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    France

    Catastrophe de Brétigny: le parquet requiert un procès contre la SNCF

    media Le déraillement d'un train reliant Paris à Limoges le 12 juillet 2013 avait fait sept morts à Brétigny-sur-Orge, dans l'Essonne. REUTERS/Gonzalo Fuentes

    Six ans après l'accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge qui avait fait sept morts, le parquet d'Évry a requis ce vendredi 22 novembre un procès à l'encontre de la SNCF et d'un cheminot.

    Le parquet d'Évry réclame un procès pour homicide et blessures involontaires contre la SNCF. L'enquête a exclu « toute faute du conducteur ou un quelconque acte de malveillance », a-t-il expliqué dans un communiqué. Selon le parquet, ce sont des « défauts de maintenance », un « système de surveillance insuffisant » et des « manquements dans l'organisation des ressources humaines » qui auraient conduit à la catastrophe de Brétigny-sur-Orge.

    Le ministère public requiert également un procès contre un cheminot alors âgé de 24 ans, qui était à la tête d'une brigade chargée de l'inspection des voies au moment du déraillement. C'est lui qui avait réalisé la dernière vérification, huit jours avant le drame. Il revient désormais aux juges d'instruction de décider de les renvoyer ou non devant le tribunal correctionnel.

    Le 12 juillet 2013, le train Paris-Limoges avait déraillé en gare de Brétigny-sur-Orge quand une éclisse – sorte de grosse agrafe qui maintient deux rails consécutifs – avait pivoté, provoquant l'accident. L'accident avait fait trois morts parmi les passagers du train, quatre parmi les personnes qui attendaient sur le quai, et des dizaines de blessés.

    Pendant les cinq années de l'enquête, toutes les expertises ordonnées par la justice ont conclu que le train avait déraillé à cause d'un morceau de voie mal entretenu qui s'est désagrégé au fil du temps. La SNCF estime de son côté que l'assemblage incriminé a cédé brutalement à cause d'un défaut de l'acier, et donc que l'accident était imprévisible – une hypothèse qui la dédouanerait.

    Les juges d'instruction avaient annoncé la fin de leurs investigations début 2019, après cinq ans d'enquête et un rebondissement inattendu : quelques jours avant la clôture, un cadre de la compagnie ferroviaire avait été inculpé, également pour homicides et blessures involontaires.

    Jusqu'alors, et malgré les demandes répétées des familles de victimes qui voulaient « mettre des visages » sur cette catastrophe et voir des « hommes de terrain » ou leur hiérarchie devant la justice, seules deux personnes morales avaient été inculpées pour homicides involontaires : la SNCF, et RFF (Réseau ferré de France), le gestionnaire des voies, devenu SNCF Réseau, pour qui le parquet a également demandé un renvoi devant le tribunal.

    (Avec AFP)

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