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    France

    Jihadisme: l'aînée des frères Clain condamnée à neuf ans de prison

    media Anne Diana Clain (d) et son époux Mohamed Amri représentés lors de leur procès au tribunal correctionnel de Paris, le 19 novembre 2019. Benoit PEYRUCQ / AFP

    Le tribunal correctionnel de Paris a condamné ce mercredi 20 novembre Anne Diana Clain, sœur aînée de Fabien et Jean-Michel Clain, à neuf ans de prison pour avoir tenté de les rejoindre en Syrie avec son mari et quatre enfants, entre 2015 et 2016.

    À l'énoncé du jugement, le couple est resté impassible, mais les proches d'Anne Diana Clain et de son époux tunisien Mohamed Amri ont éclaté en sanglots. Alors que la procureure avait requis contre eux dix ans de prison pour avoir tenté de rejoindre les zones contrôlées par le groupe État islamique, le tribunal correctionnel de Paris les a condamnés à des peines de neuf et dix ans de prison, assorties d'une période de sûreté des deux tiers et d'une interdiction définitive du territoire français pour Mohamed Amri.

    La présidente du tribunal correctionnel a pointé un « acharnement à vouloir passer en Syrie ». « Ce projet a échoué contre votre volonté, jamais vous n'y avez renoncé volontairement », a souligné Isabelle Prévost-Desprez à l'attention des prévenus, pas même après les attentats du 13 novembre 2015 revendiqués depuis la Syrie par les frères d'Anne Diana Clain, propagandistes de l'organisation État islamique. « Vous avez entraîné vos enfants dans ce périple mortifère jusqu'à votre interpellation en Turquie à la frontière syrienne », a insisté la présidente, dénonçant des faits « d'une extrême gravité ».

    Vivre dans une « utopie » islamiste

    Anne Diana Clain, 44 ans, avait quitté la France en août 2015 avec Mohamed Amri, 58 ans, leurs trois enfants et son fils issu d'une précédente union, tous mineurs. Ils avaient échoué à atteindre les zones tenues par le groupe jihadiste État islamique, où se trouvait déjà toute la famille d'Anne Diana, dont ses frères Fabien et Jean-Michel. Interceptés à la frontière turco-syrienne en juillet 2016, ils avaient été expulsés en septembre 2016 et incarcérés en France.

    Mohamed Amri a assuré qu'il n'était pas question de s'établir en Syrie, mais uniquement de rendre visite à la famille Clain et éventuellement les « convaincre » de rentrer. Le tribunal a sanctionné une attitude de « déni, voire de provocation ». Anne Diana Clain a quant à elle expliqué qu'il s'agissait de partir vivre auprès de ses proches dans une « utopie » islamiste. Elle affirme aujourd'hui avoir été aveuglée par ses frères et l'idéologie de l'organisation EI.

    La défense fait appel

    Sa « prise de distance (...) peut être un préalable à une évolution positive », a estimé le tribunal. Elle a été condamnée à un suivi sociojudiciaire de trois ans assorti d'obligations. Devant une peine qui « ne tient pas compte de l'évolution de Mme Clain », ses avocats Martin Desrues et Xavier Nogueras ont indiqué qu'ils feraient appel.

    « Lorsque le tribunal fait le constat qu’un individu a changé, qu’il a pris la conscience de ce qu’il lui était reproché, qu’il a pris du recul, on retire un an aux réquisitions, explique Martin Desrues. On considère que c’est trop peu et la peine qui a été prononcée est plus élevée que la jurisprudence habituelle de cette chambre. »

    L’avocat estime que le nom Clain a « eu forcément d’une façon ou d’une autre, une incidence ». Et maître Desrues souligne que « son nom de famille était plus un élément de compréhension des faits plutôt qu’un critère de culpabilité. Elle n’a pas à répondre des actes de ses frères ».

    (Avec AFP)

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