le SAV ? », Aïsha Conte, vice-présidente et porte-parole de Zero Waste Sénégal et Patrick Bessac, maire de Montreuil.

    Juan Gomez donne ensuite la parole dans Appels sur l'Actualité. Caroline Paré (Priorité Santé) traite des effets des déchets sur notre santé. Emmanuelle Bastide (7 milliards de voisins) se demande si l'on peut emballer sans plastique. Caroline Lachowsky (Autour de la Question) s'interroge sur notre rapport aux déchets. Et Anne Cantener (Décryptage) évoque les flux internationaux. L'émission Accents d'Europe traite du grand marché mondial des déchets. Sans oublier le Grand Reportage de Sonia Rolley dans les rivières de déchets de Kinshasa et de nombreuses illustrations en textes, images et vidéos sur notre site et nos applications mobiles.

    ►Pourquoi le sujet est-il devenu incontournable ?

    Parce que les habitants de la planète n'ont jamais produit autant de déchets solides : environ deux milliards de tonnes par an. Et ça n'est pas près de s'arranger. En 2018, un rapport de la Banque mondiale annonçait qu'à l'horizon 2050 et si rien ne change, la production de déchets allait augmenter de 70%, bien davantage en Asie du sud-est et en Afrique subsaharienne.

    ►Pourquoi ces chiffres impressionnants ?

    Plusieurs facteurs déterminants : le développement sans fin du commerce à distance gourmand en emballages, l'avènement de la société de consommation dans des pays qui en étaient relativement exclus, l'urbanisation galopante. Résultat : des montagnes de plastique, de déchets électroniques, de déchets organiques (résidus d'origine végétale ou animale), de déchets du bâtiment s'amoncellent dans les villes ou leurs alentours, à moins qu'ils ne se déversent dans les rivières puis dans les océans.

    ►Quelles sont les conséquences pour la vie humaine (et animale) ?

    D'abord des conséquences pour la santé : selon le PNUE (Programme des Nations unies pour l'environnement),  les décharges sauvages sont l'une des premières sources de maladies, les déchets notamment électroniques étant souvent toxiques et dangereux. Dans le monde, au moins 64 millions de personnes subissent la pollution issue des 50 plus grandes décharges. À Kinshasa, en République démocratique du Congo, où des montagnes de déchets entourent les habitations et recouvrent les rivières, une opération de lutte contre l'insalubrité a été lancée en octobre par le président Félix Tshisekedi. « Kin la belle est devenue Kin la poubelle ».

    ►Pourquoi le sujet est-il au cœur de l'actualité ?

    C'est la grande nouveauté : la révolte s'organise dans les pays qui reçoivent les déchets non-recyclables venus des zones les plus riches. C'est le cas de l'Asie du Sud-Est, particulièrement concernée depuis que la Chine a fermé ses importations début 2018. Ces derniers mois, les Philippines, la Malaisie et certains de leurs voisins ont commencé à renvoyer des tonnes de déchets vers les pays occidentaux. La préoccupation grandit aussi en Afrique qui reçoit énormément de matériaux électroniques d'occasion, souvent hors d'usage, et qui terminent leur vie dans d'immenses décharges comme celle d'Agbogbloshie, dans la banlieue d'Accra au Ghana.

    ►Concrètement, qui se mobilise ?

    Une prise de conscience planétaire est en train de se mettre en place, parallèlement aux mouvements contre le changement climatique. Les initiatives encouragées sur les réseaux sociaux pour inciter à la limitation des déchets fleurissent sur tous les continents. Tri à la source, recyclage, reconditionnement, consigne, valorisation énergétique, enfouissement, etc. L'économie circulaire a le vent en poupe. Les opérations de ramassage organisées par des habitants se multiplient. Les organisations de défense de l'environnement tentent de sensibiliser les décideurs politiques et économiques. Récemment, une coalition mondiale d'ONG baptisée Break Free From Plastic (« libérons nous du plastique ») a publié un rapport classant quelques multinationales dont Coca-Cola, Nestlé et Pepsico en tête des pollueurs. Ces entreprises promettent d'agir et de rendre leurs emballages recyclables, réutilisables ou compostables dans les prochaines années.

    ►En quoi la gestion des déchets est-elle devenue un enjeu économique majeur ?

    Parce que toute une filière s'est mise en place. Du traitement des déchets au recyclage en passant par la conception de produits plus durables, ce sont de très nombreux emplois qui en dépendent. Le recyclage permet d'ailleurs d’éviter le gaspillage de ressources naturelles et d’énergie, de sécuriser l’approvisionnement de l’industrie en matières premières, de diminuer ses impacts environnementaux, explique l'Ademe, agence française chargée de la maîtrise de l'énergie. La recherche scientifique est particulièrement attendue sur ce sujet avec l'apport de la « chimie verte ». La haute technologie peut aussi jouer son rôle. L'amoncellement des déchets nuit par ailleurs au tourisme, secteur prioritaire dans de nombreux pays, pas forcément les plus développés. Des polices de l'environnement se mettent en place. Le secteur nourrit aussi une économie informelle, de la corruption et des business mafieux. La mafia italienne est, par exemple, particulièrement impliquée dans la gestion des ordures.

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