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    Le grand défi de la gestion des déchets à Paris

    media Les éboueurs de la mairie de Paris en pleine collecte des bacs verts, le 6 novembre 2019. Anne Bernas/RFI

    La plus belle ville du monde le sera-t-elle encore dans vingt ans ? La capitale française s’attelle à mener une politique de gestion des déchets toujours plus innovante et plus écologique. Mais la tâche est ardue car les quantités de déchets augmentent.

    Paris s'éveille. Il est 6h du matin. Des employés de la mairie sortent de l’atelier 4/20 du XXe arrondissement. Dans l’obscurité et le crachin de ce mois de novembre, chacun se prépare à la tâche qui lui a été confiée quelques instants plus tôt. Et le travail ne manque pas. Le manège des balayeurs et éboueurs tourne à plein régime. Il faut dire que Paris et ses plus de deux millions d’habitants, ce sont quelque 3 000 tonnes de déchets collectés quotidiennement par un millier d’employés, soit plus d’un million de tonnes par an. Or, selon la mairie de Paris, près de 70% du contenu de la poubelle pourrait être évité, grâce à des actions de réduction, de réemploi et de valorisation.

    « Dans le XXe, on est à environ dix tonnes par jour ! Les camions benne ont un parcours bien défini, selon le jour ils ramassent les bacs à couvercle vert ou ceux à couvercle jaune (du recyclage, ndlr). Quand on détecte une anomalie dans un bac jaune, on le laisse partir avec les bacs à couvercle vert », explique un employé du site de la porte de Bagnolet. La machine est bien huilée et les éboueurs repèrent vite si quelque chose ne va pas dans le tri des déchets, d’autant que si « dans un immeuble le tri est négligé, on le signale automatiquement ».

    Si la quantité de déchets triés correctement augmente d’année en année (même si seulement 20% des déchets partent dans la poubelle jaune, soit deux fois moins que la moyenne française), il n’en va pas de même pour les déchets ménagers ni pour les encombrants. La consommation de produits emballés, de repas sur le pouce, etc. est telle que la tendance est à la hausse. Preuve en est la quantité de sacs poubelle utilisés, « pas moins de 2 000 par semaine rien que pour l’atelier 4/20 », raconte le magasinier du site. Quant aux encombrants, les agents de la mairie de Paris le confirment : ils sont tout simplement débordés.

    Dès 6h du matin, éboueurs et balayeurs s'attellent au nettoyage de Paris. Anne Bernas/RFI

    Comment mieux gérer l’afflux de déchets

    Pour faire face à cet afflux de déchets, Paris tente d’œuvrer pour le réemploi des biens de consommation et de mettre fin au gaspillage. Quand on sait que les aliments des Parisiens représentent 15% de leurs poubelles et que parmi eux 40% sont encore emballés, c’est un travail de longue haleine qu’il faut mener pour inverser la tendance. Quelque 600 millions d'euros sont attribués chaque année au service propreté et gestion des déchets de la plus belle ville du monde.

    « L'objectif aujourd'hui est de réduire la quantité de déchets, et en particulier ceux qui sont envoyés à l'incinération », concède Paul Simondon, adjoint à la maire de Paris, chargé de la propreté et de la gestion des déchets. L'époque est à l'emballage, voire au sur-emballage et au sur-sur-emballage, regrette l'élu parisien qui explique être dans une « société de la livraison permanente ».

    Pour autant, les Parisiens sont de plus en plus de bons élèves en matière de tri : « Quand on propose aux gens de faire attention à leurs déchets, explique Paul Simondon, et quand on simplifie la manière de trier, non seulement ils trient mieux, mais il y a aussi une prise de conscience de la question des déchets et une diminution de la quantité de déchets produits. » Ainsi, sur les six premiers mois de 2019, ce sont dix mille tonnes de déchets en moins qui ont été envoyées à l'incinération par rapport à 2018, soit 2 500 camions benne en moins. La ville de Paris s'est fixé un objectif zéro déchet en plastique à usage unique pour les JO 2024, « ce qui demande une énorme mobilisation pour proposer des systèmes réutilisables ».

    Les agents chargés des encombrants déplorent une charge de travail qui augmente chaque année. Anne Bernas/RFI

    Les Parisiens à l'action face aux bio-déchets

    Il faut sortir du bac vert ce qui peut être au maximum valorisé, témoigne Paul Simondon. Et parmi les solutions proposées, le compostage est à la mode aussi bien chez les particuliers que dans certaines institutions et écoles. L'engouement est tel que des lombricomposteurs sont d'ailleurs distribués gratuitement aux Parisiens désireux de faire eux-mêmes leur compost et qui sont formés par des agents de la mairie.

    Aussi, à côté des poubelles vertes, jaunes et blanches trônent désormais dans trois arrondissements des poubelles marron réservées aux bio-déchets, pour inciter la population à passer au tri des déchets alimentaires. Il faut par ailleurs équiper l’ensemble des habitations des poubelles de tri. Selon Paul Simondon, 15% des immeubles parisiens n'ont pas de bacs jaunes, 30 % n'ont pas de bacs blancs.

    Rien ne se perd, rien ne se crée…

    Mais tout ne se transforme pas. « Il faut donner la possibilité à tous de faire du tri », affirme l’élu. Une fois le circuit terminé, le camion benne (qui contient en moyenne 6 à 7 tonnes de déchets) part dans l’une des déchetteries situées aux portes de Paris puis repart pour une tournée. Les déchets de toutes sortes sortis de Paris par les camions benne sont déversés dans les centres de tri et du Sytcom (le syndicat de collecte et de traitement des ordures ménagères). Ils sont à nouveau triés puis recyclés (19,6%), incinérés (77,9%) ou enfouis (2,5%).

    Par ailleurs aujourd'hui, une partie des déchets alimentaires sert à produire du biogaz. Il est effectivement bien plus intéressant de recycler un déchet alimentaire que de l'incinérer, puisqu’incinérer un déchet alimentaire signifie tout simplement brûler de l'eau…

    ► À lire aussi : Recyclage: à quoi correspondent les logos sur les emballages?

    Seuls les déchets en verre sont récupérés par une autre entreprise. En 2017, le Sytcom a incinéré 1,87 million de tonnes de déchets. L’incinération des déchets permet de produire de l’électricité ; celle-ci sert au fonctionnement de l’usine et est également vendue à ERDF. Par ailleurs, la vapeur issue des usines d’incinération alimente en chauffage 300 000 équivalent-logement de 70m2.

    Il est 9h dans le local souterrain de l’atelier de la porte de Bagnolet. Le jour s’est levé. Éboueurs et balayeurs terminent leur première tournée et se retrouvent autour d’un café. Ils repartent quelques minutes plus tard, chacun à sa tâche, afin que Paris demeure la plus belle (et la plus propre) ville du monde.

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